«Elles arrivent toutes en pleurant: de joie, de douleur ou d'être arrivées pour celles qui n’y croyaient pas!»
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«Elles arrivent toutes en pleurant: de joie, de douleur ou d'être arrivées pour celles qui n’y croyaient pas!»

«Faire un sujet 100% féminin m'a beaucoup plu ainsi que de n’être presque qu’avec des femmes», raconte Anne-Christine Poujoulat. Cette photographe de l'AFP a suivi le Raid des Alizés 2018, qui s'est tenu du 28 novembre au 5 décembre. Quatre types d'épreuves (trail, VTT, kayak, course d'orientation), deux épreuves par jour et 210 participantes qui défendent les couleurs d'une association, le tout en Martinique. Petit aperçu.

«Le raid des Alizés est un raid multisports 100% féminin. L'idée d’aller couvrir cet événement m’a donc plu tout de suite. Il se déroule en Martinique et les filles s‘inscrivent par équipe de trois. Selon leur classement, elles récupèrent de l’argent pour leur association. Pour certaines il s’agit d’une association caritative, quand d’autres participent pour un enfant malade. Les raisons de leur engagement sont très variées. Des équipes venaient pour la deuxième ou troisième fois. Elles ont eu des moments forts les années précédentes et se retrouvent d’une année sur l’autre.»
Épreuve de trail, 28 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Le raid des Alizés est un raid multisports 100% féminin. L'idée d’aller couvrir cet événement m’a donc plu tout de suite. Il se déroule en Martinique et les filles s‘inscrivent par équipe de trois. Selon leur classement, elles récupèrent de l’argent pour leur association. Pour certaines il s’agit d’une association caritative, quand d’autres participent pour un enfant malade. Les raisons de leur engagement sont très variées. Des équipes venaient pour la deuxième ou troisième fois. Elles ont eu des moments forts les années précédentes et se retrouvent d’une année sur l’autre.»

«Elles ont quatre types d'épreuves sportives, deux épreuves par jour et ne connaissent  le parcours et l’endroit du bivouac que la veille au soir. Le bivouac peut changer chaque soir mais, lors de cette édition, elles ont été trois jours de suite sur le même bivouac. Cette année, il y avait du kayak, du trail, de la course d’orientation et du VTT. Comme la compétition dure quatre jours, certaines activités comme le kayak ou le trail ont été refaites deux fois mais le parcours était différent à chaque fois.»
Épreuve de kayak, 28 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Elles ont quatre types d'épreuves sportives, deux épreuves par jour et ne connaissent  le parcours et l’endroit du bivouac que la veille au soir. Le bivouac peut changer chaque soir mais, lors de cette édition, elles ont été trois jours de suite sur le même bivouac. Cette année, il y avait du kayak, du trail, de la course d’orientation et du VTT. Comme la compétition dure quatre jours, certaines activités comme le kayak ou le trail ont été refaites deux fois mais le parcours était différent à chaque fois.»

«J’ai vu d’anciennes sportives professionnelles, d’autres qui font du sport uniquement comme loisir, d’autres encore qui ne font pas de sport du tout et ont été poussées par leurs amies. Il y avait aussi des équipes mères-filles et quelques équipes VIP, le panel est extrêmement varié. Les âges aussi fluctuent, je dirais que ça allait de 25 à presque 50 ans et il y avait même une concurrente de plus de 60 ans.»
Épreuve de VTT, 29 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«J’ai vu d’anciennes sportives professionnelles, d’autres qui font du sport uniquement comme loisir, d’autres encore qui ne font pas de sport du tout et ont été poussées par leurs amies. Il y avait aussi des équipes mères-filles et quelques équipes VIP, le panel est extrêmement varié. Les âges aussi fluctuent, je dirais que ça allait de 25 à presque 50 ans et il y avait même une concurrente de plus de 60 ans.»

«Certaines des filles elles-mêmes avait été malades. L’une d’elle avait eu un cancer, elle avait arrêté la chimio pour le raid et devait la reprendre après. Une autre équipe s'était constituée pour un enfant très malade qui était décédé avant le début du raid, elles ont concouru quand même.»
Épreuve de kayak, 30 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Certaines des filles elles-mêmes avait été malades. L’une d’elle avait eu un cancer, elle avait arrêté la chimio pour le raid et devait la reprendre après. Une autre équipe s'était constituée pour un enfant très malade qui était décédé avant le début du raid, elles ont concouru quand même.»

«Ces épreuves sont très dures pour beaucoup de filles qui font le déplacement. D’autant plus que, selon le règlement, elles ne peuvent pas abandonner et doivent passer toutes les trois la ligne d'arrivée ensemble. Mais tout au long du parcours, les différentes équipes s’entraident. Il n’y a pas d’esprit de compétition au détriment des autres et j’ai trouvé cela vraiment très beau! C’est un événement dans lequel l’ambiance entre les filles est très chaleureuse et festive.»
Épreuve de trail, 28 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Ces épreuves sont très dures pour beaucoup de filles qui font le déplacement. D’autant plus que, selon le règlement, elles ne peuvent pas abandonner et doivent passer toutes les trois la ligne d'arrivée ensemble. Mais tout au long du parcours, les différentes équipes s’entraident. Il n’y a pas d’esprit de compétition au détriment des autres et j’ai trouvé cela vraiment très beau! C’est un événement dans lequel l’ambiance entre les filles est très chaleureuse et festive.»

