À l'intérieur des voitures de vétérans américains
Monde

À l'intérieur des voitures de vétérans américains

«J'ai travaillé dans un hôpital d'anciens combattants comme préposé au service de voiturier», raconte le photographe Matthew Casteel. «Pendant les cinq ans où j'ai géré le service de stationnement, j'ai pris conscience de l'état des intérieurs des voitures et je me suis rendu compte que beaucoup reflétaient l'état de la vie des propriétaires de ces véhicules.» Entre 2013 et 2016, l'Américain a méthodiquement photographié ces intérieurs. Sa série (également publiée en livre) est exposée jusqu'au 22 septembre, dans le cadre d'un programme associé aux Rencontres d'Arles organisé par la Fondation Manuel Rivera-Ortiz et intitulé «Hey! What's Going On?».

«En tant que militant anti-guerre, je m'intéresse à la vie des soldats et des anciens combattants depuis de nombreuses années, mais ce n'est que lorsque j'ai commencé à travailler à l'hôpital que j'ai vraiment vu le poids psychologique durable que la guerre inflige. Après être devenu proche de la plupart des anciens combattants que j'ai rencontrés, je savais que je voulais créer un projet qui exprimerait les formes moins évidentes que prennent un traumatisme ou un trouble de stress post-traumatique.»
Matthew Casteel / American Interiors

«En tant que militant anti-guerre, je m'intéresse à la vie des soldats et des anciens combattants depuis de nombreuses années, mais ce n'est que lorsque j'ai commencé à travailler à l'hôpital que j'ai vraiment vu le poids psychologique durable que la guerre inflige. Après être devenu proche de la plupart des anciens combattants que j'ai rencontrés, je savais que je voulais créer un projet qui exprimerait les formes moins évidentes que prennent un traumatisme ou un trouble de stress post-traumatique.»

«Au début, j'ai commencé par faire des portraits des anciens combattants avec lesquels j’étais en relation. Je leur rendais visite et nous partagions un repas, quelques histoires et je les prenais en photo. Bien que ces photographies fussent agréables à regarder, je n’avais finalement pas l’impression de dire au spectateur grand-chose de nouveau ou de différent de ce qu’ils ont vu ou lu auparavant sur ce sujet aux États-Unis.»
Matthew Casteel / American Interiors

«Au début, j'ai commencé par faire des portraits des anciens combattants avec lesquels j’étais en relation. Je leur rendais visite et nous partagions un repas, quelques histoires et je les prenais en photo. Bien que ces photographies fussent agréables à regarder, je n’avais finalement pas l’impression de dire au spectateur grand-chose de nouveau ou de différent de ce qu’ils ont vu ou lu auparavant sur ce sujet aux États-Unis.»

«Avec le temps, je me suis rendu compte que ce lien unique passait par leurs véhicules. Une fois que j'ai commencé à regarder l'intérieur de leurs voitures, j'ai perçu des signaux subtils (et parfois pas si subtils) qui indiquaient qu'il y avait de nombreux problèmes graves auxquels les vétérans devaient faire face. J'avais l'impression de voir un espace très personnel et intime qui témoignait de leur bien-être et de leurs difficultés.»
Matthew Casteel / American Interiors

«Avec le temps, je me suis rendu compte que ce lien unique passait par leurs véhicules. Une fois que j'ai commencé à regarder l'intérieur de leurs voitures, j'ai perçu des signaux subtils (et parfois pas si subtils) qui indiquaient qu'il y avait de nombreux problèmes graves auxquels les vétérans devaient faire face. J'avais l'impression de voir un espace très personnel et intime qui témoignait de leur bien-être et de leurs difficultés.»

«Pour réaliser cette série de photographies, j'ai utilisé un très petit appareil photo compact doté d'un flash. Toutes les images sont prises du même endroit, le siège du conducteur. Je voulais qu'elles donnent au spectateur l'impression qu'il se trouvait lui-même dans le véhicule, de sorte que très peu de monde extérieur n’est montré.»
Matthew Casteel / American Interiors

«Pour réaliser cette série de photographies, j'ai utilisé un très petit appareil photo compact doté d'un flash. Toutes les images sont prises du même endroit, le siège du conducteur. Je voulais qu'elles donnent au spectateur l'impression qu'il se trouvait lui-même dans le véhicule, de sorte que très peu de monde extérieur n’est montré.»

