«Une avalanche, on ne veut pas imaginer que ça puisse nous tomber dessus»
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«Une avalanche, on ne veut pas imaginer que ça puisse nous tomber dessus»

Le Freeride World Tour est une compétition internationale qui compte cinq manches au cours de l’hiver. Les athlètes –les freeriders– s’élancent depuis des sommets vierges et escarpés pour dévaler la pente le plus vite possible, tout en enchaînant des figures au-dessus des barres rocheuses ou d’obstacles naturels qui se dressent sur leur passage. Spectaculaire et dangereuse, cette discipline demande une concentration maximale et une solide connaissance de la montagne. La première épreuve de l’année 2019 se tenait en janvier à proximité de la station d’Hakuba, dans les Alpes japonaises. Nous avons suivi les skieurs et snowboardeurs avant leur saut dans le vide.

Pratiqué en hors-piste, loin des domaines skiables, et sur des pentes très raides, le freeride expose les concurrents au risque d’avalanche. À Hakuba, des guides ont commencé à inspecter la face sélectionnée par l’organisation deux semaines avant la course. Le but: minimiser les risques. Au Japon, dans un souci de protection de l’environnement, l’usage d’explosif pour déclencher des coulées est interdit. Ce sont les guides, qui en coupant la pente avec leurs skis font s’écrouler les plaques de neige menaçantes.
Skieur japonais | J. Bernard / Freeride World Tour

Pratiqué en hors-piste, loin des domaines skiables, et sur des pentes très raides, le freeride expose les concurrents au risque d’avalanche. À Hakuba, des guides ont commencé à inspecter la face sélectionnée par l’organisation deux semaines avant la course. Le but: minimiser les risques. Au Japon, dans un souci de protection de l’environnement, l’usage d’explosif pour déclencher des coulées est interdit. Ce sont les guides, qui en coupant la pente avec leurs skis font s’écrouler les plaques de neige menaçantes.

La veille de l’épreuve, un atelier anti-avalanche était organisé pour rappeler aux athlètes les réflexes à avoir en cas de coup dur. «On apprend à chaque fois quelque chose de nouveau. Une avalanche, on ne veut pas imaginer que ça puisse nous tomber dessus, mais on doit pourtant être prêt à y faire face», dit Ludovic Guillot-Diat, snowboardeur français. «Les secours ne sont pas aussi bien organisés ici qu'en Europe pour intervenir loin des stations. S'il vous arrive quelque chose, vous êtes souvent livré à vous-même», s’inquiète Yukiyasu Matsuzawa, vice-président du bureau des guides de la station d’Hakuba.
Veille de course: brief anti-avalanche | Camille Belsoeur

La veille de l’épreuve, un atelier anti-avalanche était organisé pour rappeler aux athlètes les réflexes à avoir en cas de coup dur. «On apprend à chaque fois quelque chose de nouveau. Une avalanche, on ne veut pas imaginer que ça puisse nous tomber dessus, mais on doit pourtant être prêt à y faire face», dit Ludovic Guillot-Diat, snowboardeur français. «Les secours ne sont pas aussi bien organisés ici qu'en Europe pour intervenir loin des stations. S'il vous arrive quelque chose, vous êtes souvent livré à vous-même», s’inquiète Yukiyasu Matsuzawa, vice-président du bureau des guides de la station d’Hakuba.

Les freeriders n’ont pas le droit d’effectuer une reconnaissance de la face spatules aux pieds avant le jour J. Ils ont en revanche la possibilité d’observer à la jumelle les aspects techniques du parcours: barres rocheuses, degré de la pente, état de la neige… Il n’est pas rare qu’un athlète passe deux heures aux jumelles à noter le moindre détail. Victor de Le Rue, héros de films de glisse réalisés en milieu sauvage, apprécie cette phase d’observation. «Pour quelqu’un comme moi qui ne faisait pas de compétition avant, c’est vraiment quelque chose d’atypique de ne pas pouvoir rider la face avant le jour J. À Hakuba, à cause du mauvais temps, on n’a même pas pu grimper au pied de la face la veille de la course pour l’observer en grandeur nature. Cela ajoute de l’inconnu à la difficulté», indique-t-il.
Observation de la face à la jumelle | Freeride World Tour

