Tribus amérindiennes: «Le manque de représentation positive a un impact sur les jeunes générations»
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Tribus amérindiennes: «Le manque de représentation positive a un impact sur les jeunes générations»

«Les médias ont tendance à se concentrer sur les questions négatives au sujet des cultures amérindiennes, explique la photographe Carlotta Cardana, et, même s'il est certainement important de discuter de ces questions et de leurs causes/conséquences, le résultat est qu'elles deviennent une caractéristique déterminante. Le manque de représentation positive a également un impact sur les jeunes générations: il les détache de leur patrimoine et, dans de nombreux cas, leur donne honte de leurs origines.» À travers leur projet au long court intitulé The red road Carlotta Cardana et Danielle SeeWalker, membre de la tribu Sioux de Standing Rock, ont décidé d'explorer la relation entre la culture amérindienne et l'identité des membres de ces tribus aujourd'hui.

 

«Je suis amie depuis le lycée avec Danielle SeeWalker, l'auteur de ce projet, et membre de la tribu sioux de Standing Rock. En 2013, elle m'a invitée à aller avec elle dans sa réserve du Dakota du Nord pour participer à des cérémonies familiales privées. Nous avons décidé d'utiliser cette opportunité pour commencer à travailler sur un projet qui mettrait en évidence des histoires amérindiennes positives et inspirantes. Mataya Harrison, 17 ans, est une étudiante au lycée. Elle envisage de rejoindre la Marine après l'obtention de son diplôme. "Je suis très patriotique", dit-elle, "et être indienne dans l'armée fait encore plus sens, je me fiche du fait que je puisse mourir".»
Mataya | Carlotta Cardana

«Je suis amie depuis le lycée avec Danielle SeeWalker, l'auteur de ce projet, et membre de la tribu sioux de Standing Rock. En 2013, elle m'a invitée à aller avec elle dans sa réserve du Dakota du Nord pour participer à des cérémonies familiales privées. Nous avons décidé d'utiliser cette opportunité pour commencer à travailler sur un projet qui mettrait en évidence des histoires amérindiennes positives et inspirantes. Mataya Harrison, 17 ans, est une étudiante au lycée. Elle envisage de rejoindre la Marine après l'obtention de son diplôme. "Je suis très patriotique", dit-elle, "et être indienne dans l'armée fait encore plus sens, je me fiche du fait que je puisse mourir".»

«Nous avons commencé à photographier les parents de Danielle qui, à leur tour, suggéraient ou nous présentaient d'autres personnes qui étaient des modèles dans leur communauté. Ces recommandations de bouche-à-oreille sont une approche que nous avons conservée et qui s'est révélée efficace. Nous faisons également beaucoup de recherches sur des sujets et des histoires que nous aimerions couvrir et nous contactons nous-même certains groupes de soutien, des gouvernements tribaux, des centres culturels et de santé. Juliana Brown Eyes-Clifford, 23 ans vient de la tribu Oglala Lakota. Avec son mari, Scotti Clifford, ils ont formé le groupe "Scatter Their Own" (qui est la traduction anglaise du mot Oglala). Ils se rendent dans diverses réserves indiennes et dans d'autres parties du pays pour jouer de la musique. Ils sont autodidactes et jouent ce qui sort naturellement de leur cœur. Juliana aime jouer pour les jeunes et les pousser à se diversifier et apprendre sur les arts et la musique qui sont des sujets qui ne sont généralement pas exposés dans les réserves.»
Juliana | Carlotta Cardana

«Nous avons commencé à photographier les parents de Danielle qui, à leur tour, suggéraient ou nous présentaient d'autres personnes qui étaient des modèles dans leur communauté. Ces recommandations de bouche-à-oreille sont une approche que nous avons conservée et qui s'est révélée efficace. Nous faisons également beaucoup de recherches sur des sujets et des histoires que nous aimerions couvrir et nous contactons nous-même certains groupes de soutien, des gouvernements tribaux, des centres culturels et de santé. Juliana Brown Eyes-Clifford, 23 ans vient de la tribu Oglala Lakota. Avec son mari, Scotti Clifford, ils ont formé le groupe "Scatter Their Own" (qui est la traduction anglaise du mot Oglala). Ils se rendent dans diverses réserves indiennes et dans d'autres parties du pays pour jouer de la musique. Ils sont autodidactes et jouent ce qui sort naturellement de leur cœur. Juliana aime jouer pour les jeunes et les pousser à se diversifier et apprendre sur les arts et la musique qui sont des sujets qui ne sont généralement pas exposés dans les réserves.»

