«New York, c'est l'univers entier dans une tête d'épingle»
Monde

«New York, c'est l'univers entier dans une tête d'épingle»

Sally Davies a pratiqué la photographie de rue à Manhattan pendant des décennies. Un jour, elle a eu envie de documenter ceux qui se trouvent de l'autre côté de ces murs. «Ce qui était important pour moi, c'était d'inclure le plus de personnes possible de styles différents», raconte la photographe. Soixante-dix de ses portraits de New-Yorkais dans leurs intérieurs ont été publiés dans un livre: New Yorkers, paru chez Ammonite Press.

«J'ai déménagé à New York depuis le Canada en 1983. Je n'avais jamais rien vu de tel. J'étais ici pour terminer mes études et je n'avais pas l'intention de rester après la fin de l'école, mais ce n'est pas du tout comme ça que les choses se sont déroulées. Il est difficile de rester à New York, mais il est encore plus difficile de partir. La ville n'est jamais comme vous pensiez qu'elle allait être –l'endroit que vous avez lu ou vu dans les films. New York, c'est toutes ces choses, mais c'est bien plus encore. Ceux qui vivent ici comprennent que rien ne reste longtemps pareil. C'est l'univers entier dans une tête d'épingle. La seule chose qui ne change pas à New York, c'est que tout change constamment. Bruce Mazer, sur cette image, a hérité de ce drapeau américain vintage de la famille de son oncle. Il n'y a que quarante-huit étoiles dessus car l'Alaska et Hawaï n'étaient pas encore des États américains.»
Bruce Mazer | Sally Davies 

«J'ai déménagé à New York depuis le Canada en 1983. Je n'avais jamais rien vu de tel. J'étais ici pour terminer mes études et je n'avais pas l'intention de rester après la fin de l'école, mais ce n'est pas du tout comme ça que les choses se sont déroulées. Il est difficile de rester à New York, mais il est encore plus difficile de partir. La ville n'est jamais comme vous pensiez qu'elle allait être l'endroit que vous avez lu ou vu dans les films. New York, c'est toutes ces choses, mais c'est bien plus encore. Ceux qui vivent ici comprennent que rien ne reste longtemps pareil. C'est l'univers entier dans une tête d'épingle. La seule chose qui ne change pas à New York, c'est que tout change constamment. Bruce Mazer, sur cette image, a hérité de ce drapeau américain vintage de la famille de son oncle. Il n'y a que quarante-huit étoiles dessus car l'Alaska et Hawaï n'étaient pas encore des États américains.»

«Il y a quelques années, j'ai participé au livre Masters of Street Photography, publié par Ammonite Press. À l'époque, j'avais déjà fait sept ou huit portraits. Un jour, l'éditeur Jason Hook était à New York pour affaires, nous nous sommes vus, et il m'a demandé sur quoi je travaillais. J'ai sorti mon téléphone et lui ai montré ces portraits. Il m'a dit qu'il adorait et qu'il fallait les publier dans un livre. Il a présenté l'idée à son retour au Royaume-Uni et elle a été acceptée. Les New-Yorkais adorent leurs animaux de compagnie. Nous sommes tellement nombreux à vivre avec nos animaux. Selon moi, ils humanisent l'expérience de vivre dans une telle jungle de béton.»
Cressa Turner | Sally Davies 

«Il y a quelques années, j'ai participé au livre Masters of Street Photography, publié par Ammonite Press. À l'époque, j'avais déjà fait sept ou huit portraits. Un jour, l'éditeur Jason Hook était à New York pour affaires, nous nous sommes vus, et il m'a demandé sur quoi je travaillais. J'ai sorti mon téléphone et lui ai montré ces portraits. Il m'a dit qu'il adorait et qu'il fallait les publier dans un livre. Il a présenté l'idée à son retour au Royaume-Uni et elle a été acceptée. Les New-Yorkais adorent leurs animaux de compagnie. Nous sommes tellement nombreux à vivre avec nos animaux. Selon moi, ils humanisent l'expérience de vivre dans une telle jungle de béton.»

