Luxueux signes extérieurs de richesse
Monde

Luxueux signes extérieurs de richesse

«Je travaille depuis le début des années 1990 sur le luxe, la consommation et les femmes, raconte Lauren Greenfield. Et quand la crise financière a éclaté, en 2008, j’ai réalisé que toutes ces histoires que j’avais suivi pendant si longtemps étaient en fait connectées entres elles et formaient une image globale de notre monde occidental.» La photographe américaine a rassemblé ses vingt-cinq ans de travail dans un livre, Generation Wealthpublié chez Phaidon.

«J'ai pris cette photo la nuit où j’ai rencontré Jackie, elle est le sujet d’un de mes films sur une famille de milliardaires qui a essayé de construire la plus grande maison des États-Unis, un château. Sa famille a ensuite vécu de plein fouet la crise financière de 2008. Or, cette image date de l'année précédant la crise, Jackie recevait chez elle tout un tas de vêtements et de sacs, notamment Versace comme ces sacs que les trois filles portent lors de la soirée privée d'ouverture du magasin de Beverly Hills. Cette photo symbolise un peu cet âge d'or. La crise a ensuite été une étape importante de mon travail. Je me suis alors rendu compte à quel point ses conséquences avaient été dévastatrices sur des gens du monde entier et d’origines socio-économiques très diverses. Tout le monde a fait la même erreur.»
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«J'ai pris cette photo la nuit où j’ai rencontré Jackie, elle est le sujet d’un de mes films sur une famille de milliardaires qui a essayé de construire la plus grande maison des États-Unis, un château. Sa famille a ensuite vécu de plein fouet la crise financière de 2008. Or, cette image date de l'année précédant la crise, Jackie recevait chez elle tout un tas de vêtements et de sacs, notamment Versace comme ces sacs que les trois filles portent lors de la soirée privée d'ouverture du magasin de Beverly Hills. Cette photo symbolise un peu cet âge d'or. La crise a ensuite été une étape importante de mon travail. Je me suis alors rendu compte à quel point ses conséquences avaient été dévastatrices sur des gens du monde entier et d’origines socio-économiques très diverses. Tout le monde a fait la même erreur.»

«Kailia Deliz, 5 ans, a reçu un prix en espèces pour avoir gagné le concours de beauté "Summer Fun", à Oxnard, en Californie. C'était en 2011. L'année suivante, elle a gagné 10.000 dollars à l'Universal Royalty National Pageant, un concours présenté lors de l'émission télévisée Toddlers and Tiaras. Cette photo est importante car elle montre l'extrême, et les liens entre argent et beauté. Elle souligne aussi que dans nos sociétés, les filles apprennent dès le plus jeune âge que leur valeur leur est donnée par leur corps. On leur demande de l'exploiter ou d'autres l'exploitent.»
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«Kailia Deliz, 5 ans, a reçu un prix en espèces pour avoir gagné le concours de beauté "Summer Fun", à Oxnard, en Californie. C'était en 2011. L'année suivante, elle a gagné 10.000 dollars à l'Universal Royalty National Pageant, un concours présenté lors de l'émission télévisée Toddlers and Tiaras. Cette photo est importante car elle montre l'extrême, et les liens entre argent et beauté. Elle souligne aussi que dans nos sociétés, les filles apprennent dès le plus jeune âge que leur valeur leur est donnée par leur corps. On leur demande de l'exploiter ou d'autres l'exploitent.»

«En 2012, un invité VIP fait pleuvoir des dollars lors d'une soirée au Marquee, considérée comme l'une des plus grosses boites de nuit des États-Unis, à Las Vegas. Dans cet endroit, les clients dépensent 50.000 dollars en une seule soirée. Les billets sont jetés en l'air, des gens les ramassent et l'alcool coule à flot. Pour moi, cette photo est une métaphore de cette façon de vivre, de ces gens qui dansent, qui font la fête sans réfléchir au lendemain. Cela évoque aussi la culture des addictions.»
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«En 2012, un invité VIP fait pleuvoir des dollars lors d'une soirée au Marquee, considérée comme l'une des plus grosses boites de nuit des États-Unis, à Las Vegas. Dans cet endroit, les clients dépensent 50.000 dollars en une seule soirée. Les billets sont jetés en l'air, des gens les ramassent et l'alcool coule à flot. Pour moi, cette photo est une métaphore de cette façon de vivre, de ces gens qui dansent, qui font la fête sans réfléchir au lendemain. Cela évoque aussi la culture des addictions.»

