«Les histoires que je découvrais semblaient dériver de substances provenant du sol»
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«Les histoires que je découvrais semblaient dériver de substances provenant du sol»

«Je pense que la région m'a intriguée instinctivement parce que je savais très peu de choses à son sujet, raconte Chloe Dewe Mathews. Les histoires que je découvrais semblaient dériver de substances provenant du sol. Plus important encore, la présence de pétrole et de gaz naturel a façonné l’économie et la géopolitique de certains pays tels que l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan ou l’Iran.» Cette photographe a rassemblé ses cinq années de travail autour de la mer Caspienne dans un livre intitulé Caspian: The Elements, paru en octobre 2018 et copublié par Aperture et Peabody Museum Press.

«En 2010, j'ai passé dix mois en auto-stop avec mon mari pour revenir de Chine en Grande-Bretagne. Notre voyage nous a conduits à travers l’Asie centrale, dans des pays que nous ne connaissions pas beaucoup. Pour traverser la région, nous avons également dû attendre près de la mer Caspienne. Nous sommes restés dix jours à Aktaou, au Kazakhstan, dans l'attente d'un porte-conteneurs pour nous faire traverser la mer.»
Chloe Dewe Mathews / Aperture and Peabody Museum Press

«En 2010, j'ai passé dix mois en auto-stop avec mon mari pour revenir de Chine en Grande-Bretagne. Notre voyage nous a conduits à travers l’Asie centrale, dans des pays que nous ne connaissions pas beaucoup. Pour traverser la région, nous avons également dû attendre près de la mer Caspienne. Nous sommes restés dix jours à Aktaou, au Kazakhstan, dans l'attente d'un porte-conteneurs pour nous faire traverser la mer.»

«À ce moment-là, deux histoires ont éveillé mon intérêt. L'une d'entre elles concernait un cimetière situé sur la côte dans lequel des travailleurs migrants ouzbeks construisaient des mausolées pour la nouvelle classe moyenne enrichie par le pétrole. Cette étincelle initiale s'est transformée en un projet de cinq ans, avec des voyages répétés dans la région, puis j'ai eu la chance de travailler ces deux dernières années avec Aperture et Peabody Museum Press afin de mettre ce projet sous forme de livre.»
Lac de Koshkar-Ata, Kazakhstan, 2010 | Chloe Dewe Mathews / Aperture and Peabody Museum Press

«À ce moment-là, deux histoires ont éveillé mon intérêt. L'une d'entre elles concernait un cimetière situé sur la côte dans lequel des travailleurs migrants ouzbeks construisaient des mausolées pour la nouvelle classe moyenne enrichie par le pétrole. Cette étincelle initiale s'est transformée en un projet de cinq ans, avec des voyages répétés dans la région, puis j'ai eu la chance de travailler ces deux dernières années avec Aperture et Peabody Museum Press afin de mettre ce projet sous forme de livre.»

«Je pense que la région m'a intriguée instinctivement parce que je savais très peu de choses à son sujet. Le mélange culturel m'a fascinée, ainsi que l’identité changeante de la région liée au pétrole, au gaz et à d’autres ressources très recherchées. Sur cette photo, on voit “la porte vers l'enfer”. En 1971, des géologues soviétiques étaient en train de forer dans le désert turkmène lorsque la terre a cédé en dessous d'eux, laissant un cratère émetteur de gaz nocif de soixante-dix mètres de large. Ils ont enflammé le gaz pour essayer de brûler l'excès, mais le cratère est en flammes depuis.»
Darvaza, Turkménistan, 2012 | Chloe Dewe Mathews / Aperture and Peabody Museum Press

«Je pense que la région m'a intriguée instinctivement parce que je savais très peu de choses à son sujet. Le mélange culturel m'a fascinée, ainsi que l’identité changeante de la région liée au pétrole, au gaz et à d’autres ressources très recherchées. Sur cette photo, on voit “la porte vers l'enfer”. En 1971, des géologues soviétiques étaient en train de forer dans le désert turkmène lorsque la terre a cédé en dessous d'eux, laissant un cratère émetteur de gaz nocif de soixante-dix mètres de large. Ils ont enflammé le gaz pour essayer de brûler l'excès, mais le cratère est en flammes depuis.»

