Artistes en Iran: «Tout est interdit, mais tout est possible»
Culture

Artistes en Iran: «Tout est interdit, mais tout est possible»

Il a concentré son travail sur les milieux artistiques de Téhéran et sur les mondes underground et officiel. Dans The Persian Factory, le photographe Jeremy Suyker raconte le passage de l'un à l'autre. «Une pièce de théâtre qui se joue officiellement a ses limites mais on peut malgré tout jouer avec la censure, explique-t-il. Un ami musicien iranien me disait: “En Iran, tout est interdit mais tout est possible. C'est exactement ça. Il est par exemple très compliqué d'organiser un concert de rock, mais on peut trouver des combines. Ce n'est jamais entièrement officiel, mais c’est rarement illégal. En gros, ils sont autorisés à le faire, mais discrètement.» Il commente pour Slate certaines de ses images.


	«AV, compagnie d’avant-garde à Téhéran, se produit dans la grotte de Roodafshan, à deux heures de Téhéran. Quatre bus ont été affrétés pour le public.»
Jeremy Suyker

«AV, compagnie d’avant-garde à Téhéran, se produit dans la grotte de Roodafshan, à deux heures de Téhéran. Quatre bus ont été affrétés pour le public.»


	«Cette même troupe joue “Melpomène” dans des bains publics désaffectés du centre de la capitale. En Iran, toute production artistique fait systématiquement l’objet d’un contrôle préalable par le ministère de la Guidance islamique, qui est en fait celui de la Culture.» 
Jeremy Suyker

«Cette même troupe joue Melpomène dans des bains publics désaffectés du centre de la capitale. En Iran, toute production artistique fait systématiquement l’objet d’un contrôle préalable par le ministère de la Guidance islamique, qui est en fait celui de la Culture.» 


	«Il faut une autorisation de cette instance, que ce soit pour fonder une compagnie, s’installer dans un lieu ou produire un spectacle. Hommes et femmes peuvent se côtoyer sur scène mais ne doivent pas se toucher en public.»
Jeremy Suyker

«Il faut une autorisation de cette instance, que ce soit pour fonder une compagnie, s’installer dans un lieu ou produire un spectacle. Hommes et femmes peuvent se côtoyer sur scène mais ne doivent pas se toucher en public.»


	«Ici, les acteurs d'Ali Raffi répètent. Ce célèbre metteur en scène est sur le point de produire une adaptation de “Yerma”, une œuvre de Federico García Lorca. Des agents du ministère de la Culture et de la Guidance islamique assistent régulièrement aux répétitions.»
Jeremy Suyker

«Ici, les acteurs d'Ali Raffi répètent. Ce célèbre metteur en scène est sur le point de produire une adaptation de Yerma, une œuvre de Federico García Lorca. Des agents du ministère de la Culture et de la Guidance islamique assistent régulièrement aux répétitions.»


	«Ces rares contacts entre hommes et femmes ne sont visibles qu'en répétition. Sur scène, devant un public, les acteurs doivent respecter une “distance de pudeur”.»
Jeremy Suyker

«Ces rares contacts entre hommes et femmes ne sont visibles qu'en répétition. Sur scène, devant un public, les acteurs doivent respecter une distance de pudeur


	«La troupe “Niya” (“ancêtres” en farsi) répète trois fois par semaine dans une petite salle surchauffée située dans le centre de Téhéran. Les comédiens marchent ensuite toute une journée pour atteindre Pishkooh, un village de la chaîne de l’Albroz, et passer deux jours ensemble, en pleine nature.»
Jeremy Suyker

«La troupe Niya (ancêtres en farsi) répète trois fois par semaine dans une petite salle surchauffée située dans le centre de Téhéran. Les comédiens marchent ensuite toute une journée pour atteindre Pishkooh, un village de la chaîne de l’Albroz, et passer deux jours ensemble, en pleine nature.»


	«Dans cette salle de gym underground, des filles s'entraînent au parkour. La discipline consiste à se déplacer en ville en franchissant des obstacles.»
Jeremy Suyker

«Dans cette salle de gym underground, des filles s'entraînent au parkour. La discipline consiste à se déplacer en ville en franchissant des obstacles.»


