«Contact High», une histoire visuelle du hip-hop
Monde / Culture

«Contact High», une histoire visuelle du hip-hop

«Après toutes ces années, nous avons désormais une vaste archive photographique, mais pas les histoires qui se tramaient derrière. On ne sait pas ce qui se passait à l'intérieur du hip-hop à ce moment-là», raconte la journaliste Vikki Tobak. Dans son dernier livre, Contact High: A Visual History of Hip-Hop, Vikki Tobak se plonge dans l'intimité des photographes du début du hip-hop à travers leurs planches-contacts. Quelle est l'histoire visuelle que nous associons à ce genre musical? Comment la photographie a-t-elle participé au message que ces artistes voulaient transmettre?

«Quand je me suis lancée dans ce projet, je voulais célébrer l'héritage visuel du hip-hop. Les gens ont toujours su ce qu'était cette musique, mais à quoi ressemblait-elle? Et qui documentait l'ascension de cette culture? Reprendre le travail de certains photographes et porter un regard sur ces vastes archives permet de raconter une histoire importante et puissante. Avant que le hip-hop ne devienne populaire dans le monde entier, les photographes présents dans ce livre documentaient la naissance de cette forme artistique. J'ai senti une grande responsabilité de bien agir face à la musique qui a changé ma vie.»
Tupac Danny Clinch | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«Quand je me suis lancée dans ce projet, je voulais célébrer l'héritage visuel du hip-hop. Les gens ont toujours su ce qu'était cette musique, mais à quoi ressemblait-elle? Et qui documentait l'ascension de cette culture? Reprendre le travail de certains photographes et porter un regard sur ces vastes archives permet de raconter une histoire importante et puissante. Avant que le hip-hop ne devienne populaire dans le monde entier, les photographes présents dans ce livre documentaient la naissance de cette forme artistique. J'ai senti une grande responsabilité de bien agir face à la musique qui a changé ma vie.»

«J'ai travaillé sur ce livre pendant environ trois ans, interviewant chaque photographe et parcourant leurs archives pour examiner les images. Mais mon envie de l'écrire remonte à bien plus loin. Je suis une enfant d'immigrés qui a grandi dans une ville afro-américaine traditionnelle similaire à Detroit et la musique est devenue une partie de moi-même. Ma famille y a émigré depuis le Kazakhstan lorsque j’avais 5 ans et je suis allée à l'école sans parler anglais. Ce sont les musiques des radios de Detroit, de Stevie Wonder, d'Aretha Franklin et les débuts de la house qui m'ont offert une fenêtre pour comprendre ce que je crois être l'Amérique. Cela m'a permis de définir ma compréhension de la culture et du rôle que la musique a joué pour créer des récits et des histoires. Je suis tombée amoureuse du hip-hop adolescente; j'étais alors très attirée par New York.»
The Popper Joe Conzo | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«J'ai travaillé sur ce livre pendant environ trois ans, interviewant chaque photographe et parcourant leurs archives pour examiner les images. Mais mon envie de l'écrire remonte à bien plus loin. Je suis une enfant d'immigrés qui a grandi dans une ville afro-américaine traditionnelle similaire à Detroit et la musique est devenue une partie de moi-même. Ma famille y a émigré depuis le Kazakhstan lorsque j’avais 5 ans et je suis allée à l'école sans parler anglais. Ce sont les musiques des radios de Detroit, de Stevie Wonder, d'Aretha Franklin et les débuts de la house qui m'ont offert une fenêtre pour comprendre ce que je crois être l'Amérique. Cela m'a permis de définir ma compréhension de la culture et du rôle que la musique a joué pour créer des récits et des histoires. Je suis tombée amoureuse du hip-hop adolescente; j'étais alors très attirée par New York.»

