Voici comment les enfants syriens se représentent la guerre
Parents & enfants / Monde

Voici comment les enfants syriens se représentent la guerre

Normalement, Brian McCarty photographie des jouets pour des clients comme Disney, Nickelodeon ou Cartoon Network. Mais depuis 2011, il travaille avec des enfants du monde entier traumatisés par les conflits armés et la guerre dans toutes ces formes. Il les fait dessiner pour leur donner une voix et leur permettre de partager leur vécu au reste du monde. Il met ensuite en scène les dessins des enfants à l'aide de jouets.

Barils | Brian McCarty

 

«A l’été 1984, juste avant mon dixième anniversaire, un homme armé a tué 21 personnes dans un McDonald’s de San Ysidro en Californie, raconte le photographe. Parmi les victimes, il y avait cinq enfants. Deux d’entre eux –Omar Hernández et David Delgado– venaient de monter sur leur vélo pour aller acheter des frites. J’ai vu la photo de leurs corps sans vie à côté de leur BMX en une des journaux et j’ai gardé la photo. Ces enfants avaient presque le même âge que moi et sont morts en faisant quelque chose que mes amis et moi faisions tout le temps.»

Barils | Brian McCarty

 

«A l’été 1984, juste avant mon dixième anniversaire, un homme armé a tué 21 personnes dans un McDonald’s de San Ysidro en Californie, raconte le photographe. Parmi les victimes, il y avait cinq enfants. Deux d’entre eux –Omar Hernández et David Delgado– venaient de monter sur leur vélo pour aller acheter des frites. J’ai vu la photo de leurs corps sans vie à côté de leur BMX en une des journaux et j’ai gardé la photo. Ces enfants avaient presque le même âge que moi et sont morts en faisant quelque chose que mes amis et moi faisions tout le temps.»

Frappé et touché | Brian McCarty

 

«Ma mère a trouvé la photo et m’a demandé de la jeter en me disant que je n’avais pas à penser à des choses comme ça. Mais je n’étais pas prêt à avancer. Cela me semblait quelque chose d’important et de fondamental pour comprendre le monde autour de moi. Comme c’est souvent le cas chez les enfants, cet évènement se reflétait dans mes jeux et mes dessins. C’est ce qui a inspiré mon projet "War Toys" qui consiste à observer les conflits armés du point de vue des enfants à travers leur capacité à déconstruire des événements compliqués.»

Frappé et touché | Brian McCarty

 

«Ma mère a trouvé la photo et m’a demandé de la jeter en me disant que je n’avais pas à penser à des choses comme ça. Mais je n’étais pas prêt à avancer. Cela me semblait quelque chose d’important et de fondamental pour comprendre le monde autour de moi. Comme c’est souvent le cas chez les enfants, cet évènement se reflétait dans mes jeux et mes dessins. C’est ce qui a inspiré mon projet "War Toys" qui consiste à observer les conflits armés du point de vue des enfants à travers leur capacité à déconstruire des événements compliqués.»

Guerre colorée | Brian McCarty

 

En février, Brian McCarty est retourné au Liban pour la seconde fois. Il y a mené un travail avec trois groupes de réfugiés syriens scolarisés au sein d'écoles de la fondation Kayany: un groupe de filles de 12 à 16 ans et deux groupes mixtes de 8 à 12 ans.

Guerre colorée | Brian McCarty

 

En février, Brian McCarty est retourné au Liban pour la seconde fois. Il y a mené un travail avec trois groupes de réfugiés syriens scolarisés au sein d'écoles de la fondation Kayany: un groupe de filles de 12 à 16 ans et deux groupes mixtes de 8 à 12 ans.

Fuir la maison | Brian McCarty

 

«Les séances commençaient toutes de la même façon. La psychologue Myra Saad mettait en place des jeux interactifs pour qu'il s'investissent, qu'ils soient vifs et actifs. Elle expliquait ensuite le projet, qui je suis, ce que je fais et leur disait qu'il s'agissait pour eux d'une chance que leurs expériences soient écoutées par quelqu'un.» 

Fuir la maison | Brian McCarty

 

«Les séances commençaient toutes de la même façon. La psychologue Myra Saad mettait en place des jeux interactifs pour qu'il s'investissent, qu'ils soient vifs et actifs. Elle expliquait ensuite le projet, qui je suis, ce que je fais et leur disait qu'il s'agissait pour eux d'une chance que leurs expériences soient écoutées par quelqu'un.» 

