«Je photographie ces danseurs noirs pour qu'ils voient qu'ils sont beaux, gracieux et doués»
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«Je photographie ces danseurs noirs pour qu'ils voient qu'ils sont beaux, gracieux et doués»

Depuis quatre ans, Idris Solomon mène un projet photographique intitulé Blackbirds qui documente une structure unique aux États-Unis: le Dance Theatre de Harlem. Créée en 1969, cette école de danse de New York forme des Afro-Américains au ballet et se produit dans le monde entier. «On a longtemps répété aux danseurs noirs qu'ils n'avaient ni le physique, ni la discipline, ni l'intelligence nécessaires pour exécuter des ballets au plus haut niveau, explique-t-il. Le danseur Arthur Mitchell a créé le Dance Theatre de Harlem avec la mission d'offrir une éducation et des opportunités créatives pour les jeunes noirs.»

Dance Theatre of Harlem studio, décembre 2013 | Idris Solomon

 

«Si on m’avait dit il y a cinq ans que je photographierais des danseurs de ballet, j'aurais ri au nez de la personne. Je n'ai jamais été intéressé par la danse. Et surtout pas par le ballet. À l'époque, je commençais à prendre la photographie au sérieux et un ancien de mes professeurs, Frank Fournier, m'a suggéré de commencer à me concentrer sur des projets plutôt que de faire des photos au hasard.»

Dance Theatre of Harlem studio, décembre 2013 | Idris Solomon

 

«Si on m’avait dit il y a cinq ans que je photographierais des danseurs de ballet, j'aurais ri au nez de la personne. Je n'ai jamais été intéressé par la danse. Et surtout pas par le ballet. À l'époque, je commençais à prendre la photographie au sérieux et un ancien de mes professeurs, Frank Fournier, m'a suggéré de commencer à me concentrer sur des projets plutôt que de faire des photos au hasard.»

Dance Theatre of Harlem studio, novembre 2017 | Idris Solomon

 

«Carmen De Lavallade dirige un atelier pour des élèves invités. Elle leur explique à quel point il faut vraiment écouter la musique. Elle veut qu'ils apprennent les mots de toutes les chansons qu'ils dansent et traduisent ensuite ces mots en mouvement. Pour elle, il ne devrait pas y avoir de séparation entre le danseur et la musique. Blackbirds est un projet photo sur le Dance Theatre de Harlem. Un jour, je photographiais les danseurs pendant la répétition et j'entendais quelqu'un mentionner qu'ils dansaient sur quelque chose appelé Firebird. Firebird est un célèbre ballet russe. J'ai pensé que ce serait une bonne idée d'emprunter le nom de Firebird et de l'utiliser d'une manière inspirante.»

Dance Theatre of Harlem studio, novembre 2017 | Idris Solomon

 

«Carmen De Lavallade dirige un atelier pour des élèves invités. Elle leur explique à quel point il faut vraiment écouter la musique. Elle veut qu'ils apprennent les mots de toutes les chansons qu'ils dansent et traduisent ensuite ces mots en mouvement. Pour elle, il ne devrait pas y avoir de séparation entre le danseur et la musique. Blackbirds est un projet photo sur le Dance Theatre de Harlem. Un jour, je photographiais les danseurs pendant la répétition et j'entendais quelqu'un mentionner qu'ils dansaient sur quelque chose appelé Firebird. Firebird est un célèbre ballet russe. J'ai pensé que ce serait une bonne idée d'emprunter le nom de Firebird et de l'utiliser d'une manière inspirante.»

Dance Theatre of Harlem studio, novembre 2017 | Idris Solomon

 

«Une bonne amie, Keyana Patterson, travaille là-bas. Un jour, elle m'a invité à aller à l'école pour photographier une répétition. J'ai accepté l'invitation. Quand je suis arrivé, ils m'ont donné un petit espace pour photographier la performance. J'ai rapidement ignoré les directives et j'ai commencé à errer dans les coulisses et à capter des danseurs dans des moments calmes et francs. C'est alors que j'ai réalisé que j'avais découvert la magie. J'ai préparé une présentation et proposé de photographier l'école à long terme. Cela fait quatre ans maintenant. Sur cette photo, les élèves répètent une chorégraphie. Ce qui me frappe dans cette image, c'est l'uniformité de cet art. Tous les danseurs s'habillent de la même manière, portent les mêmes coiffures et font les mêmes gestes. Je voulais capturer cette identité dans cette photo. J'aime photographier le calme de la danse.»