«Nous recherchons des histoires et individus qui ont un lien étroit avec la culture amérindienne, en particulier ceux qui jouent un rôle actif dans le maintien de leurs traditions vivantes et pertinentes. Nous recherchons des artisans du changement, des personnes qui ont dû surmonter de grandes difficultés et qui ont le pouvoir d'inspirer les autres à faire de même. Sur cette photo on peut voir Julian Ramirez, 27 ans. Il est père célibataire et travaille au casino local de la réserve de Standing Rock. Peu de temps après la naissance de son fils, Elijah, sa compagne les a quittés. Les cheveux longs sont une question de fierté chez les Indiens. Julian n'a jamais coupé les cheveux de son fils et dit qu'Elie ne sera pas autorisé à le faire jusqu'à l'âge de 13 ans.»
Julian et son fils Elijah | Carlotta Cardana

«Nous recherchons des histoires et individus qui ont un lien étroit avec la culture amérindienne, en particulier ceux qui jouent un rôle actif dans le maintien de leurs traditions vivantes et pertinentes. Nous recherchons des artisans du changement, des personnes qui ont dû surmonter de grandes difficultés et qui ont le pouvoir d'inspirer les autres à faire de même. Sur cette photo on peut voir Julian Ramirez, 27 ans. Il est père célibataire et travaille au casino local de la réserve de Standing Rock. Peu de temps après la naissance de son fils, Elijah, sa compagne les a quittés. Les cheveux longs sont une question de fierté chez les Indiens. Julian n'a jamais coupé les cheveux de son fils et dit qu'Elie ne sera pas autorisé à le faire jusqu'à l'âge de 13 ans.»

«Crisosto Apache, de la tribu Mescalero Apache, est un poète dont les oeuvres ont été publiées et qui écrit également des pièces qui soutiennent les initiatives LGBTQ auxquelles il participe en tant qu'Américain gay. Il explique qu'il n'y a pas de mot pour "gay" dans n'importe quelle langue amérindienne, mais on dit que ce sont des "êtres aux deux esprits”. Le terme "êtres aux deux esprits" dans les communautés autochtones est celui qui incarne les attributs des esprits masculins et féminins. Historiquement, dans de nombreuses nations tribales, avoir une personne bispirituelle dans votre famille était considéré comme une bénédiction parce que beaucoup de personnes bispirituelles devenaient souvent des personnes saintes au sein de la communauté.»
Crisosto | Carlotta Cardana

«Crisosto Apache, de la tribu Mescalero Apache, est un poète dont les oeuvres ont été publiées et qui écrit également des pièces qui soutiennent les initiatives LGBTQ auxquelles il participe en tant qu'Américain gay. Il explique qu'il n'y a pas de mot pour "gay" dans n'importe quelle langue amérindienne, mais on dit que ce sont des "êtres aux deux esprits”. Le terme "êtres aux deux esprits" dans les communautés autochtones est celui qui incarne les attributs des esprits masculins et féminins. Historiquement, dans de nombreuses nations tribales, avoir une personne bispirituelle dans votre famille était considéré comme une bénédiction parce que beaucoup de personnes bispirituelles devenaient souvent des personnes saintes au sein de la communauté.»

«Henrietta Stands Nelson, de l’ethnie des Lakota de la réserve indienne de Pine Ridge, chevauche son cheval moderne, une Harley Davidson nommée "Thunder" (tonnerre). À 51 ans, elle a décidé de réaliser le rêve de toute sa vie: conduire une moto. Aujourd'hui, elle participe à des campagnes de longue distance pour honorer différentes causes amérindiennes, dont beaucoup prennent plusieurs jours de trajet. L'un de ses plus récents voyages a été le Dakota Memorial Ride qui commémore le retrait forcé des nations Dakota et Winnebago de leurs terres pendant le conflit du Dakota de 1862. En dehors de l'équitation, Henrietta aide ses aînés amérindiens à défendre leurs droits contre la délocalisation de leurs terres et les compagnies pétrolières qui forent sur leurs terres et, finalement, empoisonnent leur eau.»
Henrietta sur sa moto | Carlotta Cardana

«Henrietta Stands Nelson, de l’ethnie des Lakota de la réserve indienne de Pine Ridge, chevauche son cheval moderne, une Harley Davidson nommée "Thunder" (tonnerre). À 51 ans, elle a décidé de réaliser le rêve de toute sa vie: conduire une moto. Aujourd'hui, elle participe à des campagnes de longue distance pour honorer différentes causes amérindiennes, dont beaucoup prennent plusieurs jours de trajet. L'un de ses plus récents voyages a été le Dakota Memorial Ride qui commémore le retrait forcé des nations Dakota et Winnebago de leurs terres pendant le conflit du Dakota de 1862. En dehors de l'équitation, Henrietta aide ses aînés amérindiens à défendre leurs droits contre la délocalisation de leurs terres et les compagnies pétrolières qui forent sur leurs terres et, finalement, empoisonnent leur eau.»