«Au début des années 1990, à 19 ans, j'ai déménagé de Detroit à New York et obtenu un emploi chez Payday Records / Empire Management. À l'époque, Payday représentait certains des plus grands noms du hip-hop underground: Jeru the Damaja, Masta Ace, le premier groupe de Mos Def, le premier contrat en single de Jay-Z –mais le label était réellement reconnu à cause de Gang Starr. J'ai travaillé avec eux alors qu'ils enregistraient Hard To Earn en tant que directrice de la publicité et du marketing. Je les aidais à répondre aux demandes d'interviews et à organiser les shootings photos. Je les accompagnais dans tous leurs tournages, leurs interviews... J'ai voyagé partout avec eux et j'ai appris ce que c'était que de voir les images se créer au fur et à mesure alors qu'elles étaients diffusées dans le monde.»
The Popper Joe Conzo | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«Au début des années 1990, à 19 ans, j'ai déménagé de Detroit à New York et obtenu un emploi chez Payday Records / Empire Management. À l'époque, Payday représentait certains des plus grands noms du hip-hop underground: Jeru the Damaja, Masta Ace, le premier groupe de Mos Def, le premier contrat en single de Jay-Z –mais le label était réellement reconnu à cause de Gang Starr. J'ai travaillé avec eux alors qu'ils enregistraient Hard To Earn en tant que directrice de la publicité et du marketing. Je les aidais à répondre aux demandes d'interviews et à organiser les shootings photos. Je les accompagnais dans tous leurs tournages, leurs interviews... J'ai voyagé partout avec eux et j'ai appris ce que c'était que de voir les images se créer au fur et à mesure alors qu'elles étaients diffusées dans le monde.»

«Après avoir travaillé pour le label, je suis devenue journaliste musique et culture. Plus tard, lorsque j'ai commencé à travailler comme productrice pour CNN et CBS et que j'ai approfondi le photojournalisme, les points ont commencé à se relier. Je me suis passionnée pour la façon dont les organisations traitent leurs archives et je pensais aux images du hip-hop –après toutes ces années, nous avons désormais une vaste archive photographique, mais pas les histoires qui se tramaient derrière. On ne sait pas ce qui se passait à l'intérieur de cette culture à ce moment-là. Ce livre était pour moi une façon de raconter une histoire plus nuancée de cette culture à travers l'objectif du photographe.»
Nas by Lisa Leone | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«Après avoir travaillé pour le label, je suis devenue journaliste musique et culture. Plus tard, lorsque j'ai commencé à travailler comme productrice pour CNN et CBS et que j'ai approfondi le photojournalisme, les points ont commencé à se relier. Je me suis passionnée pour la façon dont les organisations traitent leurs archives et je pensais aux images du hip-hop –après toutes ces années, nous avons désormais une vaste archive photographique, mais pas les histoires qui se tramaient derrière. On ne sait pas ce qui se passait à l'intérieur de cette culture à ce moment-là. Ce livre était pour moi une façon de raconter une histoire plus nuancée de cette culture à travers l'objectif du photographe.»

«J’ai fouillé des dizaines d'archives et j’ai été surprise de voir combien d'images sont encore disponibles. Certains de ces photographes n'avaient plus regardé leurs planches-contacts depuis des années et étaient surpris de ce qu'ils voyaient en les redécouvrant après tant de temps. Ces rouleaux de film, souvent rangés dans des boîtes à chaussures et des placards, contenaient des moments emblématiques mis de côté et encore jamais traités. Les images intermédiaires sur les planches-contacts racontent une histoire plus profonde. Elles dévoilent l'intimité entre le photographe et le sujet. Et surtout, elles montrent à quel point le hip-hop a évolué.»
Nas by Lisa Leone | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«J’ai fouillé des dizaines d'archives et j’ai été surprise de voir combien d'images sont encore disponibles. Certains de ces photographes n'avaient plus regardé leurs planches-contacts depuis des années et étaient surpris de ce qu'ils voyaient en les redécouvrant après tant de temps. Ces rouleaux de film, souvent rangés dans des boîtes à chaussures et des placards, contenaient des moments emblématiques mis de côté et encore jamais traités. Les images intermédiaires sur les planches-contacts racontent une histoire plus profonde. Elles dévoilent l'intimité entre le photographe et le sujet. Et surtout, elles montrent à quel point le hip-hop a évolué.»