Les freeriders n’ont pas le droit d’effectuer une reconnaissance de la face spatules aux pieds avant le jour J. Ils ont en revanche la possibilité d’observer à la jumelle les aspects techniques du parcours: barres rocheuses, degré de la pente, état de la neige… Il n’est pas rare qu’un athlète passe deux heures aux jumelles à noter le moindre détail. Victor de Le Rue, héros de films de glisse réalisés en milieu sauvage, apprécie cette phase d’observation. «Pour quelqu’un comme moi qui ne faisait pas de compétition avant, c’est vraiment quelque chose d’atypique de ne pas pouvoir rider la face avant le jour J. À Hakuba, à cause du mauvais temps, on n’a même pas pu grimper au pied de la face la veille de la course pour l’observer en grandeur nature. Cela ajoute de l’inconnu à la difficulté», indique-t-il.

Les compétitions de freeride ont lieu loin de toute remontée mécanique. Les athlètes doivent donc grimper au sommet par leurs propres moyens. C’est-à-dire à pied, les skis ou le snow sur le dos. «Parmi les plus jeunes du circuit, certains n’apprécient pas ce moment. Notamment les freeriders qui débarquent du freestyle (réalisation de figures sur un espace aménagé), une discipline moins immergée dans la montagne», note Cyrille Jacobsen, membre de la direction du Freeride World Tour. «Quand je grimpe, c’est un moment de dialogue avec moi-même. On peut observer de près la ligne que l’on veut choisir pour la descente. Ce n’est pas reposant, mais c’est un moment que j’apprécie. Je suis dans ma bulle», raconte Yann Rausis, skieur suisse. 
À l’assaut du sommet | M. Knoll / Freeride World Tour

Les compétitions de freeride ont lieu loin de toute remontée mécanique. Les athlètes doivent donc grimper au sommet par leurs propres moyens. C’est-à-dire à pied, les skis ou le snow sur le dos. «Parmi les plus jeunes du circuit, certains n’apprécient pas ce moment. Notamment les freeriders qui débarquent du freestyle (réalisation de figures sur un espace aménagé), une discipline moins immergée dans la montagne», note Cyrille Jacobsen, membre de la direction du Freeride World Tour. «Quand je grimpe, c’est un moment de dialogue avec moi-même. On peut observer de près la ligne que l’on veut choisir pour la descente. Ce n’est pas reposant, mais c’est un moment que j’apprécie. Je suis dans ma bulle», raconte Yann Rausis, skieur suisse. 

Les freeriders effectuent l’ascension de 900 mètres de dénivelé en environ une heure et demie. «En grimpant, le cerveau nous joue des tours. Dans notre tête, on se fait nos films sur la descente. J’ai tendance à être stressé avant la course et encore plus quand je regarde la face que l’on va descendre. Mais plus on monte, plus on est dans notre élément et le stress se transforme en une énergie positive», analyse Ludovic Guillot-Diat.
À l’assaut du sommet | J. Bernard / Freeride World Tour

Les freeriders effectuent l’ascension de 900 mètres de dénivelé en environ une heure et demie. «En grimpant, le cerveau nous joue des tours. Dans notre tête, on se fait nos films sur la descente. J’ai tendance à être stressé avant la course et encore plus quand je regarde la face que l’on va descendre. Mais plus on monte, plus on est dans notre élément et le stress se transforme en une énergie positive», analyse Ludovic Guillot-Diat.

