«Les pieds dans l'eau, tout le monde est vulnérable»
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«Les pieds dans l'eau, tout le monde est vulnérable»

Depuis douze ans, le photographe sud-africain Gideon Mendel parcourt le monde pour photographier les victimes de catastrophes climatiques dans dix-neuf pays –parmi lesquels le Royaume-Uni, où il habite, le Brésil, l'Inde, les Philippines, le Bangladesh, le Nigeria, les États-Unis, l'Allemagne ou encore la France. Sa série «Submerged Portraits», réalisée dans le cadre de son projet Drowning World, était récemment exposée au Musée des arts décoratifs de Namur, en Belgique. Elle actuellement visible à la Maison de la culture d'Amiens jusqu'au 11 novembre.

 

«Je travaille sur ce projet depuis douze ans. En 2007, j'ai photographié deux inondations en l'espace de quelques semaines, l'une au nord de l'Angleterre, l'autre en Inde. Ces deux pays sont très différents et pourtant, ces personnes vivaient la même tragédie. Les pieds dans l'eau, tout le monde est vulnérable.»
Adlene Pierre Savanne Desolée, Gonaïves (Haïti), septembre 2008. | Gideon Mendel

«Je travaille sur ce projet depuis douze ans. En 2007, j'ai photographié deux inondations en l'espace de quelques semaines, l'une au nord de l'Angleterre, l'autre en Inde. Ces deux pays sont très différents et pourtant, ces personnes vivaient la même tragédie. Les pieds dans l'eau, tout le monde est vulnérable.»

«Je ne prends pas de risques –en tout cas, le moins possible. Je ne débarque pas dans une zone quand le niveau de l'eau est en train de monter. Parfois, l'eau stagne quelques jours, voire plusieurs semaines. C'est à ce moment-là que je rencontre les gens et qu'ils m'emmènent chez eux. En général, j'ai un peu de mal à les convaincre de se laisser photographier. Quand tu es touché par une inondation, tu es évidemment en colère. Mais si tu offres aux gens la possibilité de témoigner sur ce qui leur est arrivé, ils sont partants.»
Sakorn Ponsiri Chumchon, communauté Ruamjai, Bangkok (Thaïlande), novembre 2011. | Gideon Mendel

«Je ne prends pas de risques –en tout cas, le moins possible. Je ne débarque pas dans une zone quand le niveau de l'eau est en train de monter. Parfois, l'eau stagne quelques jours, voire plusieurs semaines. C'est à ce moment-là que je rencontre les gens et qu'ils m'emmènent chez eux. En général, j'ai un peu de mal à les convaincre de se laisser photographier. Quand tu es touché par une inondation, tu es évidemment en colère. Mais si tu offres aux gens la possibilité de témoigner sur ce qui leur est arrivé, ils sont partants.»

«C'est difficile au niveau logistique, un gros défi. J'ai accumulé beaucoup d'expérience et de compétences avec les années pour parvenir à travailler dans ces conditions. Physiquement et émotionnellement, c'est éprouvant. J'ai cassé de nombreux appareils, certains sont tombés dans l'eau, j'ai ruiné plusieurs téléphones.»
Chinta et Samundri Davi, village de Salempur (Inde), août 2007. | Gideon Mendel

«C'est difficile au niveau logistique, un gros défi. J'ai accumulé beaucoup d'expérience et de compétences avec les années pour parvenir à travailler dans ces conditions. Physiquement et émotionnellement, c'est éprouvant. J'ai cassé de nombreux appareils, certains sont tombés dans l'eau, j'ai ruiné plusieurs téléphones.»

«L'une des raisons pour lesquelles j'ai initié ce projet tient à son impact direct sur le public. Je voulais que cette expérience soit viscérale, frontale. Cette série, c'est le meilleur moyen que j'ai trouvé pour essayer de faire prendre conscience aux gens. On en parlait, mais je pense qu'on était très distants.»
Exposition du travail de Gideon Mendel, Zone i, Thoré-La-Rochette (France), mai 2019.

«L'une des raisons pour lesquelles j'ai initié ce projet tient à son impact direct sur le public. Je voulais que cette expérience soit viscérale, frontale. Cette série, c'est le meilleur moyen que j'ai trouvé pour essayer de faire prendre conscience aux gens. On en parlait, mais je pense qu'on était très distants.»

«J'ai du mal à terminer ce projet. Je n'ai pas encore publié de livre, car je sens qu'il est encore incomplet. La plupart des gens me disent de passer à autre chose. J'ai achevé beaucoup de projets, mais le sujet du changement climatique est différent. On l'a vu récemment avec l'ouragan Dorian, les conséquences des catastrophes climatiques dues au réchauffement de la planète sont de pire en pire.»
Séverine Leboeuf, rue de Belle Place, Villeneuve-Saint-Georges (France), février 2018. | Gideon Mendel

«J'ai du mal à terminer ce projet. Je n'ai pas encore publié de livre, car je sens qu'il est encore incomplet. La plupart des gens me disent de passer à autre chose. J'ai achevé beaucoup de projets, mais le sujet du changement climatique est différent. On l'a vu récemment avec l'ouragan Dorian, les conséquences des catastrophes climatiques dues au réchauffement de la planète sont de pire en pire.»

«Quand j'ai débuté en 2007, j'imaginais comment serait la vie pour mes enfants lorsqu'ils auraient mon âge. Je pensais au monde en 2040 ou 2050. Ce qui est terrifiant, c'est que j'avais peur pour eux et désormais, j'ai peur pour moi aussi. L'impact du changement climatique dans les dix dernières années est effrayant. On ne sait pas trop ce qui est en train de se passer.»
Exposition du travail de Gideon Mendel, MSU Broad Art Museum, East Lansing (États-Unis), 2016.

«Quand j'ai débuté en 2007, j'imaginais comment serait la vie pour mes enfants lorsqu'ils auraient mon âge. Je pensais au monde en 2040 ou 2050. Ce qui est terrifiant, c'est que j'avais peur pour eux et désormais, j'ai peur pour moi aussi. L'impact du changement climatique dans les dix dernières années est effrayant. On ne sait pas trop ce qui est en train de se passer.»

«Les jeunes utilisent mes portraits durant les manifestations pour le climat. Ce qu'ils font m'impressionne. Ils sont très énervés et désespérés par ce que ma génération a fait. Tout ce qu'on peut faire, c'est les encourager.»
Manifestation d'Extinction Rebellion, Londres (Royaume-Uni), avril 2019. | Gideon Mendel

«Les jeunes utilisent mes portraits durant les manifestations pour le climat. Ce qu'ils font m'impressionne. Ils sont très énervés et désespérés par ce que ma génération a fait. Tout ce qu'on peut faire, c'est les encourager.»

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