«Les peuples autochtones (pas tous) se méfient un peu des étrangers à cause de l’image qu’ils donnent de leur culture et de leurs communautés. Le contact était particulièrement difficile au début car nous n'avions pas grand chose à montrer sur ce que nous voulions faire et comment nous voulions aborder le sujet. Le financement du travail est également un gros problème, les frais de déplacement sont très élevés et le fait de photographier en argentique n'aide pas vraiment à avoir de bas coûts. Ici, Maka Clifford, professeur à la Red Cloud Indian School, est un descendant de Black Elk, le célèbre chef spirituel des Oglalas, connu pour le livre "Black Elk Speaks". Après avoir voyagé à travers le monde et enseigné l'anglais au Japon, il a réalisé que sa vocation le menait à sa réserve indienne pour enseigner à son propre peuple et pousser les enfants à explorer la vie hors de la réserve. Il est important de toujours savoir qui vous êtes culturellement en tant qu'Américain, mais il est également important d'avoir une éducation et de faire l'expérience du monde.»
Maka | Carlotta Cardana

«Les peuples autochtones (pas tous) se méfient un peu des étrangers à cause de l’image qu’ils donnent de leur culture et de leurs communautés. Le contact était particulièrement difficile au début car nous n'avions pas grand chose à montrer sur ce que nous voulions faire et comment nous voulions aborder le sujet. Le financement du travail est également un gros problème, les frais de déplacement sont très élevés et le fait de photographier en argentique n'aide pas vraiment à avoir de bas coûts. Ici, Maka Clifford, professeur à la Red Cloud Indian School, est un descendant de Black Elk, le célèbre chef spirituel des Oglalas, connu pour le livre "Black Elk Speaks". Après avoir voyagé à travers le monde et enseigné l'anglais au Japon, il a réalisé que sa vocation le menait à sa réserve indienne pour enseigner à son propre peuple et pousser les enfants à explorer la vie hors de la réserve. Il est important de toujours savoir qui vous êtes culturellement en tant qu'Américain, mais il est également important d'avoir une éducation et de faire l'expérience du monde.»

«Sage Honga, 22 ans, de la tribu Hualapai, a remporté le titre du concours annuel 2012, Miss Native American USA. À partir de là, elle a fait la promotion de son programme pour encourager les jeunes autochtones à quitter la réserve pour explorer le monde. Dans la culture amérindienne, la connaissance est le pouvoir et les jeunes sont encouragés à quitter les réserves, à recevoir une éducation et à revenir à la maison pour transmettre à leur peuple. Sage continue de parler aux jeunes en se concentrant sur quatre principes fondamentaux: le traditionalisme, la spiritualité, les problèmes contemporains et l'éducation. J’ai photographié Sage dans un site sacré du peuple Hualapai et l'une des sept merveilles naturelles du monde, le Grand Canyon. Elle porte une robe faite à la main et un maquillage naturel sur son visage, traditionnellement utilisé par les Hualapai.»
Sage dans la rivière Colorado | Carlotta Cardana

«Sage Honga, 22 ans, de la tribu Hualapai, a remporté le titre du concours annuel 2012, Miss Native American USA. À partir de là, elle a fait la promotion de son programme pour encourager les jeunes autochtones à quitter la réserve pour explorer le monde. Dans la culture amérindienne, la connaissance est le pouvoir et les jeunes sont encouragés à quitter les réserves, à recevoir une éducation et à revenir à la maison pour transmettre à leur peuple. Sage continue de parler aux jeunes en se concentrant sur quatre principes fondamentaux: le traditionalisme, la spiritualité, les problèmes contemporains et l'éducation. J’ai photographié Sage dans un site sacré du peuple Hualapai et l'une des sept merveilles naturelles du monde, le Grand Canyon. Elle porte une robe faite à la main et un maquillage naturel sur son visage, traditionnellement utilisé par les Hualapai.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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