À la frontière lituanienne, des villages de nulle part
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À la frontière lituanienne, des villages de nulle part

En février 2015, Bastian Jasper s’est rendu à la frontière lituanienne dans des régions tiraillées entre la nouvelle orientation européenne et leurs liens étroits avec leurs voisins de l’Est, comme la Biélorussie, d’Alexandre Loukachenko. «Les gens qui vivent dans ces régions ont un gros problème d’identification avec le reste de la Lituanie, au niveau des évolutions du pays lui-même depuis l’indépendance mais aussi par rapport à sa politique». Depuis l’installation d’une barrière en 2004, des familles et des amis ont été séparés et la vie semble stagner. «Aujourd’hui, une sensation de désespoir et de déclin prévaut dans ces villages», raconte le photographe. 

 

Les photographies de sa série intitulée A Road not Taken seront exposées pendant le Festival Circulation(s). Exposition du 26 mars au 26 juin 2016 au CentQuatre (5, rue Curial, Paris XIXe).


	Stalgonys, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Les changements répétés de l'affiliation de ces territoires et la fluctuation du tracé de la frontière ces cent dernières années m'intéressaient. Les plus vieux habitants de ces régions ont vécu sous régime polonais, allemand, soviétique et lituanien.»

Stalgonys, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Les changements répétés de l'affiliation de ces territoires et la fluctuation du tracé de la frontière ces cent dernières années m'intéressaient. Les plus vieux habitants de ces régions ont vécu sous régime polonais, allemand, soviétique et lituanien.»


	Stalgonys, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Je voulais travailler sur la transition post-soviétique des territoires entre la Lituanie et la Biélorussie, vingt-cinq ans après la chute de l'URSS. J'ai d'abord concentré mon projet sur le côté lituanien parce que la composition multi-ethnique de ces territoires me fascinait.»

Stalgonys, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Je voulais travailler sur la transition post-soviétique des territoires entre la Lituanie et la Biélorussie, vingt-cinq ans après la chute de l'URSS. J'ai d'abord concentré mon projet sur le côté lituanien parce que la composition multi-ethnique de ces territoires me fascinait.»


	Sakaline, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Ces villages sont isolés et déconnectés des autres régions de la Lituanie et des conforts urbains. Cet étang gelé est par exemple situé dans le petit village lituanien de Sakaline, un des nombreux “villages fantômes” le long de la frontière européenne. Ces villages sont peuplés principalement par des personnes âgées.»

Sakaline, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Ces villages sont isolés et déconnectés des autres régions de la Lituanie et des conforts urbains. Cet étang gelé est par exemple situé dans le petit village lituanien de Sakaline, un des nombreux “villages fantômes” le long de la frontière européenne. Ces villages sont peuplés principalement par des personnes âgées.»


	Sakaline, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Avec la chute de l'URSS en 1991 et l'érection de la frontière européenne en 2004, de nombreux villages ont été divisés, comme Sakaline [du côté lituanien] et Kulkishki [du côté biélorusse]. Mais, pendant la Guerre froide, ces deux localités fusionnaient. Les habitants grandissaient, se mariaient et travaillaient ensemble. Personne ne se souciait de la frontière, elle n’était alors pas bien plus qu'une ligne sur une carte.»

Sakaline, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Avec la chute de l'URSS en 1991 et l'érection de la frontière européenne en 2004, de nombreux villages ont été divisés, comme Sakaline [du côté lituanien] et Kulkishki [du côté biélorusse]. Mais, pendant la Guerre froide, ces deux localités fusionnaient. Les habitants grandissaient, se mariaient et travaillaient ensemble. Personne ne se souciait de la frontière, elle n’était alors pas bien plus qu'une ligne sur une carte.»


	Une grange délabrée de Jakubiskes où vivent des poulets, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Il est aujourd'hui devenu compliqué pour les habitants de traverser la frontière. Les gens ont besoin d'un visa pour se déplacer et parcourent de longues distances pour rejoindre l'autre côté. Les contrôles étroits à la frontière les empêchent aussi de parler à travers la barrière.»

Une grange délabrée de Jakubiskes où vivent des poulets, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Il est aujourd'hui devenu compliqué pour les habitants de traverser la frontière. Les gens ont besoin d'un visa pour se déplacer et parcourent de longues distances pour rejoindre l'autre côté. Les contrôles étroits à la frontière les empêchent aussi de parler à travers la barrière.»


	Stalgonys, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«La vie harmonieuse des habitants a été perturbée. De nombreuses familles ont été déchirées. Des épouses, ses frères et sœurs et des amis proches vivent aujourd'hui dans des mondes différents bien que leurs maisons soient situées à quelques mètres les unes des autres. Cette photo prise en 1992 montre les cousins d'Ona et de Terese, originaires du village voisin de Kanbaliskes. Ç’a été la dernière fois que les sœurs les ont vus.»