Dance Theatre of Harlem studio, novembre 2017 | Idris Solomon

 

«Une bonne amie, Keyana Patterson, travaille là-bas. Un jour, elle m'a invité à aller à l'école pour photographier une répétition. J'ai accepté l'invitation. Quand je suis arrivé, ils m'ont donné un petit espace pour photographier la performance. J'ai rapidement ignoré les directives et j'ai commencé à errer dans les coulisses et à capter des danseurs dans des moments calmes et francs. C'est alors que j'ai réalisé que j'avais découvert la magie. J'ai préparé une présentation et proposé de photographier l'école à long terme. Cela fait quatre ans maintenant. Sur cette photo, les élèves répètent une chorégraphie. Ce qui me frappe dans cette image, c'est l'uniformité de cet art. Tous les danseurs s'habillent de la même manière, portent les mêmes coiffures et font les mêmes gestes. Je voulais capturer cette identité dans cette photo. J'aime photographier le calme de la danse.»

Dance Theatre of Harlem studio, novembre 2017 | Idris Solomon

 

«Carmen de Lavallade donne quelques derniers conseils avant la fin de la répétition. Je vois combien il est difficile pour ces jeunes danseurs de danser le ballet. Il faut tellement de travail pour être gracieux. Il était important pour moi de capter des moments intimes d'encouragements qui aident les jeunes à rester inspirés et motivés pour continuer à danser. Le Dance Theater de Harlem a été fondé en 1969 par Arthur Mitchell et Karel Shook. Il s’agit de la première troupe de ballet à prédominance noire dans le monde entier. Mais bien que l’école ait été créée pour les danseurs noirs, elle ouvre ses portes à tous ceux qui sont intéressés.»

Dance Theatre of Harlem studio, novembre 2017 | Idris Solomon

 

«Carmen de Lavallade donne quelques derniers conseils avant la fin de la répétition. Je vois combien il est difficile pour ces jeunes danseurs de danser le ballet. Il faut tellement de travail pour être gracieux. Il était important pour moi de capter des moments intimes d'encouragements qui aident les jeunes à rester inspirés et motivés pour continuer à danser. Le Dance Theater de Harlem a été fondé en 1969 par Arthur Mitchell et Karel Shook. Il s’agit de la première troupe de ballet à prédominance noire dans le monde entier. Mais bien que l’école ait été créée pour les danseurs noirs, elle ouvre ses portes à tous ceux qui sont intéressés.»

Dance Theatre of Harlem studio, mars 2015 | Idris Solomon

 

«Sur cette photo, le professeur Darryl Quinton tente d'attirer l'attention de ses élèves. Les élèves étaient partout. Ils parlaient, riaient, regardaient dans tous les sens. Quand M. Quinton a pu les amener à se concentrer sur la danse, j'ai réalisé que la discipline commence tôt dans cette forme d'art. Les danseurs viennent de tout New York. Comme pour toute chose, certains étudiants sont dévoués parce qu'ils sont passionnés. D'autres dansent pour s’amuser. Il est difficile de dire combien veulent être des professionnels.»

Dance Theatre of Harlem studio, mars 2015 | Idris Solomon

 

«Sur cette photo, le professeur Darryl Quinton tente d'attirer l'attention de ses élèves. Les élèves étaient partout. Ils parlaient, riaient, regardaient dans tous les sens. Quand M. Quinton a pu les amener à se concentrer sur la danse, j'ai réalisé que la discipline commence tôt dans cette forme d'art. Les danseurs viennent de tout New York. Comme pour toute chose, certains étudiants sont dévoués parce qu'ils sont passionnés. D'autres dansent pour s’amuser. Il est difficile de dire combien veulent être des professionnels.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2015 | Idris Solomon

 

