L'explosion de la mosquée de Mossoul, point final de la destruction d'une ville

Sur une carte de l'agglomération de Mossoul, grande ville du nord de l'Irak, le territoire tenu par l'État islamique ne correspond plus qu'à un petit point noir au milieu des couleurs qui représentent l'armée irakienne et ses alliés: les milices chiites et kurdes. Depuis le début de la bataille de Mossoul, le 17 octobre 2016, les djihadistes ont peu à peu reculé face aux forces de la coalition en perdant tout d'abord la rive droite de la ville, par-delà les eaux du Tigre, le grand fleuve d'Irak, puis en se repliant petit à petit sur les étroites ruelles de la vieille ville. C'est aujourd'hui en ces murs antiques que se battent les derniers combattants de l'Etat islamique qui font face à l'assaut final des forces irakiennes. Signe d'une défaite qui s'annonce, mercredi 21 juin, les djihadistes ont fait exploser la grande mosquée al-Nouri de Mossoul, où leur chef de file Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé l’instauration de son califat en 2014. 

Les combattants de l'État islamique sont désormais retranchés dans la vieille ville de Mossoul, photographiée ici le 24 mai 2017. L'accès y est difficile car le cœur historique de la cité est fait d'un labyrinthe d'étroites ruelles. En juillet 2014, le chef de l'organisation terroriste, Abu Bakr Al Baghdadi, proclamait l'existence d'un califat islamique lors de sa seule apparition publique dans la mosquée de la ville. 

Les combattants de l'État islamique sont désormais retranchés dans la vieille ville de Mossoul, photographiée ici le 24 mai 2017. L'accès y est difficile car le cœur historique de la cité est fait d'un labyrinthe d'étroites ruelles. En juillet 2014, le chef de l'organisation terroriste, Abu Bakr Al Baghdadi, proclamait l'existence d'un califat islamique lors de sa seule apparition publique dans la mosquée de la ville. 

Crédit: Ahmad al-Rubaye / AFP
Le minaret penché de la mosquée d'al-Nouri, surnommé parfois «Le Bossu», était célèbre pour sa forme et quasiment millénaire, datant de 1172. Il avait survécu à la destruction de la mosquée et demeurait le seul bâtiment d'époque suite à la reconstruction du complexe religieux en 1942. La photo prise ici date du 19 juin et est l'une des dernières avant sa destruction. «Nos forces étaient en train d’avancer (...) dans la vieille ville et lorsqu’elles sont arrivées à 50 mètres de la mosquée al-Nouri, Daech a commis un nouveau crime historique en faisant exploser la mosquée al-Nouri et al-Hadba», a déclaré dans un communiqué le général Abdulamir Yarallah, le commandant irakien responsable de l’offensive de Mossoul. 

Le minaret penché de la mosquée d'al-Nouri, surnommé parfois «Le Bossu», était célèbre pour sa forme et quasiment millénaire, datant de 1172. Il avait survécu à la destruction de la mosquée et demeurait le seul bâtiment d'époque suite à la reconstruction du complexe religieux en 1942. La photo prise ici date du 19 juin et est l'une des dernières avant sa destruction. «Nos forces étaient en train d’avancer (...) dans la vieille ville et lorsqu’elles sont arrivées à 50 mètres de la mosquée al-Nouri, Daech a commis un nouveau crime historique en faisant exploser la mosquée al-Nouri et al-Hadba», a déclaré dans un communiqué le général Abdulamir Yarallah, le commandant irakien responsable de l’offensive de Mossoul. 

Crédit: Mohamed EL-SHAHED / AFP
Avant que les combattants djihadistes ne s'emparent de la ville après quatre jours de combats du 6 au 10 juin 2014, Mossoul, deuxième ville d'Irak, était une cité commerçante relativement prospère au cœur de la plaine de Ninive dans le nord du pays. La ville est parfois nommée Oumou Rabïain, qui en arabe signifie littéralement «mère de deux printemps». Elle bénéficie, en effet, en automne d'une deuxième saison printanière. Ici, un parc d'attractions en banlieue de Mossoul en octobre 2013.

Avant que les combattants djihadistes ne s'emparent de la ville après quatre jours de combats du 6 au 10 juin 2014, Mossoul, deuxième ville d'Irak, était une cité commerçante relativement prospère au cœur de la plaine de Ninive dans le nord du pays. La ville est parfois nommée Oumou Rabïain, qui en arabe signifie littéralement «mère de deux printemps». Elle bénéficie, en effet, en automne d'une deuxième saison printanière. Ici, un parc d'attractions en banlieue de Mossoul en octobre 2013.

Crédit: RAAD AL-JAMAS / AFP
Le 10 juin 2014, l'armée irakienne fuit la ville devant l'avancée l'État islamique allié à des milices sunnites, laissant la population livrée à son propre sort. Plus de 500.000 habitants quittent Mossoul dans la précipitation. Dans les jours qui suivent, l'EI massacre de nombreux chiites dans Mossoul. Sur la photo, une uniforme abandonnée par un soldat de l'armée irakienne à un check-point. 