«Prenez le temps de regarder les photos sur ce mur! Elles résument une époque de New York révolue depuis longtemps, et qui ne reverra jamais le jour. Je ne peux pas expliquer le plaisir que j'ai à regarder toutes ces images. J'ai passé les trente-huit dernières années à photographier Manhattan, principalement le Lower East Side, et surtout des scènes de rue. C'est quelque chose que l'on peut faire sans attendre que l'on nous y invite. Vous pouvez sortir à toute heure du jour ou de la nuit et faire des photos partout où votre cœur le désire ou que vos nerfs peuvent le supporter.»
Danny Fields | Sally Davies 

«Prenez le temps de regarder les photos sur ce mur! Elles résument une époque de New York révolue depuis longtemps, et qui ne reverra jamais le jour. Je ne peux pas expliquer le plaisir que j'ai à regarder toutes ces images. J'ai passé les trente-huit dernières années à photographier Manhattan, principalement le Lower East Side, et surtout des scènes de rue. C'est quelque chose que l'on peut faire sans attendre que l'on nous y invite. Vous pouvez sortir à toute heure du jour ou de la nuit et faire des photos partout où votre cœur le désire ou que vos nerfs peuvent le supporter.»

«Mon travail a récemment intégré la collection permanente du Museum de la ville de New York et l'ensemble de mes archives fait maintenant partie de la Downtown Collection de la Fales Library de l'université de New York. J'ai senti qu'il était important de commencer à documenter certaines des personnes qui vivent dans les bâtiments que j'avais photographiés.»
Vicky Roman | Sally Davies 

«Mon travail a récemment intégré la collection permanente du Museum de la ville de New York et l'ensemble de mes archives fait maintenant partie de la Downtown Collection de la Fales Library de l'université de New York. J'ai senti qu'il était important de commencer à documenter certaines des personnes qui vivent dans les bâtiments que j'avais photographiés.»

«Mon plan était de lancer un appel sur les réseaux sociaux, d'expliquer le projet et de demander qui était volontaire. J'ai commencé le projet en photographiant un ami ou deux et l'information s'est rapidement répandue. Très vite, des gens m'ont contactée pour demander d'être inclus dans le projet. Tout le monde connaissait quelqu'un qui avait envie de participer. J'aurais pu photographier 1.000 personnes et il y aurait encore des gens qui attendraient. Flloyd a été l'un des premiers artistes de drag du célèbre Pyramid Club de l'East Village. Des gens comme lui sont une histoire vivante. En avril, le Pyramid Club a fermé ses portes pour toujours.»
Flloyd ny | Sally Davies 

«Mon plan était de lancer un appel sur les réseaux sociaux, d'expliquer le projet et de demander qui était volontaire. J'ai commencé le projet en photographiant un ami ou deux et l'information s'est rapidement répandue. Très vite, des gens m'ont contactée pour demander d'être inclus dans le projet. Tout le monde connaissait quelqu'un qui avait envie de participer. J'aurais pu photographier 1.000 personnes et il y aurait encore des gens qui attendraient. Flloyd a été l'un des premiers artistes de drag du célèbre Pyramid Club de l'East Village. Des gens comme lui sont une histoire vivante. En avril, le Pyramid Club a fermé ses portes pour toujours.»

«Ça a été mon premier livre solo. Le plus dur était de choisir qui figurerait dans le livre, j'ai photographié 150 personnes mais il n'y en a que 72 dedans. Pour être honnête, il n'y avait aucune personne inintéressante ou de photos ratées. Le choix était donc atrocement difficile. Les choix finaux ont finalement été décidés pour des raisons tout à fait autres: trop de cuisines, trop de chambres, trop de personnes âgées, trop de jeunes, trop d'appartements occupés, trop de chemises jaunes… Des choses comme ça. Gerald, sur cette photo, vit à l'hôtel Chelsea –un autre monument culturel historique qui n'est plus ce qu'il était autrefois. Il est actuellement en cours de rénovation et seuls les riches pourront y vivre –et non plus les artistes. De nombreuses personnes importantes y ont vécu et ont franchi ses portes. C'était un honneur pour moi de photographier quelqu'un qui y vivait encore.»
Gerald Decock | Sally Davies 

«Ça a été mon premier livre solo. Le plus dur était de choisir qui figurerait dans le livre, j'ai photographié 150 personnes mais il n'y en a que 72 dedans. Pour être honnête, il n'y avait aucune personne inintéressante ou de photos ratées. Le choix était donc atrocement difficile. Les choix finaux ont finalement été décidés pour des raisons tout à fait autres: trop de cuisines, trop de chambres, trop de personnes âgées, trop de jeunes, trop d'appartements occupés, trop de chemises jaunes… Des choses comme ça. Gerald, sur cette photo, vit à l'hôtel Chelsea un autre monument culturel historique qui n'est plus ce qu'il était autrefois. Il est actuellement en cours de rénovation et seuls les riches pourront y vivre et non plus les artistes. De nombreuses personnes importantes y ont vécu et ont franchi ses portes. C'était un honneur pour moi de photographier quelqu'un qui y vivait encore.»