«Trois étudiants font la queue pour monter sur scène. Quand les gens pensent au ballet, ils imaginent souvent des femmes en justaucorps. J'ai pensé qu'il était important d'inclure de jeunes danseurs noirs dans le projet parce qu'ils sont rarement vus. Ces trois figures se tenaient comme des statues avant leur performance. C'était une scène puissante que le public attendait avec impatience. Le monde du ballet a été longtemps fermé aux personnes de couleur. On a longtemps répété aux danseurs noirs qu'ils n'avaient ni le physique, ni la discipline, ni l'intelligence nécessaires pour exécuter des ballets au plus haut niveau. Le danseur Arthur Mitchell a créé le Dance Theatre de Harlem avec la mission d'offrir une éducation et des opportunités créatives pour les jeunes noirs.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2015 | Idris Solomon

 

«Trois étudiants font la queue pour monter sur scène. Quand les gens pensent au ballet, ils imaginent souvent des femmes en justaucorps. J'ai pensé qu'il était important d'inclure de jeunes danseurs noirs dans le projet parce qu'ils sont rarement vus. Ces trois figures se tenaient comme des statues avant leur performance. C'était une scène puissante que le public attendait avec impatience. Le monde du ballet a été longtemps fermé aux personnes de couleur. On a longtemps répété aux danseurs noirs qu'ils n'avaient ni le physique, ni la discipline, ni l'intelligence nécessaires pour exécuter des ballets au plus haut niveau. Le danseur Arthur Mitchell a créé le Dance Theatre de Harlem avec la mission d'offrir une éducation et des opportunités créatives pour les jeunes noirs.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2014 | Idris Solomon

 

«Tout dans cette image repose sur la lumière. Je suis souvent coincé car j'ai l'impression de faire toujours les mêmes images. Au fil des années, j'ai développé une relation de confiance avec le théâtre. Ils comprennent que je m'intéresse aux coulisses mais ils m'appellent aussi parfois pour photographier des performances. C'est mon premier projet photo à long terme. Je n'ai aucune idée de vers où je vais. Je continue juste, et espère que ce que je fais fonctionne. L'un des plus grands défis est de savoir quand le projet sera terminé. Mais pour ce projet j'imagine que je vais photographier l'école pendant encore longtemps. C'est un défi constant de ramener de nouvelles images du même studio que je photographie depuis plusieurs années déjà.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2014 | Idris Solomon

 

«Tout dans cette image repose sur la lumière. Je suis souvent coincé car j'ai l'impression de faire toujours les mêmes images. Au fil des années, j'ai développé une relation de confiance avec le théâtre. Ils comprennent que je m'intéresse aux coulisses mais ils m'appellent aussi parfois pour photographier des performances. C'est mon premier projet photo à long terme. Je n'ai aucune idée de vers où je vais. Je continue juste, et espère que ce que je fais fonctionne. L'un des plus grands défis est de savoir quand le projet sera terminé. Mais pour ce projet j'imagine que je vais photographier l'école pendant encore longtemps. C'est un défi constant de ramener de nouvelles images du même studio que je photographie depuis plusieurs années déjà.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2014 | Idris Solomon


«Ingrid Silva donne des instructions à une élève lors d'un atelier intensif d'été. La plupart du temps, je photographie des groupes de danseurs. Il est rare d'assister à des interactions individuelles entre un étudiant et un instructeur. J’ai choisi intentionnellement de convertir les images en noir et blanc. Je voulais créer quelque chose d'intemporel. Je pense qu'il est important, en tant qu'homme noir, de se tenir derrière l’appareil photo pour documenter la culture noire.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2014 | Idris Solomon


«Ingrid Silva donne des instructions à une élève lors d'un atelier intensif d'été. La plupart du temps, je photographie des groupes de danseurs. Il est rare d'assister à des interactions individuelles entre un étudiant et un instructeur. J’ai choisi intentionnellement de convertir les images en noir et blanc. Je voulais créer quelque chose d'intemporel. Je pense qu'il est important, en tant qu'homme noir, de se tenir derrière l’appareil photo pour documenter la culture noire.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2014 | Idris Solomon

 

«J'ai été invité à photographier Misty Copeland, la première danseuse étoile afro-américaine de l'American Ballet Theatre, lorsqu'elle est venue donner une conférence à l'école. La plupart des jeunes voient Misty Copeland sur la grande scène mais ils ne savent pas tout le travail qu'il lui a fallu effectuer pour qu'elle y arrive. Je veux que les étudiants, dans le futur, regardent mes photos et sentent une connexion. Dans mon esprit, j'envisage de photographier le Dance Theatre de Harlem pendant de nombreuses années. L'école tient une place très spéciale dans mon coeur. Je veux que mes photos soient un fil conducteur pour tous les étudiants que je photographie.»

