Deux décennies de portraits des habitants du HLM Imperial Court de Los Angeles

Deux décennies de portraits des habitants du HLM Imperial Court de Los Angeles

Dana Lixenberg est arrivée à Los Angeles en 1992, avec pour mission de couvrir pour un magazine néérlandais la reconstruction de la ville. C'était après les émeutes, celles qui avaient suivi le verdict acquittant quatre officiers de police blancs ayant passé à tabac un automobiliste noir américainRodney King

 

Dana Lixenberg rentre chez elle avec l'envie d'en savoir plus sur la culture des gangs, et sur la vie dans des logements sociaux. Son livre, Imperial Courts, publié en 2015 par Roma, est une étude sur les personnes qui vivent dans les logements sociaux d'Imperial Courts. Alors que son travail photographique s'est mis à s'étendre, sur finalement 22 ans, le projet s'est mis à évoluer en une sorte d'album photo de fin d'année au lycée. 

 

Pendant qu'elle travaillait sur son projet initial, Lixenberg avait rencontré les membres de la Black Carpenters Association (un collectif d'entrepreneurs et d'activistes), qui l'ont, à leur tour, présentée à Tony Bogard, qui était à l'époque l'un des chefs du gang PJ Watts Crips de l'Imperial Court, «le parrain officieux de la communauté». Bogard était réticent à l'idée de se faire photographier, mais il a fini par présenter à Lixenberg l'Imperial Courts et plusieurs des résidents qui y habitaient. 

 

Le travail, qui a été réalisé avec une chambre photographique 4x5 au lieu de l'appareil 35mm que Lixenberg utilisait auparavant, a modelé sa manière de voir le portrait, ainsi que sa propre place dans la communauté des photographes.

 

«Tout a vraiment commencé à se mettre en place quand j'ai fait ce projet et que j'ai commencé à travailler avec cette caméra», dit-elle. «J'ai trouvé mon language et ma voix de photographe à travers ce projet.»

 


	À gauche: J 50, en 2008. À droite: Da Da, J 50 et YG, en 2013 | Dana Lixenberg
	
	Lixenberg a exposé son travail et a été récompensée d'une bourse qui lui a été accordée par le Fonds Mondriaan, qu'elle a utilisé pour acheter un nouvel appareil photo et pour se rendre à Los Angeles pendant un mois. Elle voulait créer un projet qui montrait un angle plus humain, plus individuel, qui était complètement différent du portrait souvent stéréotypé de la vie dans les cités.

À gauche: J 50, en 2008. À droite: Da Da, J 50 et YG, en 2013 | Dana Lixenberg

Lixenberg a exposé son travail et a été récompensée d'une bourse qui lui a été accordée par le Fonds Mondriaan, qu'elle a utilisé pour acheter un nouvel appareil photo et pour se rendre à Los Angeles pendant un mois. Elle voulait créer un projet qui montrait un angle plus humain, plus individuel, qui était complètement différent du portrait souvent stéréotypé de la vie dans les cités.


	À droite: Tanya K (enceinte de Buddy), en 1993. À droite: Buddy, en 2009. | Dana Lixenberg
	
	«J'estime que le contexte est important, mais c'est aussi beaucoup la personne», dit Lixenberg. «Je pense que c'est la raison pour laquelle j'ai gagné leur confiance. Il est davantage question de photographie et de créer des images qui résonnent et qui, bien sûr, raccontent une histoire. Il ne s'agissait pas d'interpréter leur histoire.»

À droite: Tanya K (enceinte de Buddy), en 1993. À droite: Buddy, en 2009. | Dana Lixenberg

«J'estime que le contexte est important, mais c'est aussi beaucoup la personne», dit Lixenberg. «Je pense que c'est la raison pour laquelle j'ai gagné leur confiance. Il est davantage question de photographie et de créer des images qui résonnent et qui, bien sûr, raccontent une histoire. Il ne s'agissait pas d'interpréter leur histoire.»


	À gauche: Relonda et Kenny avec Antwanette, la fille de Relonda, en 1993. À gauche: Relonda et Antwanette en 2013. | Dana Lixenberg
	
	Même si Lixenberg n'était pas sûre de la direction que prendrait le projet, elle éprouvait un intérêt pour le fait de travailler avec un appareil photo lent et encombrant. Cela s'ajoutait à son intérêt pour l'observation des gens -à un moment donné, elle avait envisagé une carrière dans la psychologie- et cela a tout changé, lui permettant de gagner la confiance des gens; au fur et à mesure que le projet a évolué, elle est passée de «la femme des photos» à «Dana».

À gauche: Relonda et Kenny avec Antwanette, la fille de Relonda, en 1993. À gauche: Relonda et Antwanette en 2013. | Dana Lixenberg

Même si Lixenberg n'était pas sûre de la direction que prendrait le projet, elle éprouvait un intérêt pour le fait de travailler avec un appareil photo lent et encombrant. Cela s'ajoutait à son intérêt pour l'observation des gens -à un moment donné, elle avait envisagé une carrière dans la psychologie- et cela a tout changé, lui permettant de gagner la confiance des gens; au fur et à mesure que le projet a évolué, elle est passée de «la femme des photos» à «Dana».


