Istanbul, des sultans et des photographes
Culture

Istanbul, des sultans et des photographes

Ces photos proviennent de l’exceptionnelle collection de Pierre de Gigord: 10.000 clichés, 2.000 daguerréotypes, 12.000 cartes postales, journaux et livres datant d’entre 1843 et 1924.
Elles racontent encore plus qu’elles n’illustrent l’histoire de cet Empire finissant lorsqu'Istanbul s'appelait encore Constantinople.
Les photographes étaient alors arméniens, grecs ou français et leur histoire intimement liée à celle des sultans. Certaines de ces photos sont rarissimes, comme nous l'apprend la chercheuse et écrivain Catherine Pinguet qui vient de publier un récit savant, subtil et alerte consacré à l'histoire de la photo ottomane. 
Ariane Bonzon
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Istanbul, photographes et sultans, 1840-1900 (CNRS éditions), de Catherine Pinguet, photographies Collection Pierre de Gigord.

 

Panorama de Constantinople, 1843.Daguerréotype, image inversée, avec au centre la mosquée Nuruosmaniye, située à une des entrées du Grand Bazar.

L'auteur, Girault de Prangey, dessinateur et voyageur passionné d’architecture ottomane, a rapporté de son voyage en Orient les premières images de la capitale ottomane, mais aussi de Jérusalem, du Caire et de Baalbek.
Joseph-Philibert Girault de Prangey/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions

Panorama de Constantinople, 1843.

Daguerréotype, image inversée, avec au centre la mosquée Nuruosmaniye, située à une des entrées du Grand Bazar.

L'auteur, Girault de Prangey, dessinateur et voyageur passionné d’architecture ottomane, a rapporté de son voyage en Orient les premières images de la capitale ottomane, mais aussi de Jérusalem, du Caire et de Baalbek.

Rivages du Bosphore, 1852. 
L'auteur est l’ingénieur français, Ernest de Caranza, excellent technicien et chimiste. Il était employé à la poudrerie et à la fonderie impériales de Constantinople. Chez lui, rien de
spectaculaire, mais des atmosphères et le charme de certains lieux. 
Ernest de Caranza/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions.

Rivages du Bosphore, 1852.

L'auteur est l’ingénieur français, Ernest de Caranza, excellent technicien et chimiste. Il était employé à la poudrerie et à la fonderie impériales de Constantinople. Chez lui, rien de spectaculaire, mais des atmosphères et le charme de certains lieux. 

Ancienne basilique Sainte-Sophie,1854. 

Graveur de formation, James Robertson travaillait pour le Trésor et la Monnaie impériale. Une des caractéristiques de Robertson était d’introduire dans ses prises de vue des personnages (passants, petits marchands, ici deux charrettes tirées par des bœufs) en donnant l’impression
qu’il les avait croisés par hasard.  
James ROBERTSON/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions.

Ancienne basilique Sainte-Sophie,1854.

Graveur de formation, James Robertson travaillait pour le Trésor et la Monnaie impériale. Une des caractéristiques de Robertson était d’introduire dans ses prises de vue des personnages (passants, petits marchands, ici deux charrettes tirées par des bœufs) en donnant l’impression qu’il les avait croisés par hasard.  

Portrait de Kevork Abdullah.

L’atelier Abdullah Frères, actif de 1858 à 1899, était dirigé par Viguen, Kevork et Hovsep, trois frères d’origine arménienne, premiers photographes à avoir obtenu le titre de photographes officiels du sultan. 
Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions.

Portrait de Kevork Abdullah.

L’atelier Abdullah Frères, actif de 1858 à 1899, était dirigé par Viguen, Kevork et Hovsep, trois frères d’origine arménienne, premiers photographes à avoir obtenu le titre de photographes officiels du sultan. 

Groupes de Juifs, 1863. 

Durant les années 1860, la production de l’atelier Abdullah Frères était d’une extraordinaire qualité: maîtrise des différents procédés, utilisation de produits et d’équipements de premières qualités, soin apporté à l’éclairage, aux tirages et aux mises en scène (ici, reconstitution en studio d’une scène biblique incarnée par des comédiens).
Abdullah Frères/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions.

Groupes de Juifs, 1863.

Durant les années 1860, la production de l’atelier Abdullah Frères était d’une extraordinaire qualité: maîtrise des différents procédés, utilisation de produits et d’équipements de premières qualités, soin apporté à l’éclairage, aux tirages et aux mises en scène (ici, reconstitution en studio d’une scène biblique incarnée par des comédiens).

Femmes fumant et buvant le café, 1890.

Non musulmanes photographiées dans un décor minutieusement étudié. Il ne s’agit pas de transmettre l’image, prisée des Occidentaux et construite par eux, de l’orientale sensuelle et oisive. Les deux jeunes femmes posent vêtues de longues robes de brocart, assises et non pas allongées, tenant dans la main une tasse de café, complément indispensable au narguilé et au chibouk, comme l’illustre ce proverbe turc : «Un café sans tabac est comme un
matelas sans couverture».
Abdullah Frères/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions

Femmes fumant et buvant le café, 1890.

