«À la fin de leur cursus, on leur tend leur diplôme et leur planche de skate»
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«À la fin de leur cursus, on leur tend leur diplôme et leur planche de skate»

C’était un monde à part. Les skateuses et skateurs ont longtemps pratiqué leur sport à la marge. Sur leurs planches, elles et ils hantaient les villes autant qu’elles et ils les enchantaient. C’était leurs codes, c’était leurs règles. Leur univers. Bientôt, les regards du monde entier seront braqués sur eux. Cette fois, leur scène sera mondiale lors des Jeux olympiques de Tokyo en 2020, les premiers auxquels participera le skateboard.

Elles semblent loin, ces années 1980 où le magazine Trasher, la référence dans le monde du skate, affichait fièrement le slogan «Skate and Destroy». Depuis, ce sport né dans la rue s’est professionnalisé. Pour beaucoup, il est même devenu un métier. Aujourd’hui, que reste-t-il d’alternatif au skateboard?
Figure de l’Italien Alessandro Mazzara. | Sofian Aissaoui

Elles semblent loin, ces années 1980 où le magazine Trasher, la référence dans le monde du skate, affichait fièrement le slogan «Skate and Destroy». Depuis, ce sport né dans la rue s’est professionnalisé. Pour beaucoup, il est même devenu un métier. Aujourd’hui, que reste-t-il d’alternatif au skateboard?

Avec son entrée aux Jeux olympiques, ce sport venu des États-Unis est amené à se populariser plus que jamais. Certaines villes ont même compris l’intérêt d’investir dans le skateboard. Car oui, les skateurs et skateuses sont aujourd’hui devenues les «troupes de choc de la gentrification». 

La ville de Malmö en Suède a fait le pari de croire en ce sport. Un pari gagnant dont elle est fière. Dans la ville, le skateboard a redonné vie à des lieux parfois oubliés, abandonnés. La semaine dernière, les Vans Park Series, compétition européenne de skate, s’y tenaient. Reportage à Malmö, l’une des villes les plus «skate-friendly» d’Europe.
L’attention médiatique pour les skateurs et skateuses ne fera que grossir jusqu’aux Jeux olympiques de 2020. | Sofian Aissaoui

Avec son entrée aux Jeux olympiques, ce sport venu des États-Unis est amené à se populariser plus que jamais. Certaines villes ont même compris l’intérêt d’investir dans le skateboard. Car oui, les skateurs et skateuses sont aujourd’hui devenues les «troupes de choc de la gentrification»

La ville de Malmö en Suède a fait le pari de croire en ce sport. Un pari gagnant dont elle est fière. Dans la ville, le skateboard a redonné vie à des lieux parfois oubliés, abandonnés. La semaine dernière, les Vans Park Series, compétition européenne de skate, s’y tenaient. Reportage à Malmö, l’une des villes les plus «skate-friendly» d’Europe.

Shani Bru s’apprête à s’élancer sur le skatepark de Malmö, construit par Vans pour la ville. La Française originaire de Bergerac fait figure de favorite dans cette épreuve dont elle décrochait la deuxième place l’an dernier. Elle a trente secondes pour convaincre. Le temps d’un «run». Sa vitesse, son style et surtout ses figures seront scrutées. Cette année, elle compte bien monter d’une marche le podium pour atteindre la première place. Mais il y a eu comme un problème...
La Française Shani Bru porte des tatouages sur les deux bras. Sur l’un deux, il est notamment inscrit «Trasher», du nom du célèbre magazine. | Sofian Aissaoui

Shani Bru s’apprête à s’élancer sur le skatepark de Malmö, construit par Vans pour la ville. La Française originaire de Bergerac fait figure de favorite dans cette épreuve dont elle décrochait la deuxième place l’an dernier. Elle a trente secondes pour convaincre. Le temps d’un «run». Sa vitesse, son style et surtout ses figures seront scrutées. Cette année, elle compte bien monter d’une marche le podium pour atteindre la première place. Mais il y a eu comme un problème...

«Ah bah voilà tu as enfin retrouvé le sourire!» lui lancent quelques autres skateurs. La semaine de Shani a été compliquée. «Ils ont perdu mon bagage à l’aéroport», raconte-t-elle. À l’intérieur, ses tenues. Celles qui font sa marque de fabrique. Et surtout, sa planche de skate. Ne lui dites surtout pas qu’il suffit de s’en procurer une autre. «Ma planche, c’est ma moitié!»

Shani entretient un rapport quasi sentimental avec sa planche, sa «board», comme elle l’appelle. «C’est comme si mes pieds y étaient soudés. J’ai manqué la compet’ du Prado à Marseille pour venir à celle de Malmö... Il y a encore vingt-quatre heures, je ne pensais même plus faire cette compétition tellement j’étais dépitée...» À l’écouter, on comprend l’investissement qu’il y a à s’engager dans une carrière comme celle-ci.
Shani Bru pendant son run. | Sofian Aissaoui

«Ah bah voilà tu as enfin retrouvé le sourire!» lui lancent quelques autres skateurs. La semaine de Shani a été compliquée. «Ils ont perdu mon bagage à l’aéroport», raconte-t-elle. À l’intérieur, ses tenues. Celles qui font sa marque de fabrique. Et surtout, sa planche de skate. Ne lui dites surtout pas qu’il suffit de s’en procurer une autre. «Ma planche, c’est ma moitié!»

Shani entretient un rapport quasi sentimental avec sa planche, sa «board», comme elle l’appelle. «C’est comme si mes pieds y étaient soudés. J’ai manqué la compet’ du Prado à Marseille pour venir à celle de Malmö... Il y a encore vingt-quatre heures, je ne pensais même plus faire cette compétition tellement j’étais dépitée...» À l’écouter, on comprend l’investissement qu’il y a à s’engager dans une carrière comme celle-ci.

«Dans le skate, on met sa personnalité, on met même ses sentiments. Et ça se ressent quand on skate.» Sur son bras, la jeune femme arbore l’inscription «Fight like a girl». Les mots soulignent les rebords d’un pistolet... muni d’un silencieux.

«Je ne veux pas faire la féministe, mais franchement on a du mérite. Moi, là où je skate beaucoup, c’est à Bordeaux. Avant quand j’arrivais, tous les mecs me regardaient. À chaque fois, il fallait que j’impose un truc, que je fasse une belle figure meilleure que la leur pour les calmer», raconte-t-elle en tapotant sur le clavier de son téléphone pour envoyer des messages à sa famille restée en France.
Shani Bru, au milieu, est arrivée en troisième position cette année. À sa droite, la Marseillaise Chloé Bernard admire sa médaille de bronze. À sa gauche, son coach. | Sofian Aissaoui

«Dans le skate, on met sa personnalité, on met même ses sentiments. Et ça se ressent quand on skate.» Sur son bras, la jeune femme arbore l’inscription «Fight like a girl». Les mots soulignent les rebords d’un pistolet... muni d’un silencieux.

«Je ne veux pas faire la féministe, mais franchement on a du mérite. Moi, là où je skate beaucoup, c’est à Bordeaux. Avant quand j’arrivais, tous les mecs me regardaient. À chaque fois, il fallait que j’impose un truc, que je fasse une belle figure meilleure que la leur pour les calmer», raconte-t-elle en tapotant sur le clavier de son téléphone pour envoyer des messages à sa famille restée en France.

«Aujourd’hui, les filles se font respecter aussi parce que le monde du skate a compris qu’il fallait envoyer des signes d’égalité. Par exemple, les Prize money [l’argent gagné après une compétition, ndlr] sont les mêmes dans pas mal de compétitions aujourd’hui, ce qui n’était pas forcément le cas encore l’an dernier. Ça envoie un signe fort: ça veut dire qu’on est considérées de la même manière.»

Shani fait partie de ces skateuses qui voient d’un œil positif l’arrivée de ce sport aux Jeux olympiques. «Pour moi c’est une bonne nouvelle, car ça construira des skateparks, ça permettra d’attirer de nouveaux sponsors... Ça monte le skate vers le haut, ça monte la performance», énonce-t-elle. 

Pour elle qui est en équipe de France, participer aux JO serait une fierté. Même si l'univers du skate est divisé à ce sujet. «Je sais bien que ce n’est pas l’avis de tout le monde. Mais on n'empêchera personne de skater dans la rue...»
L’Américaine Jordyn Barratt a gagné la compétition des VPS cette année. Elle partira pour la finale à Shanghaï le 27 octobre. | Sofian Aissaoui

«Aujourd’hui, les filles se font respecter aussi parce que le monde du skate a compris qu’il fallait envoyer des signes d’égalité. Par exemple, les Prize money [l’argent gagné après une compétition, ndlr] sont les mêmes dans pas mal de compétitions aujourd’hui, ce qui n’était pas forcément le cas encore l’an dernier. Ça envoie un signe fort: ça veut dire qu’on est considérées de la même manière.»

Shani fait partie de ces skateuses qui voient d’un œil positif l’arrivée de ce sport aux Jeux olympiques. «Pour moi c’est une bonne nouvelle, car ça construira des skateparks, ça permettra d’attirer de nouveaux sponsors... Ça monte le skate vers le haut, ça monte la performance», énonce-t-elle. 

Pour elle qui est en équipe de France, participer aux JO serait une fierté. Même si l'univers du skate est divisé à ce sujet. «Je sais bien que ce n’est pas l’avis de tout le monde. Mais on n'empêchera personne de skater dans la rue...»

La rue. C’est bien là que sont nées les skateuses et skateurs. Les «surfeurs d’asphalte», comme certains les appelleront, sont issus de la volonté des surfeurs américains de retrouver la sensation des vagues de Californie. Le skate était une manière pour les jeunes de reprendre possession de leur ville.

En Suède, si Malmö est la ville qui a vu naître Zlatan Ibrahimović, elle est aussi celle qui a servi de laboratoire à une manière différente d’approcher la pratique du skateboard. «C’est l’une des villes les plus “skate-friendly” d’Europe. Dans le monde entier on nous connaît pour ça», raconte Gustav Eden.

L’homme est un adjoint comme on en trouve très peu dans les mairies: son poste est dédié au skateboard. «Je suis sûrement le seul à faire ce boulot en Europe!» rit-il. Malmö est une ville qui a tout misé sur ce sport. «Le budget que l’on y consacre est assez conséquent, confie Gustav Eden. Mais ça vaut vraiment le coup quand on prend la mesure de tout ce que ça nous apporte.»
L’Américain Willy Lara glisse sur le mobilier urbain de la ville de Malmö. | Sofian Aissaoui

La rue. C’est bien là que sont nées les skateuses et skateurs. Les «surfeurs d’asphalte», comme certains les appelleront, sont issus de la volonté des surfeurs américains de retrouver la sensation des vagues de Californie. Le skate était une manière pour les jeunes de reprendre possession de leur ville.

En Suède, si Malmö est la ville qui a vu naître Zlatan Ibrahimović, elle est aussi celle qui a servi de laboratoire à une manière différente d’approcher la pratique du skateboard. «C’est l’une des villes les plus “skate-friendly” d’Europe. Dans le monde entier on nous connaît pour ça», raconte Gustav Eden.

L’homme est un adjoint comme on en trouve très peu dans les mairies: son poste est dédié au skateboard. «Je suis sûrement le seul à faire ce boulot en Europe!» rit-il. Malmö est une ville qui a tout misé sur ce sport. «Le budget que l’on y consacre est assez conséquent, confie Gustav Eden. Mais ça vaut vraiment le coup quand on prend la mesure de tout ce que ça nous apporte.»

Les politiques de la ville liées au skate se sont développées en même temps que le sport a commencé à gagner en notoriété. «Je suis de la génération Tony Hawk», explique notamment Sam Beckett. Cet Anglais de 26 ans, l’une des figures les plus en vogue de sa génération, a fait ses premières glisses sur le bitume de Norwich (Angleterre). La ville n’était de toute évidence pas faite pour les skateurs. C’est donc à partir de ses 18 ans qu’il a pu prendre pleinement possession de l'espace urbain, en s’envolant pour la Californie.

Certaines villes ont aujourd’hui compris l’intérêt de donner aux skateuses et skateurs un espace dans lequel ils peuvent librement pratiquer ce sport. C’est aussi une manière de mieux les contenir. Malmö est prise en exemple par des communes françaises, comme Bordeaux, où le skateboard s’est énormément développé.

«On a déjà été en contact avec le milieu du skate à Bordeaux, ça nous flatte que certains nous prennent comme exemple», témoigne Gustav Eden. D'après lui, les skateuses et skateurs existent à Malmö depuis les années 1970. Ce n’est qu’après quelques décennies que la ville les a intégrés dans sa politique. «Le skateboard aide les jeunes, donne de la vie à l’espace public et parfois même à des endroits qui étaient délaissés», précise Gustav Eden.
Sofian Aissaoui

Les politiques de la ville liées au skate se sont développées en même temps que le sport a commencé à gagner en notoriété. «Je suis de la génération Tony Hawk», explique notamment Sam Beckett. Cet Anglais de 26 ans, l’une des figures les plus en vogue de sa génération, a fait ses premières glisses sur le bitume de Norwich (Angleterre). La ville n’était de toute évidence pas faite pour les skateurs. C’est donc à partir de ses 18 ans qu’il a pu prendre pleinement possession de l'espace urbain, en s’envolant pour la Californie.

Certaines villes ont aujourd’hui compris l’intérêt de donner aux skateuses et skateurs un espace dans lequel ils peuvent librement pratiquer ce sport. C’est aussi une manière de mieux les contenir. Malmö est prise en exemple par des communes françaises, comme Bordeaux, où le skateboard s’est énormément développé.

«On a déjà été en contact avec le milieu du skate à Bordeaux, ça nous flatte que certains nous prennent comme exemple», témoigne Gustav Eden. D'après lui, les skateuses et skateurs existent à Malmö depuis les années 1970. Ce n’est qu’après quelques décennies que la ville les a intégrés dans sa politique. «Le skateboard aide les jeunes, donne de la vie à l’espace public et parfois même à des endroits qui étaient délaissés», précise Gustav Eden.

Si Malmö a décidé d’investir dans le skateboard, c’est aussi pour l’évolution que ce sport est capable de donner à une ville. Cette gentrification par le skate a même été théorisée par Ocean Howell, professeur d'histoire de l'architecture à l'Université de l'Oregon. Selon lui, les skateboarders sont des «troupes de choc de la gentrification».

«On ne va pas se mentir, la ville n’avait pas grand-chose pour les attirer il y a encore vingt ans, je pense à l’architecture notamment, se souvient Gustav Eden. À Malmö, on a fait le pari de faire confiance aux skateurs. Plutôt que de leur imposer des règles, on a préféré les autoriser à pratiquer leur passion. Et ça a fonctionné: les skateurs ont appris à devenir de bon partenaires.»

Malmö ne s’est pas contentée d’offrir à ses skateuses et skateurs l’espace d’une ville. Elle accueille également un lycée, l’un des seuls dans le monde, où le skate est enseigné comme n’importe quelle autre discipline.
Petar et Hassan sont deux jeunes de 12 ans. Ils habitent le quartier d’à côté et viennent skater toutes les semaines ici. | Sofian Aissaoui

Si Malmö a décidé d’investir dans le skateboard, c’est aussi pour l’évolution que ce sport est capable de donner à une ville. Cette gentrification par le skate a même été théorisée par Ocean Howell, professeur d'histoire de l'architecture à l'Université de l'Oregon. Selon lui, les skateboarders sont des «troupes de choc de la gentrification».

«On ne va pas se mentir, la ville n’avait pas grand-chose pour les attirer il y a encore vingt ans, je pense à l’architecture notamment, se souvient Gustav Eden. À Malmö, on a fait le pari de faire confiance aux skateurs. Plutôt que de leur imposer des règles, on a préféré les autoriser à pratiquer leur passion. Et ça a fonctionné: les skateurs ont appris à devenir de bon partenaires.»

Malmö ne s’est pas contentée d’offrir à ses skateuses et skateurs l’espace d’une ville. Elle accueille également un lycée, l’un des seuls dans le monde, où le skate est enseigné comme n’importe quelle autre discipline.

«On a des jeunes qui viennent de toute la Suède, de la Norvège, du Danemark… et même des îles Féroé!» lance John Dahlquist, principal-adjoint du lycée. À Bryggeriets, le bruit des roues des skateboards se mêle à celui des casiers qui se ferment. Les élèves portent casquette et bonnet dans les couloirs.

Et quand elles et ils entrent dans la classe, ils le gardent sur la tête. On retrouve ici toute la «coolitude» revendiquée dans le monde du skate. À cela près que nous sommes dans une institution scolaire.
Le lycée Bryggeriets propose un cursus de trois ans dans lequel le skate est pleinement intégré à la scolarité. | Sofian Aissaoui

«On a des jeunes qui viennent de toute la Suède, de la Norvège, du Danemark… et même des îles Féroé!» lance John Dahlquist, principal-adjoint du lycée. À Bryggeriets, le bruit des roues des skateboards se mêle à celui des casiers qui se ferment. Les élèves portent casquette et bonnet dans les couloirs.

Et quand elles et ils entrent dans la classe, ils le gardent sur la tête. On retrouve ici toute la «coolitude» revendiquée dans le monde du skate. À cela près que nous sommes dans une institution scolaire.

«Ici, on ne fait pas que leur apprendre des dates ou des connaissances. On les prépare aussi à la société. On en fait des étudiants capables de réfléchir de manière critique au sein d’une démocratie. C’est notre grand défi: faire en sorte que quand nos élèves franchissent les portes de cette école, ils comprennent que ce qu’ils vont apprendre leur sera utile dans la vie.» 

Près de la moitié des 150 élèves apprennent le skate comme n’importe quelle autre matière. Cela va de l’aspect purement sportif à l’aspect plus visuel, comme la maîtrise de son image. «La salle de classe est en reconstruction», indique John, pointant du doigt un immense espace où l’on aperçoit les débuts d’un skatepark.
En t-shirt orange, John Dahlquist se confond avec ses élèves. Skateur lui aussi, il représente une figure à laquelle les jeunes peuvent s’identifier. | Sofian Aissaoui

«Ici, on ne fait pas que leur apprendre des dates ou des connaissances. On les prépare aussi à la société. On en fait des étudiants capables de réfléchir de manière critique au sein d’une démocratie. C’est notre grand défi: faire en sorte que quand nos élèves franchissent les portes de cette école, ils comprennent que ce qu’ils vont apprendre leur sera utile dans la vie.»

Près de la moitié des 150 élèves apprennent le skate comme n’importe quelle autre matière. Cela va de l’aspect purement sportif à l’aspect plus visuel, comme la maîtrise de son image. «La salle de classe est en reconstruction», indique John, pointant du doigt un immense espace où l’on aperçoit les débuts d’un skatepark.

C’est une micro-société que les équipes pédagogiques ont ainsi recréée depuis 2006 au sein de l’école, où les jeunes sont encouragés à être eux-mêmes. Si les élèves aiment le skateboard, pourquoi ne pourraient-ils pas apporter leurs planches de skate avec eux? S’ils souhaitent porter un bonnet ou une casquette, en quoi cela va-t-il les empêcher d’apprendre? «L’école ne devrait pas être un fardeau. C’est pourquoi ici on ne base pas notre enseignement sur l’autorité. Et ça marche puisque l’on n'a aucun problème de harcèlement scolaire, par exemple.»
Les élèves peuvent apporter leurs planches de skate en cours. | Sofian Aissaoui

C’est une micro-société que les équipes pédagogiques ont ainsi recréée depuis 2006 au sein de l’école, où les jeunes sont encouragés à être eux-mêmes. Si les élèves aiment le skateboard, pourquoi ne pourraient-ils pas apporter leurs planches de skate avec eux? S’ils souhaitent porter un bonnet ou une casquette, en quoi cela va-t-il les empêcher d’apprendre? «L’école ne devrait pas être un fardeau. C’est pourquoi ici on ne base pas notre enseignement sur l’autorité. Et ça marche puisque l’on n'a aucun problème de harcèlement scolaire, par exemple.»

Les professeures et professeurs sont également encouragés à être eux-mêmes. «Si vous êtes confiant dans votre rôle de professeur, à quoi bon s’habiller comme un dictateur? L'important, c’est ce que vous enseignez.» À l’heure du déjeuner, corps enseignant et élèves s’asseyent à la même table.

Le relationnel est aussi important que l’enseignement. «Il y a certaines études qui expliquent que l’apprentissage, c’est 30% de méthode et 70% de relationnel. C’est pour ça qu’ici on se refuse d’être autoritaires. L’important est d’être motivé. Voilà ce qui compte.»
Le style vestimentaire des professeurs est volontairement décontracté. | Sofian Aissaoui

Les professeures et professeurs sont également encouragés à être eux-mêmes. «Si vous êtes confiant dans votre rôle de professeur, à quoi bon s’habiller comme un dictateur? L'important, c’est ce que vous enseignez.» À l’heure du déjeuner, corps enseignant et élèves s’asseyent à la même table.

Le relationnel est aussi important que l’enseignement. «Il y a certaines études qui expliquent que l’apprentissage, c’est 30% de méthode et 70% de relationnel. C’est pour ça qu’ici on se refuse d’être autoritaires. L’important est d’être motivé. Voilà ce qui compte.»

Une lycéenne raconte la réaction, plutôt inquiète, de sa mère quand elle a souhaité rejoindre ce lycée: «Ma mère n’était pas très enchantée au début quand je lui ai parlé de cette école. Mais elle a vite compris que ça pouvait m’être bénéfique».

La jeune fille de 15 ans commence un cursus dont la scolarité est entièrement gratuite. «Je ne sais pas encore ce que sera mon métier, mais je veux que ce soit relié au skate, ça c’est sûr!» Dans trois ans, elle décrochera donc son diplôme. «Leur dernier examen, c’est celui où ils doivent créer leur planche de skate, raconte John Dahlquist. À la fin de leur cursus, on leur tend donc leur diplôme. Et leur planche de skate.»
Élèves et professeur partagent la même table. | Sofian Aissaoui

Une lycéenne raconte la réaction, plutôt inquiète, de sa mère quand elle a souhaité rejoindre ce lycée: «Ma mère n’était pas très enchantée au début quand je lui ai parlé de cette école. Mais elle a vite compris que ça pouvait m’être bénéfique».

La jeune fille de 15 ans commence un cursus dont la scolarité est entièrement gratuite. «Je ne sais pas encore ce que sera mon métier, mais je veux que ce soit relié au skate, ça c’est sûr!» Dans trois ans, elle décrochera donc son diplôme. «Leur dernier examen, c’est celui où ils doivent créer leur planche de skate, raconte John Dahlquist. À la fin de leur cursus, on leur tend donc leur diplôme. Et leur planche de skate.»

Sofian Aissaoui

Sofian Aissaoui Journaliste pour France Télévisions et pour la presse écrite

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