	«Le parkour est interdit en Iran et pourtant la Rahaa Team exerce dans les jardins publics. Ce jour-là, un gardien va intervenir et demander aux jeunes de suspendre leur entraînement. Ils lui donneront un billet et poursuivront.»
Jeremy Suyker

«Le parkour est interdit en Iran et pourtant la Rahaa Team exerce dans les jardins publics. Ce jour-là, un gardien va intervenir et demander aux jeunes de suspendre leur entraînement. Ils lui donneront un billet et poursuivront.»


	«La plupart de mes photos ont ce côté underground qui semble un peu illégal, comme les images de la troupe de théâtre dans la grotte. En réalité, ces acteurs avaient une autorisation. En revanche, certaines photographies qui ont l'air normales, comme cette femme qui chante en studio, sont totalement illégales. Il m’a fallu deux mois pour pouvoir faire une image. Les femmes n’ont pas le droit de chanter devant un public mixte, ni d’enregistrer leur voix. Shaghayegh, 29 ans, chanteuse professionnelle dans un groupe, défie la loi. Elle diffusera son titre sur Internet, l'outil privilégié en Iran pour s'exprimer. Il faut être inventif et malin pour être artiste: en Iran, être artiste est un art.»
Jeremy Suyker

«La plupart de mes photos ont ce côté underground qui semble un peu illégal, comme les images de la troupe de théâtre dans la grotte. En réalité, ces acteurs avaient une autorisation. En revanche, certaines photographies qui ont l'air normales, comme cette femme qui chante en studio, sont totalement illégales. Il m’a fallu deux mois pour pouvoir faire une image. Les femmes n’ont pas le droit de chanter devant un public mixte, ni d’enregistrer leur voix. Shaghayegh, 29 ans, chanteuse professionnelle dans un groupe, défie la loi. Elle diffusera son titre sur Internet, l'outil privilégié en Iran pour s'exprimer. Il faut être inventif et malin pour être artiste: en Iran, être artiste est un art.»


	«Le “Tehran Carnival” c'est un collectif de copines de fac en design ou en graphisme qui se retrouvent sur un terrain vague tous les vendredis matins, le jour de repos hebdomadaire. Ces artistes détournent des objets trouvés sur place pour créér une œuvre éphémère.»
Jeremy Suyker

«Le Tehran Carnival c'est un collectif de copines de fac en design ou en graphisme qui se retrouvent sur un terrain vague tous les vendredis matins, le jour de repos hebdomadaire. Ces artistes détournent des objets trouvés sur place pour créér une œuvre éphémère.»


	«Ce qui m'a surtout intéressé dans ce travail, c'est la relation entre la sphère publique et la sphère privée. Ce qui se passe à l’intérieur d'une maison et ce qui se passe dans la rue est très différent. L'Iranien trouve sa liberté chez lui, derrière sa porte fermée à clé et ses rideaux tirés. Sur cette image, Ayda, l'une des fondatrices du “Tehran Carnival”, fête ses 27 ans dans l’appartement de sa mère.»
Jeremy Suyker

«Ce qui m'a surtout intéressé dans ce travail, c'est la relation entre la sphère publique et la sphère privée. Ce qui se passe à l’intérieur d'une maison et ce qui se passe dans la rue est très différent. L'Iranien trouve sa liberté chez lui, derrière sa porte fermée à clé et ses rideaux tirés. Sur cette image, Ayda, l'une des fondatrices du Tehran Carnival, fête ses 27 ans dans l’appartement de sa mère.»


	«Depuis quelques années, les galeries n’hésitent pas à faire une place de choix aux artistes, quitte parfois à prendre des risques. Dans la Shirin Gallery, nichée au pied des montagnes dans le quartier cossu de Velenjak, un collectif présente l’exposition “Open Source”, une performance underground et hybride où sculpteurs, peintres et plasticiens créent une œuvre en direct devant le public.»
Jeremy Suyker

«Depuis quelques années, les galeries n’hésitent pas à faire une place de choix aux artistes, quitte parfois à prendre des risques. Dans la Shirin Gallery, nichée au pied des montagnes dans le quartier cossu de Velenjak, un collectif présente l’exposition Open Source, une performance underground et hybride où sculpteurs, peintres et plasticiens créent une œuvre en direct devant le public.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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