Les fans de musique sont dingues (et c'est pour ça qu'ils sont géniaux)
Culture

Les fans de musique sont dingues (et c'est pour ça qu'ils sont géniaux)

Erin Feinberg a débuté sa carrière de photographe de concerts avec l’idée que cela lui permettrait d’approcher gratuitement ses musiciens préférés. Mais la photographie numérique gagnant sans cesse du terrain et les fosses de photographes étant de plus en plus pleines à craquer, les restrictions imposées aux photographes sont devenues insupportables. «La liberté créative dont j’ai autrefois bénéficié quand je photographiais des concerts était en train de disparaître petit à petit et, pour que les choses demeurent intéressantes pour moi, il fallait donc que je trouve une autre manière de photographier les concerts», m’a-t-elle dit via email.

 

Voilà comment, il y a une dizaine d’années, elle a décidé de tourner son appareil photo à 180° et de photographier les comportements des fans, parfois bizarres, parfois surexcités, mais toujours joyeux. Les photos qu’elle a prises de ces publics partout dans le monde sont aujourd’hui réunies dans un livre intitulé Diehards.

 

Au cours des dix dernières années, Feinberg a rencontré des fans de tous les types de musique. Elle a vibré au milieu des pogos lors des concerts de métal, pris en photo des gens faisant du slam à des concerts punks ou regardé des fans battre des bras avec une précision déconcertante à des concerts de Rush. Et a aussi fait de nombreuses photos sur les campements improvisés à l’arrière des camionnettes en prenant en photos des «Parrotheads», ces fans de Jimmy Buffet.

 

Au fil des ans, certains fans ont laisse leur empreinte dans la mémoire de Feinberg, comme ce fan de U2 dont le dos était couvert de tatouages célébrant ses disques préférées ou cette fan de Dylan dont la prothèse était frappée d’une image du grand Bob. Si certaines de ses photos sont de simples portraits de ces fans, d’autres sont prises sans pose, dans des moments inattendus.

 

 

 


	Des fans hurlent à un concert de Joan Jett à Englishtown (New Jersey). «J’ai toujours adoré observer l’excitation et la joie qui règnent pendant les concerts. Chacun l’exprime de manière légèrement différente. Quand vous êtes entouré de parfaits inconnus, il se forme un lien unique entre tous les participants, car tous font partie intégrante du concert et le public partage une expérience d’une puissance incroyable», explique la photographe.
Erin Feinberg

Des fans hurlent à un concert de Joan Jett à Englishtown (New Jersey). «J’ai toujours adoré observer l’excitation et la joie qui règnent pendant les concerts. Chacun l’exprime de manière légèrement différente. Quand vous êtes entouré de parfaits inconnus, il se forme un lien unique entre tous les participants, car tous font partie intégrante du concert et le public partage une expérience d’une puissance incroyable», explique la photographe.


	À un concert de James Taylor à la Nouvelle-Orléans (Louisiane). «Une de mes meilleures expériences. Il a une base de fans purs et durs et d’une fidélité à toute épreuve, mais en général, son public est plutôt sage. Alors, quand cette fille est montée sur les épaules de ce type et s’est mise à hurler en agitant son disque préféré au-dessus de sa tête, j’ai empoigné mon appareil et j’ai photographié la scène aussi vite que possible.»

	 
Erin Feinberg

À un concert de James Taylor à la Nouvelle-Orléans (Louisiane). «Une de mes meilleures expériences. Il a une base de fans purs et durs et d’une fidélité à toute épreuve, mais en général, son public est plutôt sage. Alors, quand cette fille est montée sur les épaules de ce type et s’est mise à hurler en agitant son disque préféré au-dessus de sa tête, j’ai empoigné mon appareil et j’ai photographié la scène aussi vite que possible.»

 


	Des fans de Jimmy Buffet patientent avant un concert à Jones Beach (New York). «Ils me donnent toujours un truc à manger et ils me font des cocktails dans leurs bars tiki mobiles! Ils savent vraiment s’amuser, dit Erin Feinberg. Ils me font un peu penser aux Deadheads, les fans du Grateful Dead. Pour eux, tout ce qui se passe autour du concert est aussi important que le concert lui-même. C’est vraiment un mode de vie à part entière. »

	 
Erin Feinberg

Des fans de Jimmy Buffet patientent avant un concert à Jones Beach (New York). «Ils me donnent toujours un truc à manger et ils me font des cocktails dans leurs bars tiki mobiles! Ils savent vraiment s’amuser, dit Erin Feinberg. Ils me font un peu penser aux Deadheads, les fans du Grateful Dead. Pour eux, tout ce qui se passe autour du concert est aussi important que le concert lui-même. C’est vraiment un mode de vie à part entière. »

 


	Des fans de KISS se préparent avant un concert à Jones Beach (New York).
Erin Feinberg

Des fans de KISS se préparent avant un concert à Jones Beach (New York).