«J'ai photographié Xue Qiwen, 43 ans, dans son appartement de Shanghai en 2005. Il est décoré avec des meubles de sa marque préférée, Versace. En 1994, Xue a lancé une entreprise qui vend des cables industriels et en dirige quatre de plus depuis. Elle est membre de trois clubs de golf dont l'adhésion coute environ 100.000 dollars chacun. En Chine, le golf est bien plus qu'un sport, il permet d'accéder a un status et c'est un lieu pour développer son réseau.»
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«J'ai photographié Xue Qiwen, 43 ans, dans son appartement de Shanghai en 2005. Il est décoré avec des meubles de sa marque préférée, Versace. En 1994, Xue a lancé une entreprise qui vend des cables industriels et en dirige quatre de plus depuis. Elle est membre de trois clubs de golf dont l'adhésion coute environ 100.000 dollars chacun. En Chine, le golf est bien plus qu'un sport, il permet d'accéder a un status et c'est un lieu pour développer son réseau.»

«J'ai pris cette image de Limo Bob dans son bureau de Chicago en 2008. Bob possède une limousine de 30 mètres inscrite dans le Guiness des records comme la plus longue du monde. Il en a plusieurs, l'une d'elle a même un jacuzzi dedans. Bien qu'il vienne d'un milieu modeste, il aime l'or et le montre: il en porte treize kilos autour du cou.»
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«J'ai pris cette image de Limo Bob dans son bureau de Chicago en 2008. Bob possède une limousine de 30 mètres inscrite dans le Guiness des records comme la plus longue du monde. Il en a plusieurs, l'une d'elle a même un jacuzzi dedans. Bien qu'il vienne d'un milieu modeste, il aime l'or et le montre: il en porte treize kilos autour du cou.»

«Nous vivons dans un monde dans lequel chacun peut être une princesse a tout âge. Tout s'achète. Christiane, 21 ans, a voulu se marier de cette façon, c'était son rêve. Elle est préparatrice en pharmacie chez Walmart et vient d'un milieu modeste. Mais en 2013, elle a voulu se rendre à son mariage en carrosse de Cendrillon, tiré par six poneys nains blanc et un cocher coiffé d'une perruque, à Orlando, en Floride.» 
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«Nous vivons dans un monde dans lequel chacun peut être une princesse a tout âge. Tout s'achète. Christiane, 21 ans, a voulu se marier de cette façon, c'était son rêve. Elle est préparatrice en pharmacie chez Walmart et vient d'un milieu modeste. Mais en 2013, elle a voulu se rendre à son mariage en carrosse de Cendrillon, tiré par six poneys nains blanc et un cocher coiffé d'une perruque, à Orlando, en Floride.» 

«Des filles de la Crenshaw High School, à Los Angeles, ont été selectionnées par un magazine pour une séance photo en 2001. Elles ont pris une limousine pour se rendre sur les lieux. Des robes de créateurs et des bijoux ont été prêtées aux filles, elles ont été coiffées et maquillées par des stylistes qui s'occupent habituellement de célébrités. J'aime cette photo car elle souligne que le rêve du luxe n'est pas réservé aux blancs ou à une classe sociale privilégiée.»
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«Des filles de la Crenshaw High School, à Los Angeles, ont été selectionnées par un magazine pour une séance photo en 2001. Elles ont pris une limousine pour se rendre sur les lieux. Des robes de créateurs et des bijoux ont été prêtées aux filles, elles ont été coiffées et maquillées par des stylistes qui s'occupent habituellement de célébrités. J'aime cette photo car elle souligne que le rêve du luxe n'est pas réservé aux blancs ou à une classe sociale privilégiée.»

«J'ai pris cette image d'Ilona chez elle à Moscou, avec sa fille, en 2012. Le pull d'Ilona, a été produit pour elle par une de ses amies, Andrey Artyomov, très populaire chez les femmes d'oligarques. Je pense que cette image porte en elle de nombreuses idées du livre. Ilona, cette femme d'oligarque russe est belle, dispose d'un status et transmet cela à sa fille, d'où l'idée de Generation wealth qui se perpétue au sein de la société consumériste. Sa fille a tout mais pourtant quelque chose semble manquer.»
© 2017 Lauren Greenfield/INSTITUTE

«J'ai pris cette image d'Ilona chez elle à Moscou, avec sa fille, en 2012. Le pull d'Ilona, a été produit pour elle par une de ses amies, Andrey Artyomov, très populaire chez les femmes d'oligarques. Je pense que cette image porte en elle de nombreuses idées du livre. Ilona, cette femme d'oligarque russe est belle, dispose d'un status et transmet cela à sa fille, d'où l'idée de Generation wealth qui se perpétue au sein de la société consumériste. Sa fille a tout mais pourtant quelque chose semble manquer.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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