«Certains des anciens combattants avec qui j'ai travaillé ont trouvé étrange que je veuille photographier l'intérieur de leurs véhicules, mais comme ils avaient l'habitude de me laisser garer leur voiture à l'hôpital, ils n’ont généralement pas eu de problème à me remettre leurs clés. L’édition de la série a probablement été la partie la plus difficile du projet. Au cours de mes trois années de travail sur American Interiors, j'ai réalisé près de 3.000 photographies. Il était difficile de choisir parmi tant d'images!»
Matthew Casteel / American Interiors

«Certains des anciens combattants avec qui j'ai travaillé ont trouvé étrange que je veuille photographier l'intérieur de leurs véhicules, mais comme ils avaient l'habitude de me laisser garer leur voiture à l'hôpital, ils n’ont généralement pas eu de problème à me remettre leurs clés. L’édition de la série a probablement été la partie la plus difficile du projet. Au cours de mes trois années de travail sur American Interiors, j'ai réalisé près de 3.000 photographies. Il était difficile de choisir parmi tant d'images!»

«L'un des objectifs de ce projet était de créer le sentiment chez le spectateur d'être à la fois intime et anonyme. Cette série porte moins sur le contenu de la voiture d’un individu donné, mais davantage sur ce que l’on ressent en regardant cette série de photos. J'ai pris grand soin de veiller à ce qu'aucune information d'identification n'y apparaisse.»
Matthew Casteel / American Interiors

«L'un des objectifs de ce projet était de créer le sentiment chez le spectateur d'être à la fois intime et anonyme. Cette série porte moins sur le contenu de la voiture d’un individu donné, mais davantage sur ce que l’on ressent en regardant cette série de photos. J'ai pris grand soin de veiller à ce qu'aucune information d'identification n'y apparaisse.»

«Mon histoire consiste à reconnaître que la guerre se mêle à la vie quotidienne et influence la société de manière inattendue. Aux États-Unis, il semble exister un état d'esprit dominant qui veut que si vous n'avez pas vécu vous-même dans une zone de guerre, vous ne pourrez jamais vraiment savoir à quoi ressemble une guerre. Bien que ce sentiment comporte un certain degré de vérité, j'espère qu’American Interiors contribuera à élargir cette perspective et à faire comprendre que la guerre et les conflits ont des répercussions dans toute la société et perturbent nos vies à tous.»
Matthew Casteel / American Interiors

«Mon histoire consiste à reconnaître que la guerre se mêle à la vie quotidienne et influence la société de manière inattendue. Aux États-Unis, il semble exister un état d'esprit dominant qui veut que si vous n'avez pas vécu vous-même dans une zone de guerre, vous ne pourrez jamais vraiment savoir à quoi ressemble une guerre. Bien que ce sentiment comporte un certain degré de vérité, j'espère qu’American Interiors contribuera à élargir cette perspective et à faire comprendre que la guerre et les conflits ont des répercussions dans toute la société et perturbent nos vies à tous.»

«Je ne suis moi-même pas un ancien combattant. Mon point de vue personnel correspond à celui de l’historien Howard Zinn qui écrivait: “La guerre, j’ai décidé, crée insidieusement une morale commune à toutes les parties. Elle empoisonne toutes celles et ceux qui y participent, quelles que soient leurs différences, les transforme en tueurs et bourreaux, comme nous le voyons maintenant. Elle prétend se préoccuper de renverser les tyrans et peut même le faire, mais les personnes qu’elle tue sont les victimes des tyrans. Elle semble nettoyer le monde du mal, mais cela ne dure pas, car sa nature même engendre plus de mal. Les guerres, comme la violence en général, sont une drogue.”»
Matthew Casteel / American Interiors

«Je ne suis moi-même pas un ancien combattant. Mon point de vue personnel correspond à celui de l’historien Howard Zinn qui écrivait: “La guerre, j’ai décidé, crée insidieusement une morale commune à toutes les parties. Elle empoisonne toutes celles et ceux qui y participent, quelles que soient leurs différences, les transforme en tueurs et bourreaux, comme nous le voyons maintenant. Elle prétend se préoccuper de renverser les tyrans et peut même le faire, mais les personnes qu’elle tue sont les victimes des tyrans. Elle semble nettoyer le monde du mal, mais cela ne dure pas, car sa nature même engendre plus de mal. Les guerres, comme la violence en général, sont une drogue.”»

«Bien que je sois farouchement opposé à la guerre, il est important de noter que ce projet a été conçu dans le plus grand respect et avec la plus grande empathie pour le vétéran dont j'ai photographié les voitures. Une partie des recettes d'une édition spéciale du livre American Interiors est destinée à des groupes qui luttent contre la pauvreté, la perte de logement et le suicide chez les anciens combattants.»
Matthew Casteel / American Interiors

«Bien que je sois farouchement opposé à la guerre, il est important de noter que ce projet a été conçu dans le plus grand respect et avec la plus grande empathie pour le vétéran dont j'ai photographié les voitures. Une partie des recettes d'une édition spéciale du livre American Interiors est destinée à des groupes qui luttent contre la pauvreté, la perte de logement et le suicide chez les anciens combattants.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

Le Luberon de Willy Ronis
Grand Format

Le Luberon de Willy Ronis

Une semaine dans le monde en 7 photos
Grand Format

Une semaine dans le monde en 7 photos

Newsletters