	Une fan de Bob Dylan à Long Island (New York).

	 
Erin Feinberg

Une fan de Bob Dylan à Long Island (New York).

 


	Un fan de U2 au dos entièrement tatoué à Long Island (New York).
Erin Feinberg

Un fan de U2 au dos entièrement tatoué à Long Island (New York).


	Le public de Judas Priest à Holmdel (New Jersey). Le plus gros défi auquel Feinberg devait faire face était de parvenir à obtenir un accès aux lieux. Quand elle était rémunérée, elle passait une partie du concert à travailler pour son client et le reste du temps à photographier les fans pour ses archives personnelles. Quand elle ne parvenait pas à obtenir l’accès à un concert en particulier, il fallait alors qu’elle s’arrange pour y entrer avec son appareil. «J’ai dû pas mal resquiller au fil des années! La plupart des tourneurs et des producteurs ne comprenaient pas pourquoi je tenais tant à photographier les fans plutôt que l’artiste, alors j’ai souvent dû me bagarrer», dit-elle.
Erin Feinberg

Le public de Judas Priest à Holmdel (New Jersey). Le plus gros défi auquel Feinberg devait faire face était de parvenir à obtenir un accès aux lieux. Quand elle était rémunérée, elle passait une partie du concert à travailler pour son client et le reste du temps à photographier les fans pour ses archives personnelles. Quand elle ne parvenait pas à obtenir l’accès à un concert en particulier, il fallait alors qu’elle s’arrange pour y entrer avec son appareil. «J’ai dû pas mal resquiller au fil des années! La plupart des tourneurs et des producteurs ne comprenaient pas pourquoi je tenais tant à photographier les fans plutôt que l’artiste, alors j’ai souvent dû me bagarrer», dit-elle.


	Un jeune fan d’Elvis Presley à Memphis (Tennessee).
Erin Feinberg

Un jeune fan d’Elvis Presley à Memphis (Tennessee).


	Un jeune fan de punk à Englishtown (New Jersey).

	 
Erin Feinberg

Un jeune fan de punk à Englishtown (New Jersey).

 


	Le premier rang d’un concert de Katy Perry à Englishtown (New Jersey).

	 
Erin Feinberg

Le premier rang d’un concert de Katy Perry à Englishtown (New Jersey).

 


	Les photographies en noir et blanc de Feinberg paraissent intemporelles, mais elle affirme que si elle avait débuté son projet aujourd’hui, il aurait une toute autre allure, car la prolifération des appareils photos sur smartphones (comme ici quand Wayne Coyne des Flaming Lips marche sur son public au Terminal 5 à New York) a considérablement changé l’apparence et même l’ambiance des concerts. «J’ai peine à imaginer à quel point cela doit être difficile pour des artistes de jouer devant cette rangée de petites lumières et de lutter pour simplement croiser le regard du public, dit-elle. J’ai récemment suivi la tournée d’un artiste de country assez populaire et j’ai été totalement effarée –et aussi agacée!– par la marée de téléphones portables visibles. Il était impossible pour moi de saisir l’excitation et le rayonnement de ces fans, en raison de la présence de tous ces appareils qui gâchaient vraiment la vue.»
Erin Feinberg

Les photographies en noir et blanc de Feinberg paraissent intemporelles, mais elle affirme que si elle avait débuté son projet aujourd’hui, il aurait une toute autre allure, car la prolifération des appareils photos sur smartphones (comme ici quand Wayne Coyne des Flaming Lips marche sur son public au Terminal 5 à New York) a considérablement changé l’apparence et même l’ambiance des concerts. «J’ai peine à imaginer à quel point cela doit être difficile pour des artistes de jouer devant cette rangée de petites lumières et de lutter pour simplement croiser le regard du public, dit-elle. J’ai récemment suivi la tournée d’un artiste de country assez populaire et j’ai été totalement effarée –et aussi agacée!– par la marée de téléphones portables visibles. Il était impossible pour moi de saisir l’excitation et le rayonnement de ces fans, en raison de la présence de tous ces appareils qui gâchaient vraiment la vue.»

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