Les postes aux frontières vont-ils renaître de leurs cendres?
Monde

Les postes aux frontières vont-ils renaître de leurs cendres?

Le Premier ministre français Manuel Valls vient d'annoncer qu'il n'hésiterait pas à rétablir un contrôle aux frontières provisoire en cas de besoin. Un tournant politique déjà adopté ce lundi 14 septembre par l’Allemagne et la Hongrie pour stopper l’afflux de réfugiés qui fuient la guerre et espèrent rejoindre l’Europe de l’ouest. Avec cette décision, les deux pays mettent fin, au moins provisoirement, à l’espace Schengen, qui permettait jusque-là à chacun de se déplacer librement, ressuscitant une époque que l’on croyait enterrée. Aujourd’hui, les réfugiés se regroupent autour de point de passages longtemps délaissés et très nombreux en Europe, les postes aux frontières. 

 

Il y quelques années, le photographe d'origine polonais Josef Schulz décidait de parcourir l'Europe pour prendre en photo ces endroits fantomatiques. Il en a tiré une série d'une soixantaine de photos, dont nous vous livrons une petite sélection.


	Josef Schulz explique à Slate.fr que son intérêt pour ces endroits si particuliers peut trouver son origine dans sa propre histoire personnelle. «J'ai grandi en Pologne, écrit-t-il par e-mail, un pays dont le territoire a été constamment redéfini au cours de son histoire. Quand j'ai découvert que ces endroits abandonnés, que je pouvais traverser en voiture, étaient par le passé des signes de la guerre froide et de la séparation entre les pays, j'y ai trouvé un intérêt en tant que sujet photographique et j'ai concentré mon travail sur les postes aux frontières.»
Poste-frontière de Roncq, entre la France et la Belgique. Josef Schulz

Josef Schulz explique à Slate.fr que son intérêt pour ces endroits si particuliers peut trouver son origine dans sa propre histoire personnelle. «J'ai grandi en Pologne, écrit-t-il par e-mail, un pays dont le territoire a été constamment redéfini au cours de son histoire. Quand j'ai découvert que ces endroits abandonnés, que je pouvais traverser en voiture, étaient par le passé des signes de la guerre froide et de la séparation entre les pays, j'y ai trouvé un intérêt en tant que sujet photographique et j'ai concentré mon travail sur les postes aux frontières.»

Josef Schulz
Le poste-frontière de Ponte San Luigi, qui sépare la France et l'Italie. Josef Schulz

	 Les photos ne sont pas présentées telles quelles. Le photographe les retravaille pour effacer les paysages, et donc, à sa façon, les frontières. «Le contexte des paysages n'est plus reconnaissable. Les frontières sont interchangeables et perdent leur spécificité. Le séquençage et la décontextualisation réduisent le poste-frontière à un modèle. [...] Les perceptions architecturales et les modes de chaque pays deviennent apparentes.»
Frontière Hongro-Slovène. Josef Schulz

 Les photos ne sont pas présentées telles quelles. Le photographe les retravaille pour effacer les paysages, et donc, à sa façon, les frontières. «Le contexte des paysages n'est plus reconnaissable. Les frontières sont interchangeables et perdent leur spécificité. Le séquençage et la décontextualisation réduisent le poste-frontière à un modèle. [...] Les perceptions architecturales et les modes de chaque pays deviennent apparentes.»

Claviere, entre la France et l'Italie. Josef Schulz

	 «Je n'ai jamais vécu dans une zone située près de la frontière et je pensais que les gens qui vivent là étaient plus au courants de ce qui se passait de l'autre côté. J'ai été surpris de voir tout ces petits changements en traversant la frontière, le comportement des gens est différent, la vie quotidienne a un autre rythme, même le café a un goût différent.»
Poste séparant la Slovénie et la Hongrie. Josef Schulz

 «Je n'ai jamais vécu dans une zone située près de la frontière et je pensais que les gens qui vivent là étaient plus au courants de ce qui se passait de l'autre côté. J'ai été surpris de voir tout ces petits changements en traversant la frontière, le comportement des gens est différent, la vie quotidienne a un autre rythme, même le café a un goût différent.»

Col du Petit Saint-Bernard, entre la France et l'Italie. Josef Schulz

	Avec la crise actuelle autour des migrants et des réfugiés, Josef Schulz craint que ces endroits ne reprennent vie, et pour les mauvaises raisons. «J'ai vu ces postes aux frontières comme des monuments du passé, mais qui pourraient très bien revenir à leur ancienne fonction un jour. Aujourd'hui, cela devient réalité et je ne m'y attendais pas. C'est un véritable retour en arrière.» 
Poste-frontière séparant la France et l'Espagne. Josef Schulz

Avec la crise actuelle autour des migrants et des réfugiés, Josef Schulz craint que ces endroits ne reprennent vie, et pour les mauvaises raisons. «J'ai vu ces postes aux frontières comme des monuments du passé, mais qui pourraient très bien revenir à leur ancienne fonction un jour. Aujourd'hui, cela devient réalité et je ne m'y attendais pas. C'est un véritable retour en arrière.» 

 Ainhoa, poste-frontière franco-espagnol. Josef Schulz
Mulhouse, sur la limite franco-allemande. Josef Schulz
Une semaine dans le monde en 7 photos
Grand Format

Une semaine dans le monde en 7 photos

Une semaine dans le monde en 7 photos
Grand Format

Une semaine dans le monde en 7 photos

Newsletters