Pendant quarante ans, Ojeikere a compilé des photos de cheveux tressés, tordus et enveloppés
Monde / Culture

Pendant quarante ans, Ojeikere a compilé des photos de cheveux tressés, tordus et enveloppés

«Peu de temps après que le Nigeria a obtenu son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1960, raconte Kim Knoppers, commissaire d'exposition, J. D. 'Okhai Ojeikere s'est lancé dans un remarquable projet auto-assigné: enregistrer systématiquement tous les éléments-clés de la culture nigériane au cours de la transition culturelle postcoloniale du pays.» Jusqu'à sa mort en 2014,  J.D. ‘Okhai Ojeikere a photographié méthodiquement plus de 1.000 coiffures de femmes nigérianes dans son studio. Son travail est actuellement exposé dans le cadre de l'exposition «Structures of Identity. Photography from The Walther Collection» jusqu'au 29 août 2018 au Foam Fotografiemuseum d'Amsterdam.

«L'exposition “Structures d'identité. Photographie de la collection Walther” examine comment les photographes de différentes époques et différents milieux culturels ont utilisé le portrait pour affirmer ou défier les stéréotypes sociaux construits autour des notions de race, de sexe, de classe et de nationalité», explique Kim Knoppers, commissaire de l'exposition.
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris.

«L'exposition “Structures d'identité. Photographie de la collection Walther” examine comment les photographes de différentes époques et différents milieux culturels ont utilisé le portrait pour affirmer ou défier les stéréotypes sociaux construits autour des notions de race, de sexe, de classe et de nationalité», explique Kim Knoppers, commissaire de l'exposition.

«À une époque où les limites de genre, de race, de classe et de nationalité deviennent plus fluides tout en étant en même temps intensément discutées, je pense qu'il est particulièrement important d’organiser des expositions comme celle-ci.»
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris. 

«À une époque où les limites de genre, de race, de classe et de nationalité deviennent plus fluides tout en étant en même temps intensément discutées, je pense qu'il est particulièrement important d’organiser des expositions comme celle-ci.»

«Le travail de ce photographe fait partie de la collection Walther. Il s’agit d’un travail important représentant une partie très spécifique de l'identité nationale des femmes du Nigeria. Peu de temps après que le Nigeria a obtenu son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1960, J. D. 'Okhai Ojeikere s'est lancé dans un remarquable projet auto-assigné: enregistrer systématiquement tous les éléments-clés de la culture nigériane au cours de la transition culturelle postcoloniale du pays.»
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris.

«Le travail de ce photographe fait partie de la collection Walther. Il s’agit d’un travail important représentant une partie très spécifique de l'identité nationale des femmes du Nigeria. Peu de temps après que le Nigeria a obtenu son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne en 1960, J. D. 'Okhai Ojeikere s'est lancé dans un remarquable projet auto-assigné: enregistrer systématiquement tous les éléments-clés de la culture nigériane au cours de la transition culturelle postcoloniale du pays.»

«En 1968, sans aucun programme anthropologique ou scientifique spécifique, il a commencé à documenter une grande variété de coiffures de femmes nigérianes. Pendant ensuite quarante ans, Ojeikere a compilé des photographies de cheveux tressés, tordus et enveloppés, rappelant des sculptures délicates tout en référençant des éléments de la vie nigériane –de différents groupes ethniques aux formes en développement d'espaces urbains du pays.»
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris.

«En 1968, sans aucun programme anthropologique ou scientifique spécifique, il a commencé à documenter une grande variété de coiffures de femmes nigérianes. Pendant ensuite quarante ans, Ojeikere a compilé des photographies de cheveux tressés, tordus et enveloppés, rappelant des sculptures délicates tout en référençant des éléments de la vie nigériane –de différents groupes ethniques aux formes en développement d'espaces urbains du pays.»

«Au Nigeria, les coiffures féminines peuvent avoir un certain nombre de significations et de messages différents. Ces tresses et structures élaborées prennent beaucoup de temps à créer et peuvent marquer des occasions spéciales telles que les mariages et les anniversaires, dénoter une famille ou la provenance d’une région particulière, ou même répondre à des mouvements politiques et artistiques.»
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris.

«Au Nigeria, les coiffures féminines peuvent avoir un certain nombre de significations et de messages différents. Ces tresses et structures élaborées prennent beaucoup de temps à créer et peuvent marquer des occasions spéciales telles que les mariages et les anniversaires, dénoter une famille ou la provenance d’une région particulière, ou même répondre à des mouvements politiques et artistiques.»

J D 'Okhai Ojeikere a passé quarante ans à immortaliser près de 1.000 de ces coiffures, jusqu'à sa mort en 2014. «En plus d'être fasciné par la beauté et la nature de chaque coiffure, il les a documentées pour la postérité», explique son fils, le photographe Amaize Ojeikere.
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris.

J D 'Okhai Ojeikere a passé quarante ans à immortaliser près de 1.000 de ces coiffures, jusqu'à sa mort en 2014. «En plus d'être fasciné par la beauté et la nature de chaque coiffure, il les a documentées pour la postérité», explique son fils, le photographe Amaize Ojeikere.

«Il y a un danger, ajoute-t-il, que ces compétences soient perdues. Et ce, particulièrement aujourd’hui car la jeune génération pense que cela fait partie de la “vieille école”. C'est l'une des raisons pour lesquelles les images ont été prises: pour mettre en valeur la beauté de notre peuple.»
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris.

«Il y a un danger, ajoute-t-il, que ces compétences soient perdues. Et ce, particulièrement aujourd’hui car la jeune génération pense que cela fait partie de la “vieille école”. C'est l'une des raisons pour lesquelles les images ont été prises: pour mettre en valeur la beauté de notre peuple.»

Selon Kim Knoppers, «la série de photographies qu’Ojeikere a prises au cours de sa vie a une importance historique et anthropologique, ainsi qu’une valeur esthétique. C'est une perspective d'initiés sur l'invention d'un nouveau soi social après l'indépendance du Nigeria vis-à-vis de la Grande-Bretagne».
Sans titre [Hairstyles], 1966-75 | J.D. ‘Okhai Ojeikere / courtesy of The Walther Collection et Galerie Magnin-A, Paris.

Selon Kim Knoppers, «la série de photographies qu’Ojeikere a prises au cours de sa vie a une importance historique et anthropologique, ainsi qu’une valeur esthétique. C'est une perspective d'initiés sur l'invention d'un nouveau soi social après l'indépendance du Nigeria vis-à-vis de la Grande-Bretagne».

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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