L'Oktoberfest, loin de la foule déchaînée

Première fête populaire de la planète, l'Oktoberfest, qui se termine cette année dimanche 6 octobre, est un moment unique dans la vie des Munichois. Tous les ans, environ 6 millions de visiteurs se pressent aux portes des tentes où a lieu la fête. Pendant ce «jubilé d'octobre», la ville plonge dans une douce folie et vit son quotidien au rythme de ce qui constitue une expérience spirituelle pour les Bavarois, une beuverie incontrôlable pour beaucoup d'autres.

Pour cette 180e édition de la fête, le photojournaliste franco-allemand Alexander Roth-Grisard a passé plusieurs jours sur la Theresienwiese, l'historique prairie de la Wiesn qui accueille la fête, avec pour objectif de se détacher des clichés les plus souvent aperçus de la manifestation dans les médias —chopes de bière gigantesques, foules hurlantes, attractions de fête foraine. Reportage dans l'intimité de la fête et des festivaliers.


	Le matin, les serveuses, que l'on nomme ici les «Wiesn-Bedienung», prennent tranquillement leur petit déjeuner en attendant la foule grandissante tout au long d'une journée qui se terminera très tard, et avec très peu de pauses. Le calme du matin leur permet de faire le point et échanger d'avec les différents saisonniers qui travaillent dans la même tente. Dans celle-ci, la Schützen-Festzelt, les pourboires sont souvent peu élevés étant donné le jeune âge des participants. Les meilleures places pour les saisonniers sont dans les tentes comme Käfer's et Hippodrom, où les classes les plus aisées ont leurs habitudes. Là-bas, les pourboires peuvent parfois atteindre 200 euros par table, contre 10 à 16 euros dans les plus modestes.

Le matin, les serveuses, que l'on nomme ici les «Wiesn-Bedienung», prennent tranquillement leur petit déjeuner en attendant la foule grandissante tout au long d'une journée qui se terminera très tard, et avec très peu de pauses. Le calme du matin leur permet de faire le point et échanger d'avec les différents saisonniers qui travaillent dans la même tente. Dans celle-ci, la Schützen-Festzelt, les pourboires sont souvent peu élevés étant donné le jeune âge des participants. Les meilleures places pour les saisonniers sont dans les tentes comme Käfer's et Hippodrom, où les classes les plus aisées ont leurs habitudes. Là-bas, les pourboires peuvent parfois atteindre 200 euros par table, contre 10 à 16 euros dans les plus modestes.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.

	Le 21 septembre, jour d'ouverture de la manifestation, environ un millier de personnes attendent à l'entrée peu avant 10 heures, moment où les tentes ouvrent leurs portes. La foule est dense, pressante, râleuse et bruyante. A l'intérieur plane un calme sans vague. Seulement quelques amis ou proches du propriétaire sont déjà installés. Mais ce calme ne durera qu'un temps…

Le 21 septembre, jour d'ouverture de la manifestation, environ un millier de personnes attendent à l'entrée peu avant 10 heures, moment où les tentes ouvrent leurs portes. La foule est dense, pressante, râleuse et bruyante. A l'intérieur plane un calme sans vague. Seulement quelques amis ou proches du propriétaire sont déjà installés. Mais ce calme ne durera qu'un temps…

Crédit: Alexander Roth-Grisard.

	Toute la foule se dirige sur la Theresienwiese, la vaste place où a lieu l'Oktoberfest, à partir de la station de trains de banlieues Hackerbrücke. Sur le chemin, c'est aussi l'occasion de s'acheter un Lederhose (les culottes de peau traditionnelles) ou un Dirdnl (la robe typique) à un prix très attractif, ce qui n'est pas le cas dans le centre-ville de Munich. Les groupes se retrouvent souvent sur ce bout de chemin. Ici, un groupe de jeunes fêtards attend quelques amis sur le pont qui relie le chemin de la station à la «Wies'n», surnom de la Theresienwiese. Ils viennent de s'acheter quelques articles pour parfaire leurs costumes bavarois.