Dance Theatre of Harlem studio, août 2014 | Idris Solomon

 

«J'ai été invité à photographier Misty Copeland, la première danseuse étoile afro-américaine de l'American Ballet Theatre, lorsqu'elle est venue donner une conférence à l'école. La plupart des jeunes voient Misty Copeland sur la grande scène mais ils ne savent pas tout le travail qu'il lui a fallu effectuer pour qu'elle y arrive. Je veux que les étudiants, dans le futur, regardent mes photos et sentent une connexion. Dans mon esprit, j'envisage de photographier le Dance Theatre de Harlem pendant de nombreuses années. L'école tient une place très spéciale dans mon coeur. Je veux que mes photos soient un fil conducteur pour tous les étudiants que je photographie.»

Dance Theatre of Harlem studio, mars 2014 | Idris Solomon


«J'ai grandi en faisant beaucoup de sport. Je riais quand on me disait que la danse était un défi physique, surtout le ballet. J'ai photographié cette élève en train de se panser le pied avant la répétition puis je l'ai vue danser pendant une heure sur ses pieds meurtris. En tant que photographe afro-américain, j'ai trouvé dérangeant de n’étudier que trop rarement le travail de photographes afro-américains. Cela m'a même amené à me demander s'ils avaient existé. Et si oui, pourquoi n’ont-ils pas été inclus dans le programme? Je pense qu'il est important que les gens se voient représentés dans les champs qu'ils investissent. J'ai choisi de documenter les coulisses du Dance Theatre de Harlem pour que les jeunes danseurs noirs puissent se voir représentés».

Dance Theatre of Harlem studio, mars 2014 | Idris Solomon


«J'ai grandi en faisant beaucoup de sport. Je riais quand on me disait que la danse était un défi physique, surtout le ballet. J'ai photographié cette élève en train de se panser le pied avant la répétition puis je l'ai vue danser pendant une heure sur ses pieds meurtris. En tant que photographe afro-américain, j'ai trouvé dérangeant de n’étudier que trop rarement le travail de photographes afro-américains. Cela m'a même amené à me demander s'ils avaient existé. Et si oui, pourquoi n’ont-ils pas été inclus dans le programme? Je pense qu'il est important que les gens se voient représentés dans les champs qu'ils investissent. J'ai choisi de documenter les coulisses du Dance Theatre de Harlem pour que les jeunes danseurs noirs puissent se voir représentés».

Symphony Space, mai 2014 | Idris Solomon

 

«Cette photo montre les étudiants du Dance Theater of Harlem lors de leur représentation annuelle. C'était un grand spectacle. Les lumières étaient étincelantes, l'Auditorium était emballé. Je photographie ces jeunes car je veux qu'ils voient qu'ils sont beaux, gracieux et doués. Je pense qu'il est important pour un Afro-Américain de documenter la culture. Je ne suis pas le plus grand photographe. Je ne suis même pas un photographe de danse. Mais je tente de raconter l'histoire aussi honnêtement que possible. Je me dis que cela donne du pouvoir aux danseurs, mais aussi aux jeunes photographes noirs qui rêvent de faire de la photo.»

Symphony Space, mai 2014 | Idris Solomon

 

«Cette photo montre les étudiants du Dance Theater of Harlem lors de leur représentation annuelle. C'était un grand spectacle. Les lumières étaient étincelantes, l'Auditorium était emballé. Je photographie ces jeunes car je veux qu'ils voient qu'ils sont beaux, gracieux et doués. Je pense qu'il est important pour un Afro-Américain de documenter la culture. Je ne suis pas le plus grand photographe. Je ne suis même pas un photographe de danse. Mais je tente de raconter l'histoire aussi honnêtement que possible. Je me dis que cela donne du pouvoir aux danseurs, mais aussi aux jeunes photographes noirs qui rêvent de faire de la photo.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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