Protégée seule | Brian McCarty

 

«Nous demandions alors aux enfants de dessiner une histoire de leur vie qu'ils souhaitaient partager au reste du monde. Les enfants se sentaient à l’aise et n'étaient absolument pas obligés de partager avec nous quelque chose pour lequel ils ne se sentaient pas prêts. Le but est de les valoriser, non de les contraindre.»

Protégée seule | Brian McCarty

 

«Nous demandions alors aux enfants de dessiner une histoire de leur vie qu'ils souhaitaient partager au reste du monde. Les enfants se sentaient à l’aise et n'étaient absolument pas obligés de partager avec nous quelque chose pour lequel ils ne se sentaient pas prêts. Le but est de les valoriser, non de les contraindre.»

Quartier détruit | Brian McCarty

 

Les enfants ont effectué trois types de dessins. Ceux qui n'avaient pas de lien avec la guerre, ceux qui représentaient leurs espoirs pour la vie future et ceux qui représentaient le chaos et la destruction.

Quartier détruit | Brian McCarty

 

Les enfants ont effectué trois types de dessins. Ceux qui n'avaient pas de lien avec la guerre, ceux qui représentaient leurs espoirs pour la vie future et ceux qui représentaient le chaos et la destruction.

Fantômes de la guerre | Brian McCarty

 

Le photographe a ensuite gardé dix-sept dessins (sur cinquante). «Une fois que les dessins étaient terminés, je partais à la recherche des jouets adaptés dans tous les magasins que je trouvais et cela me prenait parfois plusieurs jours. Il y a des dessins pour lesquels je n’ai pas pu trouver les jouets pour recréer la scène. Cela peut-être une vraie frustration.»

Fantômes de la guerre | Brian McCarty

 

Le photographe a ensuite gardé dix-sept dessins (sur cinquante). «Une fois que les dessins étaient terminés, je partais à la recherche des jouets adaptés dans tous les magasins que je trouvais et cela me prenait parfois plusieurs jours. Il y a des dessins pour lesquels je n’ai pas pu trouver les jouets pour recréer la scène. Cela peut-être une vraie frustration.»

Fantômes de la maison | Brian McCarty

 

«Avant ce projet au Liban, je m’attendais à trouver plus de jouets différents entre les régions et les populations mais on trouve en fait les mêmes jouets made in China partout, de la frontière syrienne à la frontière entre Israël et Gaza.» Lorsqu'il trouve les jouets qu'il lui faut, le photographe recrée les scènes près du camp de refugiés, dans l'environnement proche de celui dans lequel vivent les enfants à ce moment-là.

Fantômes de la maison | Brian McCarty

 

«Avant ce projet au Liban, je m’attendais à trouver plus de jouets différents entre les régions et les populations mais on trouve en fait les mêmes jouets made in China partout, de la frontière syrienne à la frontière entre Israël et Gaza.» Lorsqu'il trouve les jouets qu'il lui faut, le photographe recrée les scènes près du camp de refugiés, dans l'environnement proche de celui dans lequel vivent les enfants à ce moment-là.

Rêver de devenir docteur | Brian McCarty

 

«A bien des égards, "War Toys" a été conçu pour présenter les réalités de la guerre d’une façon plus digeste –à travers un filtre ludique. La plupart des gens tournent la tête quand ils sont confrontés à des images violentes qui montrent les vrais coûts de la guerre. En utilisant des jouets, j’espère que la personne qui regarde peut se rendre compte de l’expérience réelle de la guerre sans se sentir anéantie. Je veux provoquer autant d’empathie que de compréhension possible pour ces enfants en danger. Les jeux d’enfants, en apparence sans prétention et innocents, sont incroyablement puissants.»

Rêver de devenir docteur | Brian McCarty

 

«A bien des égards, "War Toys" a été conçu pour présenter les réalités de la guerre d’une façon plus digeste –à travers un filtre ludique. La plupart des gens tournent la tête quand ils sont confrontés à des images violentes qui montrent les vrais coûts de la guerre. En utilisant des jouets, j’espère que la personne qui regarde peut se rendre compte de l’expérience réelle de la guerre sans se sentir anéantie. Je veux provoquer autant d’empathie que de compréhension possible pour ces enfants en danger. Les jeux d’enfants, en apparence sans prétention et innocents, sont incroyablement puissants.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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