Toute la foule se dirige sur la Theresienwiese, la vaste place où a lieu l'Oktoberfest, à partir de la station de trains de banlieues Hackerbrücke. Sur le chemin, c'est aussi l'occasion de s'acheter un Lederhose (les culottes de peau traditionnelles) ou un Dirdnl (la robe typique) à un prix très attractif, ce qui n'est pas le cas dans le centre-ville de Munich. Les groupes se retrouvent souvent sur ce bout de chemin. Ici, un groupe de jeunes fêtards attend quelques amis sur le pont qui relie le chemin de la station à la «Wies'n», surnom de la Theresienwiese. Ils viennent de s'acheter quelques articles pour parfaire leurs costumes bavarois.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	Dans l'après-midi, nombreux sont les jeunes à vouloir quitter les tentes pour profiter du beau temps à l'extérieur –cette année, le soleil était radieux le jour de l'ouverture. Ici, une jeune fille adossée aux murs de la Schottenhamel, une des tentes, profite de la chaleur pour prendre quelques instants de répit, son téléphone à la main, en attendant ses amis.

Dans l'après-midi, nombreux sont les jeunes à vouloir quitter les tentes pour profiter du beau temps à l'extérieur –cette année, le soleil était radieux le jour de l'ouverture. Ici, une jeune fille adossée aux murs de la Schottenhamel, une des tentes, profite de la chaleur pour prendre quelques instants de répit, son téléphone à la main, en attendant ses amis.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	Le premier dimanche de l'Oktoberfest, c'est le jour des enfants. La Armbrustschützengilde est le moment des familles: ce défilé inaugural est attendu par plus de 120.000 personnes. Souvent, après le défilé, les familles se retrouvent dans les espaces découverts des tentes. Les enfants jouent tandis que leurs parents discutent et s'amusent tout autour.

Le premier dimanche de l'Oktoberfest, c'est le jour des enfants. La Armbrustschützengilde est le moment des familles: ce défilé inaugural est attendu par plus de 120.000 personnes. Souvent, après le défilé, les familles se retrouvent dans les espaces découverts des tentes. Les enfants jouent tandis que leurs parents discutent et s'amusent tout autour.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	A la fin de la journée, les esprits échauffés, bercés par les vapeurs d'alcool, se retrouvent à l'extérieur des Feszelt pour partager des moments de fraternité et de communion typiques de la Fête d'Octobre. Les couples fraîchement formés se découvrent à la lumière du jour, les meilleur(e)s ami(e)s se déclarent leur amitié et les tensions s'exorcisent dans la bonne humeur. On entend souvent parler, venant des participants, de cette «expérience» spirituelle propre à l'Oktoberfest. Derrière la Schottenhamel, largement fréquentée par les jeunes, encore étudiants pour la plupart, ces instants sont particulièrement intenses.

A la fin de la journée, les esprits échauffés, bercés par les vapeurs d'alcool, se retrouvent à l'extérieur des Feszelt pour partager des moments de fraternité et de communion typiques de la Fête d'Octobre. Les couples fraîchement formés se découvrent à la lumière du jour, les meilleur(e)s ami(e)s se déclarent leur amitié et les tensions s'exorcisent dans la bonne humeur. On entend souvent parler, venant des participants, de cette «expérience» spirituelle propre à l'Oktoberfest. Derrière la Schottenhamel, largement fréquentée par les jeunes, encore étudiants pour la plupart, ces instants sont particulièrement intenses.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	Pour le bicentenaire de l'Oktoberfest, en 2010, une nouvelle règle a vu le jour sur la Wiesn: l'interdiction de fumer à l'intérieur des tentes et sur les terrasses. «Plutôt un Prosit qu'une cigarette», affichent les pancartes installées un peu partout dans les tentes, en référence à l'expression allemande signifiant «A votre santé». Malgré cette interdiction, nombreux sont ceux qui bravent la loi. Dans la Schottenhamel, l'ambiance est souvent si intense que beaucoup se cachent sous la scène des «Kapellen», les petits orchestres placés au milieu des tentes, pour griller une blonde.