Non musulmanes photographiées dans un décor minutieusement étudié. Il ne s’agit pas de transmettre l’image, prisée des Occidentaux et construite par eux, de l’orientale sensuelle et oisive. Les deux jeunes femmes posent vêtues de longues robes de brocart, assises et non pas allongées, tenant dans la main une tasse de café, complément indispensable au narguilé et au chibouk, comme l’illustre ce proverbe turc : «Un café sans tabac est comme un matelas sans couverture».

Pompiers turcs en action, 1870.

Les célèbres tulumbacı, «pompiers volontaires», formaient des équipes regroupées par quartier et dont la plupart des membres étaient associés à des kabadayı, «caïds». De vaillants gaillards selon certains, une véritable engeance d’après des Européens qui les accusaient
d’être inefficaces (ne serait-ce qu’en raison de leur tenue), de se livrer à des pillages et à des tapages nocturnes. Les pompiers volontaires ici photographiés sont chrétiens et se placent sous le patronage de Saint-Georges.
Pascal Sebah/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions

Pompiers turcs en action, 1870.

Les célèbres tulumbacı, «pompiers volontaires», formaient des équipes regroupées par quartier et dont la plupart des membres étaient associés à des kabadayı, «caïds». De vaillants gaillards selon certains, une véritable engeance d’après des Européens qui les accusaient d’être inefficaces (ne serait-ce qu’en raison de leur tenue), de se livrer à des pillages et à des tapages nocturnes. Les pompiers volontaires ici photographiés sont chrétiens et se placent sous le patronage de Saint-Georges.

Derviches tourneurs de Galata, 1870.

Au 19e siècle, parmi les «spectacles» que les voyageurs occidentaux ne devaient manquer sous aucun prétexte figuraient les cérémonies des derviches tourneurs de Galata. Au centre, leur cheikh, Kudretullah Dede. 
Pascal Sebah/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions

Derviches tourneurs de Galata, 1870.

Au 19e siècle, parmi les «spectacles» que les voyageurs occidentaux ne devaient manquer sous aucun prétexte figuraient les cérémonies des derviches tourneurs de Galata. Au centre, leur cheikh, Kudretullah Dede. 

Pont de Galata, 1890.  

Pour les voyageurs, la découverte de l’Orient débutait une fois franchi ce pont, en direction d’Eminönü puis du «vieux Stamboul». 
Abdullah Frères/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions

Pont de Galata, 1890. 

Pour les voyageurs, la découverte de l’Orient débutait une fois franchi ce pont, en direction d’Eminönü puis du «vieux Stamboul». 

Ecole turque,1890.

Par le biais d’innombrables photographies, le sultan Abdülhamid voulait donner une image positive de son Empire et montrer les progrès réalisés sous son règne: chantiers civils et militaires, hôpitaux, et encore mieuxreprésentés, les établissements scolaires.
Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions.

Ecole turque,1890.

Par le biais d’innombrables photographies, le sultan Abdülhamid voulait donner une image positive de son Empire et montrer les progrès réalisés sous son règne: chantiers civils et militaires, hôpitaux, et encore mieuxreprésentés, les établissements scolaires.

Seyir Köşkü, 1900.

Pavillon où les hôtes de marque étrangers pouvaient assister à la prière du Vendredi et apercevoir le sultan Abdülhamid II. Comme celui-ci interdisait toute diffusion publique de son image, l’usage d’appareils photographiques, et même de jumelles, était prohibé. 
Ali Sami/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions.

Seyir Köşkü, 1900.

Pavillon où les hôtes de marque étrangers pouvaient assister à la prière du Vendredi et apercevoir le sultan Abdülhamid II. Comme celui-ci interdisait toute diffusion publique de son image, l’usage d’appareils photographiques, et même de jumelles, était prohibé. 

Enfants sur les hauteurs du cimetière d’Eyüp et vue sur la Corne d’Or, 1894. 

Pierre de Gigord possède un lot de 50 plaques de verre coloriées qui portent la mention, Chicago Public School. Elles font suite à l’Exposition universelle de Chicago à laquelle l’Empire ottoman avait participé en 1893.
Anonyme/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions.

Enfants sur les hauteurs du cimetière d’Eyüp et vue sur la Corne d’Or, 1894.

Pierre de Gigord possède un lot de 50 plaques de verre coloriées qui portent la mention, Chicago Public School. Elles font suite à l’Exposition universelle de Chicago à laquelle l’Empire ottoman avait participé en 1893.

Femme
musulmane, 1894.

Portant le yachmak,
voile de mousseline blanche.
Sebah & Joaillier/Collection Pierre de Gigord / CNRS Éditions

Femme musulmane, 1894.

Portant le yachmak, voile de mousseline blanche.

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