Une fois en haut de la montagne, les compétiteurs patientent en attendant leur tour. Le passage d’un nuage ou d’une rafale de vent repousse parfois de quelques minutes le départ d’un participant. Certains jours, le mauvais temps peut rendre ce moment très désagréable. Pour la plupart, les freeriders calculent leur temps d’ascension pour arriver une poignée de minutes avant l’horaire de départ de leur manche. «Quand je suis arrivé en haut à Hakuba, j'ai relâché la pression en écoutant de la musique. J’avais enregistré le concert de percussions du groupe japonais qui avait joué lors de la cérémonie d’ouverture la veille. Il y avait une telle énergie qui se dégageait de leur musique, c’était parfait pour me préparer mentalement», confie Yann Rausis. 
L’attente au sommet | J. Bernard / Freeride World Tour

Une fois en haut de la montagne, les compétiteurs patientent en attendant leur tour. Le passage d’un nuage ou d’une rafale de vent repousse parfois de quelques minutes le départ d’un participant. Certains jours, le mauvais temps peut rendre ce moment très désagréable. Pour la plupart, les freeriders calculent leur temps d’ascension pour arriver une poignée de minutes avant l’horaire de départ de leur manche. «Quand je suis arrivé en haut à Hakuba, j'ai relâché la pression en écoutant de la musique. J’avais enregistré le concert de percussions du groupe japonais qui avait joué lors de la cérémonie d’ouverture la veille. Il y avait une telle énergie qui se dégageait de leur musique, c’était parfait pour me préparer mentalement», confie Yann Rausis. 

Les skieurs et snowboardeurs dévalent littéralement la pente. Il leur faut en moyenne entre trois et cinq minutes pour rejoindre l’arche d’arrivée. Avant de s’élancer, les freeriders visualisent mentalement leur parcours et leurs figures. Chaque athlète opte pour sa propre ligne. La prise de risque est encouragée. «Au départ au sommet, j’avais les jambes coupées. C’était le premier événement de la saison, on ne sait pas trop comment le corps va réagir. Et puis une fois les premiers virages effectués, je me suis libérée. C’était parfait», réagit Maud Besse, skieuse suisse, classée deuxième de l’étape d’Hakuba. «Il y a toujours une appréhension au départ. Mais je me libère quand je fais mes tricks», ajoute Ludovic Guillot-Diat.
Les dernières secondes avant le départ | J. Bernard / Freeride World Tour

Les skieurs et snowboardeurs dévalent littéralement la pente. Il leur faut en moyenne entre trois et cinq minutes pour rejoindre l’arche d’arrivée. Avant de s’élancer, les freeriders visualisent mentalement leur parcours et leurs figures. Chaque athlète opte pour sa propre ligne. La prise de risque est encouragée. «Au départ au sommet, j’avais les jambes coupées. C’était le premier événement de la saison, on ne sait pas trop comment le corps va réagir. Et puis une fois les premiers virages effectués, je me suis libérée. C’était parfait», réagit Maud Besse, skieuse suisse, classée deuxième de l’étape d’Hakuba. «Il y a toujours une appréhension au départ. Mais je me libère quand je fais mes tricks», ajoute Ludovic Guillot-Diat.

La moindre réception ratée peut provoquer une chute violente et de graves blessures. Le corps des freeriders est malmené. En 2014, lors d’une épreuve dans l’Utah, Ludovic Guillot-Diat s’est écrasé au sol après un saut par-dessus une double barre rocheuse. Bilan: une rupture des ligaments croisés d’un genou. «Cela a été un gros challenge pour moi de revenir au meilleur niveau et de réintégrer le Freeride World Tour. Mais le plaisir est toujours là, j’ai toujours envie de sortir de ma zone de confort», souffle-t-il. L’amour de la glisse l’emporte sur la peur du vide.
La descente et le risque de blessure | Freeride World Tour

La moindre réception ratée peut provoquer une chute violente et de graves blessures. Le corps des freeriders est malmené. En 2014, lors d’une épreuve dans l’Utah, Ludovic Guillot-Diat s’est écrasé au sol après un saut par-dessus une double barre rocheuse. Bilan: une rupture des ligaments croisés d’un genou. «Cela a été un gros challenge pour moi de revenir au meilleur niveau et de réintégrer le Freeride World Tour. Mais le plaisir est toujours là, j’ai toujours envie de sortir de ma zone de confort», souffle-t-il. L’amour de la glisse l’emporte sur la peur du vide.

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