Pour le bicentenaire de l'Oktoberfest, en 2010, une nouvelle règle a vu le jour sur la Wiesn: l'interdiction de fumer à l'intérieur des tentes et sur les terrasses. «Plutôt un Prosit qu'une cigarette», affichent les pancartes installées un peu partout dans les tentes, en référence à l'expression allemande signifiant «A votre santé». Malgré cette interdiction, nombreux sont ceux qui bravent la loi. Dans la Schottenhamel, l'ambiance est souvent si intense que beaucoup se cachent sous la scène des «Kapellen», les petits orchestres placés au milieu des tentes, pour griller une blonde.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	Dans la Schottenhamel, les jeunes préfèrent s'isoler pour téléphoner que quitter leur place… qu'ils ne seront pas certains de retrouver.

Dans la Schottenhamel, les jeunes préfèrent s'isoler pour téléphoner que quitter leur place… qu'ils ne seront pas certains de retrouver.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	A la nuit tombée, les jeunes couples se retrouvent à l'extérieur, au calme et au frais, pour s'échanger des mots doux et des instants de tendresse. Certains en profitent pour terminer la soirée en écoutant de la musique ou en regardant des photos ou des vidéos avec leur smartphone.

A la nuit tombée, les jeunes couples se retrouvent à l'extérieur, au calme et au frais, pour s'échanger des mots doux et des instants de tendresse. Certains en profitent pour terminer la soirée en écoutant de la musique ou en regardant des photos ou des vidéos avec leur smartphone.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	En fin de soirée, de nombreux couples flirtent ensemble le long des tentes. Alcool aidant, les rencontres sont très rapides durant les jubilés et neuf mois après la fin de la Fête d'Octobre, la ville de Munich relève un fort taux de natalité...

En fin de soirée, de nombreux couples flirtent ensemble le long des tentes. Alcool aidant, les rencontres sont très rapides durant les jubilés et neuf mois après la fin de la Fête d'Octobre, la ville de Munich relève un fort taux de natalité...

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	Juste derrière la Hipodrom Feszelte, une tente très fréquentée par les classes sociales aisées, un couple de jeunes fêtards s'est allongé sur la prairie de la Wiesn pour retrouver un peu de calme avant de rentrer… ou de terminer la soirée encore plus alcoolisés.

Juste derrière la Hipodrom Feszelte, une tente très fréquentée par les classes sociales aisées, un couple de jeunes fêtards s'est allongé sur la prairie de la Wiesn pour retrouver un peu de calme avant de rentrer… ou de terminer la soirée encore plus alcoolisés.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

	On pourrait facilement croire que ces deux jeunes fêtards s'enlacent, ou qu'ils se tiennent pour ne pas vaciller… Aux alentours de minuit, sur le chemin du retour vers la station Hackerbrücke, personne ne leur prêtait attention. Ces deux hommes, ivres, ne parvenaient plus à s'échanger des mots ni à se donner des coups: ils finirent par s'attraper, comme dans un jeu, pour conduire l'un à terre. Quelques mètres plus loin, l'un des hommes tombait, l'autre lui infligeait un coup de pied. Un différend à propos d'une femme les opposait.

On pourrait facilement croire que ces deux jeunes fêtards s'enlacent, ou qu'ils se tiennent pour ne pas vaciller… Aux alentours de minuit, sur le chemin du retour vers la station Hackerbrücke, personne ne leur prêtait attention. Ces deux hommes, ivres, ne parvenaient plus à s'échanger des mots ni à se donner des coups: ils finirent par s'attraper, comme dans un jeu, pour conduire l'un à terre. Quelques mètres plus loin, l'un des hommes tombait, l'autre lui infligeait un coup de pied. Un différend à propos d'une femme les opposait.

Crédit: Alexander Roth-Grisard.  

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