«Je cherchais à comprendre comment ces moments-clés étaient arrivés, qui prenait les décisions et comment les artistes souhaitaient être représentés. Ils créaient une musique qui changeait le monde et voulaient que leurs photographies fassent partie de ce message. À propos de l'héritage visuel de Wu-Tang, RZA écrit dans un essai publié dans le livre: ils sont entrés dans l'industrie de la musique avec l'objectif de renverser toutes les tendances. Ils étaient attirés par les images de films de kung-fu pour la camaraderie et la fraternité des premiers films du genre. Vous voyez tout cela se jouer dans leur collaboration avec Danny Hastings pour la couverture du premier album de Wu-Tang.»
Barron Claiborne, Biggie Smalls | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«Je cherchais à comprendre comment ces moments-clés étaient arrivés, qui prenait les décisions et comment les artistes souhaitaient être représentés. Ils créaient une musique qui changeait le monde et voulaient que leurs photographies fassent partie de ce message. À propos de l'héritage visuel de Wu-Tang, RZA écrit dans un essai publié dans le livre: ils sont entrés dans l'industrie de la musique avec l'objectif de renverser toutes les tendances. Ils étaient attirés par les images de films de kung-fu pour la camaraderie et la fraternité des premiers films du genre. Vous voyez tout cela se jouer dans leur collaboration avec Danny Hastings pour la couverture du premier album de Wu-Tang.»

«Quand l'artiste et le photographe se rencontrent comme ça, c'est magique. Ils fabriquent un héritage. Beaucoup de photographes sont venus aux côtés des artistes. Les deux construisaient leurs carrières en même temps, ce qui n’est pas commun. Nombre de ces photographes n’ont pas été formés de manière professionnelle. Ils ont juste eu l'instinct de documenter le hip-hop avant que le monde ne leur en donne la permission.»
Barron Claiborne, Biggie Smalls | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«Quand l'artiste et le photographe se rencontrent comme ça, c'est magique. Ils fabriquent un héritage. Beaucoup de photographes sont venus aux côtés des artistes. Les deux construisaient leurs carrières en même temps, ce qui n’est pas commun. Nombre de ces photographes n’ont pas été formés de manière professionnelle. Ils ont juste eu l'instinct de documenter le hip-hop avant que le monde ne leur en donne la permission.»

«Grâce à ce travail, j'ai réalisé à quel point les récits oraux du photographe étaient importants dans le récit en général: les photographes ont certaines des meilleures histoires et ont assisté aux moments les plus intimes des coulisses. Ils voient les artistes frustrés, en train de travailler, de faire des erreurs... Ils témoignent de tous ces moments-clés! Le public ne voit bien souvent que le produit fini, la photo parfaite, la chanson parfaite.»
Kendrick Lamar Jorge Peniche | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«Grâce à ce travail, j'ai réalisé à quel point les récits oraux du photographe étaient importants dans le récit en général: les photographes ont certaines des meilleures histoires et ont assisté aux moments les plus intimes des coulisses. Ils voient les artistes frustrés, en train de travailler, de faire des erreurs... Ils témoignent de tous ces moments-clés! Le public ne voit bien souvent que le produit fini, la photo parfaite, la chanson parfaite.»

«Je voulais entendre parler du désordre, des difficultés et du dépassement. Je me suis donc demandé quelles décisions étaient prises en cours de route concernant les images qui façonnaient le hip-hop. En accédant à ces planches-contacts originales et non-éditées, nous pouvons voir comment les photographes envisagaient le séquençage, quand ils appuyaient sur le déclencheur et quels étaient leurs différents angles. Parcourir des planches-contacts, c'est comme laisser entrer un secret, comme aller dans les coulisses et plus loin dans l'histoire.»
Kendrick Lamar Jorge Peniche | Reprinted from Contact High © 2018 by Vikki Tobak. Published by Clarkson Potter, an imprint of Penguin Random House, LLC.

«Je voulais entendre parler du désordre, des difficultés et du dépassement. Je me suis donc demandé quelles décisions étaient prises en cours de route concernant les images qui façonnaient le hip-hop. En accédant à ces planches-contacts originales et non-éditées, nous pouvons voir comment les photographes envisagaient le séquençage, quand ils appuyaient sur le déclencheur et quels étaient leurs différents angles. Parcourir des planches-contacts, c'est comme laisser entrer un secret, comme aller dans les coulisses et plus loin dans l'histoire.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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