«Le premier endroit où je suis allé, j'ai apporté des lumières avec moi. Pendant que je les installais, je pouvais sentir la personne devenir mal à l'aise et un peu nerveuse. L'installation a pris trop de temps et l'énergie a changé. Donc, la fois suivante, j'ai juste utilisé un flash sur mon appareil photo que je faisais rebondir sur le plafond. Je pense qu'il n'y en a eu qu'un ou deux pour lesquels j'ai utilisé la lumière naturelle. L'uniformité n'était pas mon but. Je voulais juste m'assurer que les gens et leurs trésors étaient bien éclairés. Cette photo est importante pour le livre car elle montre à quoi ressemblaient tous les appartements dans les années 1980, lorsque la plupart d'entre nous a déménagé ici. On construisait des logements pour les travailleurs pauvres du Lower East Side de Manhattan.»
Liz Duffy Adams | Sally Davies 

«Le premier endroit où je suis allé, j'ai apporté des lumières avec moi. Pendant que je les installais, je pouvais sentir la personne devenir mal à l'aise et un peu nerveuse. L'installation a pris trop de temps et l'énergie a changé. Donc, la fois suivante, j'ai juste utilisé un flash sur mon appareil photo que je faisais rebondir sur le plafond. Je pense qu'il n'y en a eu qu'un ou deux pour lesquels j'ai utilisé la lumière naturelle. L'uniformité n'était pas mon but. Je voulais juste m'assurer que les gens et leurs trésors étaient bien éclairés. Cette photo est importante pour le livre car elle montre à quoi ressemblaient tous les appartements dans les années 1980, lorsque la plupart d'entre nous a déménagé ici. On construisait des logements pour les travailleurs pauvres du Lower East Side de Manhattan.»

«Décider qui va où dans la pagination était aussi un défi. Un livre doit couler comme une mélodie, comme une chanson. Il ne doit rien y avoir qui vous dérange ou qui ne vous semble pas à sa place. Une personne dans le livre, Jack Smead, était très malade et a insisté pour que j'ai recours à la lumière naturelle. Ce n'est pas ce que je voulais mais il sentait qu'un flash serait trop dur sur son visage. J'ai choisi de le faire à sa manière et la photo s'est avérée magnifique. Il est malheureusement décédé avant la publication du livre.»
Jack Smead | Sally Davies 

«Décider qui va où dans la pagination était aussi un défi. Un livre doit couler comme une mélodie, comme une chanson. Il ne doit rien y avoir qui vous dérange ou qui ne vous semble pas à sa place. Une personne dans le livre, Jack Smead, était très malade et a insisté pour que j'ai recours à la lumière naturelle. Ce n'est pas ce que je voulais mais il sentait qu'un flash serait trop dur sur son visage. J'ai choisi de le faire à sa manière et la photo s'est avérée magnifique. Il est malheureusement décédé avant la publication du livre.»

«Pour la plupart des personnes photographiées, leur appartement reflète leur situation financière: plus ils ont d'argent, plus leur canapé sera beau et plus l'espace sera vaste. Mais à part ça, chaque espace est un portrait de la personne qui l'a créé. Ce qu'ils y entreposent et leurs choix racontent leur histoire. Nous gardons les choses qui sont des souvenirs de nos vies... Sur cette photo, Kate Maxwell est assise sur ce qui était autrefois le rebord de la fenêtre de sa chambre et qui est maintenant un mur de briques blanches. Pour moi, cette image raconte la gentrification de New York bien mieux que tout ce que j'ai pu lire comme article ou voir...»
Kate Maxwell | Sally Davies 

«Pour la plupart des personnes photographiées, leur appartement reflète leur situation financière: plus ils ont d'argent, plus leur canapé sera beau et plus l'espace sera vaste. Mais à part ça, chaque espace est un portrait de la personne qui l'a créé. Ce qu'ils y entreposent et leurs choix racontent leur histoire. Nous gardons les choses qui sont des souvenirs de nos vies... Sur cette photo, Kate Maxwell est assise sur ce qui était autrefois le rebord de la fenêtre de sa chambre et qui est maintenant un mur de briques blanches. Pour moi, cette image raconte la gentrification de New York bien mieux que tout ce que j'ai pu lire comme article ou voir...»

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 11 au 17 septembre 2021
Grand Format

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 11 au 17 septembre 2021

Scénario d'une catastrophe annoncée
Grand Format

Scénario d'une catastrophe annoncée

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio