La vie d'une famille japonaise dans un appartement d'une seule pièce
Parents & enfants / Monde

La vie d'une famille japonaise dans un appartement d'une seule pièce

Pendant dix-huit ans, le photographe japonais Masaki Yamamoto a vécu dans un appartement d'une seule pièce avec ses parents et ses quatre frères et soeurs. «J’ai donc décidé de me concentrer sur ma famille et de la documenter correctement et minutieusement, explique-t-il. Les photographies qui en résultent sont comme les histoires intimes que je raconte à mes amis, un documentaire de ma vie quotidienne.» Son livre Guts est paru chez Zen Foto Gallery.

«Quand j’ai appris que je ne pouvais pas rejoindre les forces d'autodéfense japonaises à cause d’une vision imparfaite des couleurs, j’ai réfléchi à ce que je voulais faire plus tard. Je suis tombé sur un magazine qui montrait des photographies de guerre. J'ai été très ému par les images et j'ai décidé que je voulais aussi pouvoir influencer les gens avec mes photos. J’ai d'abord voulu faire de la photographie pour couvrir la guerre.»
Manger des nouilles soba ensemble pour la nouvelle année | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«Quand j’ai appris que je ne pouvais pas rejoindre les forces d'autodéfense japonaises à cause d’une vision imparfaite des couleurs, j’ai réfléchi à ce que je voulais faire plus tard. Je suis tombé sur un magazine qui montrait des photographies de guerre. J'ai été très ému par les images et j'ai décidé que je voulais aussi pouvoir influencer les gens avec mes photos. J’ai d'abord voulu faire de la photographie pour couvrir la guerre.»

«Quand j'avais environ 23-24 ans, je suis allé en Nouvelle-Zélande pendant un an dans l'espoir d'apprendre l'anglais et de prendre des photos, mais les deux n'ont pas vraiment fonctionné. Je me suis rendu compte que je ne voulais pas prendre des photos que tout le monde pouvait faire. J’ai donc décidé de me concentrer sur ma famille et de la documenter correctement et minutieusement. La série résultante GUTS a été menée de 2014 à 2017.»
Mon père tient mon petit frère pour vérifier si il a grandi | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«Quand j'avais environ 23-24 ans, je suis allé en Nouvelle-Zélande pendant un an dans l'espoir d'apprendre l'anglais et de prendre des photos, mais les deux n'ont pas vraiment fonctionné. Je me suis rendu compte que je ne voulais pas prendre des photos que tout le monde pouvait faire. J’ai donc décidé de me concentrer sur ma famille et de la documenter correctement et minutieusement. La série résultante GUTS a été menée de 2014 à 2017.»

«Ma famille a été obligée de quitter le complexe de logements dans lequel nous vivions car nous ne pouvions pas payer le loyer. J’avais environ 10 ans. Nous avons vécu dans une voiture. Après avoir passé deux ans et demi dans des institutions pour enfants, nous avons recommencé à vivre ensemble dans un appartement d'une pièce (que je montre dans le livre) pendant 18 ans. Au printemps 2017, nous avons déménagé dans une maison, ce qu’a souhaité notre famille pendant longtemps.»
Mon frère essaie d'embrasser le cou de ma mère alors qu'elle tente de lui prendre la température | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«Ma famille a été obligée de quitter le complexe de logements dans lequel nous vivions car nous ne pouvions pas payer le loyer. J’avais environ 10 ans. Nous avons vécu dans une voiture. Après avoir passé deux ans et demi dans des institutions pour enfants, nous avons recommencé à vivre ensemble dans un appartement d'une pièce (que je montre dans le livre) pendant 18 ans. Au printemps 2017, nous avons déménagé dans une maison, ce qu’a souhaité notre famille pendant longtemps.»

«En passant de l'institution pour enfants à l'appartement d'une pièce, ce dernier semblait assez spacieux au début. Nous n’avions pas les moyens d’acheter de meubles, alors mon père fabriquait des "étagères" dans des boîtes en carton. Les étagères étaient comme un nid d'abeilles. Peu à peu, l'appartement s’est rempli de placards, de tables, de chaises et de téléviseurs que les gens avaient jetés. Nous avions l'impression que l'espace devenait de plus en plus petit, et comme il n'y avait pas de chambres et pas de portes, il n'y avait absolument aucune intimité, mais je ne me sentais pas malheureux et je ne trouvais pas cela difficile. Parfois, quand je me réveillais au milieu de la nuit, je voyais mon père regarder des vidéos d'adultes tout seul! Je me souviens d'avoir secrètement jeté un coup d'œil sur ces vidéos ou magazines pour adultes quand je les trouvais.»
Mon père parle joyeusement au téléphone avec un collègue | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«En passant de l'institution pour enfants à l'appartement d'une pièce, ce dernier semblait assez spacieux au début. Nous n’avions pas les moyens d’acheter de meubles, alors mon père fabriquait des "étagères" dans des boîtes en carton. Les étagères étaient comme un nid d'abeilles. Peu à peu, l'appartement s’est rempli de placards, de tables, de chaises et de téléviseurs que les gens avaient jetés. Nous avions l'impression que l'espace devenait de plus en plus petit, et comme il n'y avait pas de chambres et pas de portes, il n'y avait absolument aucune intimité, mais je ne me sentais pas malheureux et je ne trouvais pas cela difficile. Parfois, quand je me réveillais au milieu de la nuit, je voyais mon père regarder des vidéos d'adultes tout seul! Je me souviens d'avoir secrètement jeté un coup d'œil sur ces vidéos ou magazines pour adultes quand je les trouvais.»



«Ma famille est venue voir mes expositions plusieurs fois. Elle vient avec ses amis et j'ai eu la forte impression qu’ils mettaient un masque pour cacher qui ils sont réellement. Lorsque mon livre GUTS a été publié et que mes impressions ont été accrochées dans des expositions, ma famille a été très surprise car elle ne pouvait pas comprendre comment des photos prises dans une maison sale pouvaient être appréciées. Néanmoins, ma famille est heureuse pour moi et elle continue à soutenir mon travail. Le livre a trouvé une place dans la maison et ma famille dit que les photos ont l'air d'être prises par un photographe professionnel car elles diffèrent des albums de photos de famille traditionnels. Sur cette image, on voit les photos que j'ai prises de ma famille quand j'étais étudiant au lycée, collées sur le réfrigérateur. Des années plus tard, les photos se sont décolorées, mais je suis heureux que ma famille ne les enlève pas.»
Le frigo avec mes photographies | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«Ma famille est venue voir mes expositions plusieurs fois. Elle vient avec ses amis et j'ai eu la forte impression qu’ils mettaient un masque pour cacher qui ils sont réellement. Lorsque mon livre GUTS a été publié et que mes impressions ont été accrochées dans des expositions, ma famille a été très surprise car elle ne pouvait pas comprendre comment des photos prises dans une maison sale pouvaient être appréciées. Néanmoins, ma famille est heureuse pour moi et elle continue à soutenir mon travail. Le livre a trouvé une place dans la maison et ma famille dit que les photos ont l'air d'être prises par un photographe professionnel car elles diffèrent des albums de photos de famille traditionnels. Sur cette image, on voit les photos que j'ai prises de ma famille quand j'étais étudiant au lycée, collées sur le réfrigérateur. Des années plus tard, les photos se sont décolorées, mais je suis heureux que ma famille ne les enlève pas.»

«Au début, j'ai essayé d'être conscient de l'histoire de ma famille pendant que je la photographiais dans des endroits qui étaient liés à nos origines, mais ça n'a pas vraiment marché. Un jour, j'ai rencontré un ami et je lui ai dit que ma famille avait autrefois été séparée parce que mon père était accro au jeu et que ma sœur vivait une vie très retirée. Mon ami a rigolé sur le fait que ma famille était unique, et je me suis senti heureux. Cela m'a fait réaliser que je devais documenter simplement et précisément comment était ma famille. Les photographies qui en résultent sont comme les histoires intimes que je raconte à mes amis -un documentaire de ma vie quotidienne. Cette photo des derniers morceaux de ragoût de bœuf soigneusement ramassés au centre du bol me rappelle beaucoup ma famille: nous vivons ensemble et nous faisons de notre mieux pour rester ensemble et rassembler les ressources.»
Dernière cuillère de ragoût de boeuf | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«Au début, j'ai essayé d'être conscient de l'histoire de ma famille pendant que je la photographiais dans des endroits qui étaient liés à nos origines, mais ça n'a pas vraiment marché. Un jour, j'ai rencontré un ami et je lui ai dit que ma famille avait autrefois été séparée parce que mon père était accro au jeu et que ma sœur vivait une vie très retirée. Mon ami a rigolé sur le fait que ma famille était unique, et je me suis senti heureux. Cela m'a fait réaliser que je devais documenter simplement et précisément comment était ma famille. Les photographies qui en résultent sont comme les histoires intimes que je raconte à mes amis -un documentaire de ma vie quotidienne. Cette photo des derniers morceaux de ragoût de bœuf soigneusement ramassés au centre du bol me rappelle beaucoup ma famille: nous vivons ensemble et nous faisons de notre mieux pour rester ensemble et rassembler les ressources.»

«Avant la publication de mon livre, j'ai participé à une exposition de groupe et j’ai couvert le mur entier avec mes œuvres comme un collage. J'ai appelé cette série et la publication GUTS parce que ma maison et tout le monde dans ma famille sont comme des organes internes qui sont étroitement liés les uns aux autres avec des vaisseaux sanguins. Ce mot a aussi le sens de "tripes" qui pour moi induit la dureté et la détermination. Cette image représente fortement ma famille. Quand nous avons été chassés de notre appartement précédent, quand nous avons dû vivre dans la voiture, quand nous passions les week-ends avec nos parents pendant notre séjour dans une institution pour enfants, ou pendant les dix-huit années passées dans cet appartement d'une seule pièce. Nous passions nos vies comme ça. Je sens que cette photo représente l'origine de ma photographie -je suis parti de cela et je vais toujours y revenir.»
Dormir proches les uns des autres | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«Avant la publication de mon livre, j'ai participé à une exposition de groupe et j’ai couvert le mur entier avec mes œuvres comme un collage. J'ai appelé cette série et la publication GUTS parce que ma maison et tout le monde dans ma famille sont comme des organes internes qui sont étroitement liés les uns aux autres avec des vaisseaux sanguins. Ce mot a aussi le sens de "tripes" qui pour moi induit la dureté et la détermination. Cette image représente fortement ma famille. Quand nous avons été chassés de notre appartement précédent, quand nous avons dû vivre dans la voiture, quand nous passions les week-ends avec nos parents pendant notre séjour dans une institution pour enfants, ou pendant les dix-huit années passées dans cet appartement d'une seule pièce. Nous passions nos vies comme ça. Je sens que cette photo représente l'origine de ma photographie -je suis parti de cela et je vais toujours y revenir.»

«Nous ne pouvions pas arrêter de rire quand j’ai fait cette photo et je ne peux toujours pas m'empêcher de rire chaque fois que je la regarde à nouveau. Ma sœur ne pouvait pas trouver de travail après l'obtention de son diplôme et elle a commencé à vendre des vêtements en ligne pour gagner sa vie -elle est en train de s'habiller avec les vêtements qu'elle essaye de vendre, mais d'une façon ou d'une autre elle semble désespérée!»
Ma soeur se jete sur les draps pour prendre une photo des vêtements qu'elle vend en ligne | Masaki Yamamoto / Courtesy Zen Foto Gallery

«Nous ne pouvions pas arrêter de rire quand j’ai fait cette photo et je ne peux toujours pas m'empêcher de rire chaque fois que je la regarde à nouveau. Ma sœur ne pouvait pas trouver de travail après l'obtention de son diplôme et elle a commencé à vendre des vêtements en ligne pour gagner sa vie -elle est en train de s'habiller avec les vêtements qu'elle essaye de vendre, mais d'une façon ou d'une autre elle semble désespérée!»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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