Le 10 juin 2014, l'armée irakienne fuit la ville devant l'avancée l'État islamique allié à des milices sunnites, laissant la population livrée à son propre sort. Plus de 500.000 habitants quittent Mossoul dans la précipitation. Dans les jours qui suivent, l'EI massacre de nombreux chiites dans Mossoul. Sur la photo, une uniforme abandonnée par un soldat de l'armée irakienne à un check-point. 

Crédit: SAFIN HAMED / AFP
Le 17 octobre 2016, les troupes irakiennes lancent l'assaut contre les positions de l'État islamique dans la banlieue est de Mossoul. Les habitants fuient une nouvelle fois la guerre. Pour le gouvernement irakien, la reconquête de Mossoul est stratégique, à la fois d'un point de vue économique comme symbolique. 

Le 17 octobre 2016, les troupes irakiennes lancent l'assaut contre les positions de l'État islamique dans la banlieue est de Mossoul. Les habitants fuient une nouvelle fois la guerre. Pour le gouvernement irakien, la reconquête de Mossoul est stratégique, à la fois d'un point de vue économique comme symbolique. 

Crédit: AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Quand le Premier ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, annonçait en direct à la télévision nationale, dans la nuit du 16 au 17 octobre, le début de l'offensive sur Mossoul, il espérait une victoire d'ici la fin de l'année. Mais la deuxième ville d'Irak est une forteresse. Après une avancée relativement rapide à l'est, dans les villages voisins de Mossoul, les troupes irakiennes ont été freinées dans la banlieue par la défense acharnée des combattants de l'EI. Par vague, des kamikazes se sont précipités à bord de voitures bourrées d'explosifs sur les positions des forces irakiennes. La ville s'est également révélée être un labyrinthe où chaque pâté de maisons peut abriter des snipers. Les positions durement gagnées y sont difficiles à sécuriser. 

Quand le Premier ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, annonçait en direct à la télévision nationale, dans la nuit du 16 au 17 octobre, le début de l'offensive sur Mossoul, il espérait une victoire d'ici la fin de l'année. Mais la deuxième ville d'Irak est une forteresse. Après une avancée relativement rapide à l'est, dans les villages voisins de Mossoul, les troupes irakiennes ont été freinées dans la banlieue par la défense acharnée des combattants de l'EI. Par vague, des kamikazes se sont précipités à bord de voitures bourrées d'explosifs sur les positions des forces irakiennes. La ville s'est également révélée être un labyrinthe où chaque pâté de maisons peut abriter des snipers. Les positions durement gagnées y sont difficiles à sécuriser. 

Crédit: AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Une large partie de la banlieue de Mossoul a également fait l'objet d'âpres combats destructeurs. Un soldat d'une milice chrétienne, l'Unité de protection de la plaine de Ninive, monte ici la garde dans la ville de Qaraqosh à 30 kilomètres à l'est de Mossoul, le 3 mars 2017. 

Une large partie de la banlieue de Mossoul a également fait l'objet d'âpres combats destructeurs. Un soldat d'une milice chrétienne, l'Unité de protection de la plaine de Ninive, monte ici la garde dans la ville de Qaraqosh à 30 kilomètres à l'est de Mossoul, le 3 mars 2017. 

Crédit: ARIS MESSINIS / AFP
Une patrouille de l'armée irakienne dans la partie ouest de la ville, le 8 mars 2017. Ce secteur de Mossoul a été progressivement repris par les troupes de la coalition depuis le début de l'année. Les lourds combats contre les djihadistes ont laissé place à des ruines.

Une patrouille de l'armée irakienne dans la partie ouest de la ville, le 8 mars 2017. Ce secteur de Mossoul a été progressivement repris par les troupes de la coalition depuis le début de l'année. Les lourds combats contre les djihadistes ont laissé place à des ruines.

Crédit: ARIS MESSINIS / AFP
Un quartier détruit de la partie ouest de la ville, le 8 mars 2017. L'aviation américaine a bombardé les positions de l'État islamique dans Mossoul pour faciliter l'avancée de l'armée irakienne. 

Un quartier détruit de la partie ouest de la ville, le 8 mars 2017. L'aviation américaine a bombardé les positions de l'État islamique dans Mossoul pour faciliter l'avancée de l'armée irakienne. 

Crédit: ARIS MESSINIS / AFP
Des dizaines de milliers d'habitants sont pris au piège par les combattants de l'État islamique dans la vieille ville. L'organisation terroriste se sert de la population comme bouclier humain face aux bombardements. Une famille fuit ici les combats, le 6 avril 2017. 

Des dizaines de milliers d'habitants sont pris au piège par les combattants de l'État islamique dans la vieille ville. L'organisation terroriste se sert de la population comme bouclier humain face aux bombardements. Une famille fuit ici les combats, le 6 avril 2017. 

Crédit: Mahmud SALEH / AFP
La semaine dernière, plus de 10.000 personnes ont fui, chaque jour, la vieille ville et le Nord-Ouest de Mossoul, d'après l'ONU. Ici, un soldat irakien dans le quartier d'al-Zingili, le 1er juin 2017

La semaine dernière, plus de 10.000 personnes ont fui, chaque jour, la vieille ville et le Nord-Ouest de Mossoul, d'après l'ONU. Ici, un soldat irakien dans le quartier d'al-Zingili, le 1er juin 2017

Crédit: KARIM SAHIB / AFP

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