	À gauche: Chin avec sa fille Dee Dee, en 1993. À droite: Dee Dee avec son fils Emir, en 2013. | Dana Lixenberg
	
	«Avec chaque support créatif, tu essayes en partie de donner un sens au monde autour de toi et d'y trouver ta propre place», dit-elle. «La photographie est une manière très directe de se connecter à la vie autour de soi.»

À gauche: Chin avec sa fille Dee Dee, en 1993. À droite: Dee Dee avec son fils Emir, en 2013. | Dana Lixenberg

«Avec chaque support créatif, tu essayes en partie de donner un sens au monde autour de toi et d'y trouver ta propre place», dit-elle. «La photographie est une manière très directe de se connecter à la vie autour de soi.»


	À gauche: Toussaint, en 1993. À droite: Tyrone (le fils de Toussaint) avec son fils De'Anthony, en 2013. | Dana Lixenberg
	
	Le travail que Lixenberg a créé pendant ce mois à Los Angeles a été exposé aux Pays-Bas et a ensuite été publié sur Vibe. Quelques années plus tard, il a été présenté pour la première fois aux États-Unis. Estimant que les clichés représentaient un moment et un endroit particuliers et qu'ils étaient complets, Lixenberg a mis un terme à son travail pendant quinze ans.

À gauche: Toussaint, en 1993. À droite: Tyrone (le fils de Toussaint) avec son fils De'Anthony, en 2013. | Dana Lixenberg

Le travail que Lixenberg a créé pendant ce mois à Los Angeles a été exposé aux Pays-Bas et a ensuite été publié sur Vibe. Quelques années plus tard, il a été présenté pour la première fois aux États-Unis. Estimant que les clichés représentaient un moment et un endroit particuliers et qu'ils étaient complets, Lixenberg a mis un terme à son travail pendant quinze ans.


	À gauche: Loppey, Poppey et Lil Drawz, en 2012. À droite: Loppey, en 2014. | Dana Lixenberg
	
	Mais les résidents de Imperial Courts étaient encore intéressées par la poursuite de l'échange, et Lixenberg y retourne donc en 2008. En apparence, peu a changé dans les logements en eux-mêmes, mais la vie de ses sujets a évolué. Certains ont eu des enfants, d'autres sont morts ou en prison, et alors que la manière de traiter les Noirs Américains aux États-Unis commençait à capter l'attention de la presse généraliste, il devenait plus important de continuer à raconter l'histoire des personnes qu'elle avait rencontrées. Lixenberg étend son projet, inclue des images de l'environnement et ajoute également une vidéo dans le but de donner à voir une image de leur vie quotidienne -autant visuellement que sur le plan sonore- dans ces logements.
	
	Lixenberg y est retournée en 2015 et elle a senti que même si le livre et la vidéo étaient désormais finis, elle avait encore une connection forte avec ses sujets, parmi lesquels beaucoup attendaient avec impatience de voir leurs images publiées dans le livre.

À gauche: Loppey, Poppey et Lil Drawz, en 2012. À droite: Loppey, en 2014. | Dana Lixenberg

Mais les résidents de Imperial Courts étaient encore intéressées par la poursuite de l'échange, et Lixenberg y retourne donc en 2008. En apparence, peu a changé dans les logements en eux-mêmes, mais la vie de ses sujets a évolué. Certains ont eu des enfants, d'autres sont morts ou en prison, et alors que la manière de traiter les Noirs Américains aux États-Unis commençait à capter l'attention de la presse généraliste, il devenait plus important de continuer à raconter l'histoire des personnes qu'elle avait rencontrées. Lixenberg étend son projet, inclue des images de l'environnement et ajoute également une vidéo dans le but de donner à voir une image de leur vie quotidienne -autant visuellement que sur le plan sonore- dans ces logements.

Lixenberg y est retournée en 2015 et elle a senti que même si le livre et la vidéo étaient désormais finis, elle avait encore une connection forte avec ses sujets, parmi lesquels beaucoup attendaient avec impatience de voir leurs images publiées dans le livre.


	À gauche: Shamilla et Quintina, en 1993. À droite: Quintina, en 2010. | Dana Lixenberg
	
	«En un certain sens, mon travail là-bas ne sera jamais fini», dit-elle. «J'ai besoin d'une petite pause, mais je sens que peu importe ce qu'il arrive, ma relation avec la communauté se poursuivra, et une partie de notre relation consiste à produire plus de contenu. C'était un moment très spécial pour moi [de distribuer le livre] et j'espère que pour eux aussi. Quand nous avons présenté les livres, ils ont organisé un barbecue à l'Imperial Court, et nous avons fait une fête, et je mettais le livre dans leurs mains; ils me disaient Dana, tu as réussi!»

À gauche: Shamilla et Quintina, en 1993. À droite: Quintina, en 2010. | Dana Lixenberg

«En un certain sens, mon travail là-bas ne sera jamais fini», dit-elle. «J'ai besoin d'une petite pause, mais je sens que peu importe ce qu'il arrive, ma relation avec la communauté se poursuivra, et une partie de notre relation consiste à produire plus de contenu. C'était un moment très spécial pour moi [de distribuer le livre] et j'espère que pour eux aussi. Quand nous avons présenté les livres, ils ont organisé un barbecue à l'Imperial Court, et nous avons fait une fête, et je mettais le livre dans leurs mains; ils me disaient Dana, tu as réussi!»

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