Ô vieillesse ennemie!
Culture

Ô vieillesse ennemie!

En 1982, Barbara Davatz rencontre un couple, Nicola et Kurt. Frappée par leur apparence similaire, leur coupe courte blonde et leurs vêtements noirs, elle en fait un portrait, puis commence à prendre en photos d’autres couples similaires. Avec la publication de sa série «As Time Goes By», elle concrétise plus de trente ans de travail.


	Quand Barbara Davatz a commencé à photographier sa série «As Time Goes By», en 1982, elle ne pensait pas qu'elle y serait encore trente ans plus tard. Le livre, publié ce mois-ci par les éditions Patrick Frey, donne à voir des tranches de vie authentiques: les gens restent ensemble, ils se séparent, ils ont des enfants, ils créent de nouvelles familles, leurs enfants vieillissent, etc. C’est la seconde publication de ce projet, la première couvrant les portraits pris en 1982, 1988 et 1997.
Fabian, Regula, 1982. Vimbai, Regula, Lukas, 1997. Fabian, 2014. (Barbara Davatz)

Quand Barbara Davatz a commencé à photographier sa série «As Time Goes By», en 1982, elle ne pensait pas qu'elle y serait encore trente ans plus tard. Le livre, publié ce mois-ci par les éditions Patrick Frey, donne à voir des tranches de vie authentiques: les gens restent ensemble, ils se séparent, ils ont des enfants, ils créent de nouvelles familles, leurs enfants vieillissent, etc. C’est la seconde publication de ce projet, la première couvrant les portraits pris en 1982, 1988 et 1997.


	Dans les années qui suivent sa première série de portraits, Davatz travaille sur d'autres projets, mais approchée par différents magazines et musées, elle continue à photographier des couples originaux. Sa série s’est poursuivie en 1988, 1997 et 2014.

	«Comme les années passaient, j’ai recommencé à penser à ce travail, et je suis devenue très curieuse de la richesse des changements biographiques et physiques qui pouvaient survenir chez ceux que j'avais photographiés. Tout ceci m’a permis de réaliser la force potentielle de la nouvelle tournure du projet», explique-t-elle par e-mail. 
Bianca, Ernesto, 1982. Biana, Ernesto, 1997. Bianca, Carlo 2014. (Barbara Davatz)

Dans les années qui suivent sa première série de portraits, Davatz travaille sur d'autres projets, mais approchée par différents magazines et musées, elle continue à photographier des couples originaux. Sa série s’est poursuivie en 1988, 1997 et 2014.

«Comme les années passaient, j’ai recommencé à penser à ce travail, et je suis devenue très curieuse de la richesse des changements biographiques et physiques qui pouvaient survenir chez ceux que j'avais photographiés. Tout ceci m’a permis de réaliser la force potentielle de la nouvelle tournure du projet», explique-t-elle par e-mail. 


	Parce qu’elle n’a pas établi d’intervalles précis, le projet s’est transformé en une sorte de réunion familiale irrégulière. Davatz lisait des choses sur les personnes qu'elle avait photographiés via la presse mais elle ne parlait vraiment avec elles qu’au moment des sessions photos. 

	«J’ai toujours pensé à eux de manière affectueuse, comme ma "famille photographique", et j’ai toujours été très curieuse à l’idée de voir quel type de personnes ils amenaient dans les nouvelles séries (dans la famille!) à chaque fois.»
Rico, Tiziana, 1982. Tiziana, Rico, 1988. Tiziana, 2014. (Barbara Davatz)

Parce qu’elle n’a pas établi d’intervalles précis, le projet s’est transformé en une sorte de réunion familiale irrégulière. Davatz lisait des choses sur les personnes qu'elle avait photographiés via la presse mais elle ne parlait vraiment avec elles qu’au moment des sessions photos. 

«J’ai toujours pensé à eux de manière affectueuse, comme ma "famille photographique", et j’ai toujours été très curieuse à l’idée de voir quel type de personnes ils amenaient dans les nouvelles séries (dans la famille!) à chaque fois.»


	Depuis le début, Davatz a posé un cadre de travail très clair. Elle voulait que les photos soient prises en noir et blanc à l’aide d’un appareil 4x5. Le noir et blanc renforce le détail et préserve une certaine neutralité là où la couleur, pense-t-elle, distrait. Elle a aussi demandé à ses sujets de conserver un contact visuel avec elle pendant la prise et d’adopter un visage «sans émotion».

	«Je suis convaincu qu’un visage avec un regard “neutre“ est plus saisissant; vous le regardez plus longtemps et plus intensément, écrit-elle. Un sourire rend la photo moins mystérieuse et peut interférer dans ce que ceux qui la regardent y projettent.»
Carole, Serge, 1982. Carole, Serge, 1988. Serge, Carole, 2014.(Barbara Davatz)

Depuis le début, Davatz a posé un cadre de travail très clair. Elle voulait que les photos soient prises en noir et blanc à l’aide d’un appareil 4x5. Le noir et blanc renforce le détail et préserve une certaine neutralité là où la couleur, pense-t-elle, distrait. Elle a aussi demandé à ses sujets de conserver un contact visuel avec elle pendant la prise et d’adopter un visage «sans émotion».

«Je suis convaincu qu’un visage avec un regard “neutre“ est plus saisissant; vous le regardez plus longtemps et plus intensément, écrit-elle. Un sourire rend la photo moins mystérieuse et peut interférer dans ce que ceux qui la regardent y projettent.»


	Davatz a plus de considération et d’empathie à l’égard de ses sujets depuis qu’elle a réalisé que regarder la vie de quelqu’un peut être une expérience perturbante.

	«La vanité devient plus qu’un problème, a-t-elle écrit. Certains, mais pas tous, m’ont dit qu’ils n’aimaient pas se voir vieillir. Ils sont peut-être complètement à l’aise avec leur physique actuel, mais être confronté à leur vieillissement dans une série de portraits, c’est tout autre chose.»

	Le travail de Davatz est exposé au Fotostiftung Schweiz de Zurich, en Suisse, jusqu'au 16 mai.
 Beni, Andi, 1982. Beni, Charlotte, Lou-Salomé, Natalie, 2014. Andrea, Anna, Leila, Andi, 2014. (Barbara Davatz)

Davatz a plus de considération et d’empathie à l’égard de ses sujets depuis qu’elle a réalisé que regarder la vie de quelqu’un peut être une expérience perturbante.

«La vanité devient plus qu’un problème, a-t-elle écrit. Certains, mais pas tous, m’ont dit qu’ils n’aimaient pas se voir vieillir. Ils sont peut-être complètement à l’aise avec leur physique actuel, mais être confronté à leur vieillissement dans une série de portraits, c’est tout autre chose.»

Le travail de Davatz est exposé au Fotostiftung Schweiz de Zurich, en Suisse, jusqu'au 16 mai.

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