Stalgonys, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«La vie harmonieuse des habitants a été perturbée. De nombreuses familles ont été déchirées. Des épouses, ses frères et sœurs et des amis proches vivent aujourd'hui dans des mondes différents bien que leurs maisons soient situées à quelques mètres les unes des autres. Cette photo prise en 1992 montre les cousins d'Ona et de Terese, originaires du village voisin de Kanbaliskes. Ç’a été la dernière fois que les sœurs les ont vus.»


	Norviliskes, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Stanislav (62 ans) vit seul avec son chien à Norviliskes, dans la dernière maison avant la frontière. Sa tante, Yanina, vit à 400 mètres de là, de l'autre côté. Pour lui rendre visite à Pizkuny, il doit effectuer presque 150 kilomètres aller-retour. Le poste frontière de Norviliskes n'ouvre que trois fois par an, à Pâques, le 1er novembre et à Noël. À ce moment-là il peut traverser directement mais il doit obtenir un visa très cher.»

Norviliskes, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Stanislav (62 ans) vit seul avec son chien à Norviliskes, dans la dernière maison avant la frontière. Sa tante, Yanina, vit à 400 mètres de là, de l'autre côté. Pour lui rendre visite à Pizkuny, il doit effectuer presque 150 kilomètres aller-retour. Le poste frontière de Norviliskes n'ouvre que trois fois par an, à Pâques, le 1er novembre et à Noël. À ce moment-là il peut traverser directement mais il doit obtenir un visa très cher.»


	Sakaline, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Le temps semble aujourd'hui stagner dans ces villages. La plupart des gens que j'ai interviewés ont plus de 50 ans. Comme beaucoup d'habitants de Sakaline, Juzefa (82 ans) a grandi à Kulkishki. À l'âge de 20 ans, elle a déménagé à Sakaline et a travaillé dans une coopérative locale. Depuis l'indépendance de la Lituanie, elle n'est jamais retournée en Biélorussie. Selon elle, la Biélorussie est trop influencée par le vieux système soviétique. Bien que sa maison soit à quelques mètres de la barrière, elle n'a jamais désiré rentrer.»

Sakaline, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Le temps semble aujourd'hui stagner dans ces villages. La plupart des gens que j'ai interviewés ont plus de 50 ans. Comme beaucoup d'habitants de Sakaline, Juzefa (82 ans) a grandi à Kulkishki. À l'âge de 20 ans, elle a déménagé à Sakaline et a travaillé dans une coopérative locale. Depuis l'indépendance de la Lituanie, elle n'est jamais retournée en Biélorussie. Selon elle, la Biélorussie est trop influencée par le vieux système soviétique. Bien que sa maison soit à quelques mètres de la barrière, elle n'a jamais désiré rentrer.»


	Jakubiskes, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

	 

	«Viktor retourne chaque été dans son village d'origine, Jakubiskes, pour s'occuper de la maison de ses parents. Il a de bons souvenirs de son enfance là-bas. À l'époque il y avait un large groupe de jeunes et le villages célébrait régulièrement des fêtes. Le changement vers une économie de marché a provoqué une augmentation du chômage et une forte nostalgie pour le gouvernement et l'économie précédents. Avant la chute de l'Union soviétique, des gens des deux côtés travaillaient dans les mêmes collectivités. Aujourd'hui, les collectivités se trouvent en Biélorussie et les villages lituaniens sont en plein déclin. La plupart des jeunes ont émigré à Vilnius ou dans d'autres pays européens pour chercher du travail. La Lituanie a un des taux d'émigration les plus élevés d'Europe».

Jakubiskes, Lituanie, 2015 | Jasper Bastian

 

«Viktor retourne chaque été dans son village d'origine, Jakubiskes, pour s'occuper de la maison de ses parents. Il a de bons souvenirs de son enfance là-bas. À l'époque il y avait un large groupe de jeunes et le villages célébrait régulièrement des fêtes. Le changement vers une économie de marché a provoqué une augmentation du chômage et une forte nostalgie pour le gouvernement et l'économie précédents. Avant la chute de l'Union soviétique, des gens des deux côtés travaillaient dans les mêmes collectivités. Aujourd'hui, les collectivités se trouvent en Biélorussie et les villages lituaniens sont en plein déclin. La plupart des jeunes ont émigré à Vilnius ou dans d'autres pays européens pour chercher du travail. La Lituanie a un des taux d'émigration les plus élevés d'Europe».

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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