«À l'arrivée, il y avait un ambianceur. En amont il avait demandé à chaque équipe de lui envoyer le nom de leur morceau de musique préféré et quand une équipe était sur le point d’arriver, il se renseignait sur leur numéro, il leur passait leur musique et appelait chacun des noms de l'équipe au micro. Il y a soixante-douze équipes quand même! Les filles disaient avoir l’impression d'être reconnues en tant que personnes, appréciaient beaucoup le geste et ça leur dégageait beaucoup d'émotions. Elles arrivent d’ailleurs toutes en pleurant: de joie, de douleur, d'être arrivées pour celles qui n’y croyaient pas!»
Ligne d'arrivée, 28 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«À l'arrivée, il y avait un ambianceur. En amont il avait demandé à chaque équipe de lui envoyer le nom de leur morceau de musique préféré et quand une équipe était sur le point d’arriver, il se renseignait sur leur numéro, il leur passait leur musique et appelait chacun des noms de l'équipe au micro. Il y a soixante-douze équipes quand même! Les filles disaient avoir l’impression d'être reconnues en tant que personnes, appréciaient beaucoup le geste et ça leur dégageait beaucoup d'émotions. Elles arrivent d’ailleurs toutes en pleurant: de joie, de douleur, d'être arrivées pour celles qui n’y croyaient pas!»

«Sur les lignes d’arrivées il y a une espèce d'énergie très communicative. Les premières arrivées attendent les suivantes jusqu'aux dernières pour les encourager et les soutenir. Elles sautent partout, dansent et les accueillent en tendant les mains. Ce n’est pas chacun pour soi, bien au contraire, il y a un sentiment de joie collective!»
Ligne d'arrivée de l'épreuve de VTT,  29 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Sur les lignes d’arrivées il y a une espèce d'énergie très communicative. Les premières arrivées attendent les suivantes jusqu'aux dernières pour les encourager et les soutenir. Elles sautent partout, dansent et les accueillent en tendant les mains. Ce n’est pas chacun pour soi, bien au contraire, il y a un sentiment de joie collective!»

«Faire un sujet 100% féminin m'a beaucoup plu ainsi que de n’être presque qu’avec des femmes. Je ne fais pas ce genre de sujets très souvent, je passe beaucoup de temps sur les terrains de foot ou de rugby à photographier des hommes. Là, j’ai trouvé ça fascinant de voir des femmes exprimer leurs émotions, leurs difficultés.» 
Ligne d'arrivée, 28 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Faire un sujet 100% féminin m'a beaucoup plu ainsi que de n’être presque qu’avec des femmes. Je ne fais pas ce genre de sujets très souvent, je passe beaucoup de temps sur les terrains de foot ou de rugby à photographier des hommes. Là, j’ai trouvé ça fascinant de voir des femmes exprimer leurs émotions, leurs difficultés.» 

«Ce qui a été compliqué, en revanche, c'était de photographier les épreuves car on ne pouvait pas faire de repérage des parcours en avance et je ne pouvais pas aller aussi vite qu’elles avec mon matériel. Je me faisais déposer à l'arrivée et je remontais le parcours. Pour le VTT l'accès n’est pas difficile, j’étais en quad et j’ai fait du repérage. Par contre le trail de 15 kilomètres a été le plus compliqué à photographier. Il faut remonter à pieds et c’est laborieux. Il m’est arrivé de me perdre et de devoir revenir sur mes pas. Il m’est arrivé aussi de chercher pendant une heure le bon endroit, de finir  par me poser dans un fossé de verdure près de la piste et de voir les filles se tromper de chemin, partir ailleurs et ne pas passer devant moi!»
Épreuve de trail, 28 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Ce qui a été compliqué, en revanche, c'était de photographier les épreuves car on ne pouvait pas faire de repérage des parcours en avance et je ne pouvais pas aller aussi vite qu’elles avec mon matériel. Je me faisais déposer à l'arrivée et je remontais le parcours. Pour le VTT l'accès n’est pas difficile, j’étais en quad et j’ai fait du repérage. Par contre le trail de 15 kilomètres a été le plus compliqué à photographier. Il faut remonter à pieds et c’est laborieux. Il m’est arrivé de me perdre et de devoir revenir sur mes pas. Il m’est arrivé aussi de chercher pendant une heure le bon endroit, de finir  par me poser dans un fossé de verdure près de la piste et de voir les filles se tromper de chemin, partir ailleurs et ne pas passer devant moi!»

«Certaines des filles ont des vies compliquées et disent n’avoir tenu les derniers mois que grâce à l’objectif du raid. L’une d’elles, 50 ans, s’est mise au sport récemment, poussée par des collègues. Elle s’était occupée de sa sœur malade toute sa vie. Elle m'a raconté avoir voulu prendre un peu de temps pour elle et c’est ce raid qu’elle a choisi. Elle était étonnée par ce qu’elle a réussi à accomplir. Au-delà de la compétition, le Raid des Alizés est un dépassement de soi et une aventure collective. Une lutte contre elles-mêmes et un vrai moment à part dans la vie de ces femmes.»
Laetitia Roux, Cornelia Hug and Marion Josserand, de l'équipe Cepac, lors de l'épreuve de VTT,  29 novembre 2018 | Anne-Christine Poujoulat / AFP

«Certaines des filles ont des vies compliquées et disent n’avoir tenu les derniers mois que grâce à l’objectif du raid. L’une d’elles, 50 ans, s’est mise au sport récemment, poussée par des collègues. Elle s’était occupée de sa sœur malade toute sa vie. Elle m'a raconté avoir voulu prendre un peu de temps pour elle et c’est ce raid qu’elle a choisi. Elle était étonnée par ce qu’elle a réussi à accomplir. Au-delà de la compétition, le Raid des Alizés est un dépassement de soi et une aventure collective. Une lutte contre elles-mêmes et un vrai moment à part dans la vie de ces femmes.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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