«J'ai vite compris à quel point la région était riche en ressources et c'est devenu la base de mon projet. Les histoires que je découvrais semblaient dériver de substances provenant du sol. Plus important encore, la présence de pétrole et de gaz naturel a façonné l’économie et la géopolitique de certains pays tels que l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan ou l’Iran. La mer elle-même représente une sorte de tampon aqueux qu’aucun pays ne possède. Plus j’explorais, plus je réalisais que la puissance de la géologie avait également un impact sur des aspects plus subtils de la vie des gens… sur leurs loisirs et leurs rituels quotidiens.»
Les Flame Towers de Bakou, Azerbaïdjan. | Chloe Dewe Mathews / Aperture and Peabody Museum Press

«J'ai vite compris à quel point la région était riche en ressources et c'est devenu la base de mon projet. Les histoires que je découvrais semblaient dériver de substances provenant du sol. Plus important encore, la présence de pétrole et de gaz naturel a façonné l’économie et la géopolitique de certains pays tels que l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan ou l’Iran. La mer elle-même représente une sorte de tampon aqueux qu’aucun pays ne possède. Plus j’explorais, plus je réalisais que la puissance de la géologie avait également un impact sur des aspects plus subtils de la vie des gens… sur leurs loisirs et leurs rituels quotidiens.»

«Au fur et à mesure que je rassemblais des informations, je commençais à voir certaines histoires concernant la gamme de substances sortant de la terre et je les ai définies en tant qu'“éléments". Cela semblait être un moyen particulièrement efficace pour organiser les photographies sous forme de livre, créer du rythme et des relations intéressantes entre des histoires qui parfois n’avaient pas de lien entre elles. Je ne m'intéressais pas aux frontières nationales, mais plutôt à un paysage partagé, défini par sa géologie et ses relations avec les gens. Sur cette photo, on voit Albina Visilova qui se rend souvent au Sanatorium de Naftalan.»
Naftalan, Azerbaïdjan, 2010 | Chloe Dewe Mathews / Aperture and Peabody Museum Press

«Au fur et à mesure que je rassemblais des informations, je commençais à voir certaines histoires concernant la gamme de substances sortant de la terre et je les ai définies en tant qu'“éléments". Cela semblait être un moyen particulièrement efficace pour organiser les photographies sous forme de livre, créer du rythme et des relations intéressantes entre des histoires qui parfois n’avaient pas de lien entre elles. Je ne m'intéressais pas aux frontières nationales, mais plutôt à un paysage partagé, défini par sa géologie et ses relations avec les gens. Sur cette photo, on voit Albina Visilova qui se rend souvent au Sanatorium de Naftalan.»

«L'un des plus gros défis de ce projet était de mettre tout sur les pellicules. Particulièrement lors du premier voyage en auto-stop et en camping, nous devions garder des bagages légers. Cela signifiait que je devais être très économique sur le nombre de photos que je prenais. Il me fallait réfléchir et éditer avant de prendre la photo, et non pas après. Chaque hiver, le jour de l'Épiphanie, des membres de l'Église orthodoxe se plongent dans la Volga pour se souvenir du baptême du Christ.»
Astrakhan, Russie, 2012 | Chloe Dewe Mathews / Aperture and Peabody Museum Press

«L'un des plus gros défis de ce projet était de mettre tout sur les pellicules. Particulièrement lors du premier voyage en auto-stop et en camping, nous devions garder des bagages légers. Cela signifiait que je devais être très économique sur le nombre de photos que je prenais. Il me fallait réfléchir et éditer avant de prendre la photo, et non pas après. Chaque hiver, le jour de l'Épiphanie, des membres de l'Église orthodoxe se plongent dans la Volga pour se souvenir du baptême du Christ.»

«Une autre difficulté était de voyager dans des zones où les autorités soupçonnaient facilement une femme seule avec un appareil photo. J'ai été arrêtée plusieurs fois mais cela n'a jamais abouti. C'est toujours des autorités dont je dois me méfier, et non des gens. Sur cette photo, on voit par exempe des soldats azerbaïdjanais qui posent des questions à un homme.»
Lankaran, Azerbaïdjan, 2010 | Chloe Dewe Mathews / Aperture and Peabody Museum Press

«Une autre difficulté était de voyager dans des zones où les autorités soupçonnaient facilement une femme seule avec un appareil photo. J'ai été arrêtée plusieurs fois mais cela n'a jamais abouti. C'est toujours des autorités dont je dois me méfier, et non des gens. Sur cette photo, on voit par exempe des soldats azerbaïdjanais qui posent des questions à un homme.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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