Face au Covid-19, le service infectiologie du CHU de Grenoble
Santé

Face au Covid-19, le service infectiologie du CHU de Grenoble

Depuis le début de l'épidémie de Covid-19, les infectiologues sont en première ligne. En France, ces médecins spécialistes des maladies infectieuses sont généralement plutôt confrontés à des cas d'importation de virus tropicaux, comme Zika, ou à des épidémies mortelles mais plus étalées dans le temps, comme le VIH. L'arrivée en une immense vague du SRAS-CoV-2 depuis quelques semaines sur le territoire français les a placés au centre de la guerre sanitaire contre un coronavirus qui remet en cause tous les modèles épidémiologiques.

Le service d'infectiologie du CHU de Grenoble, qui constatait une stabilisation du nombre de malades hospitalisé·es sur une semaine au 8 avril, nous a ouvert ses portes ce jour-là.

«D'habitude, les maladies infectieuses c'est un service qui représente une toute petite partie du CHU de Grenoble. Mais cette fois, c'est tout l'hôpital qui nous suit et nous écoute», explique la docteure Patricia Pavese, responsable du service.

Le CHU de Grenoble n'a pas été submergé par la vague de malades du coronavirus comme les hôpitaux du Grand Est ou de l'Île-de-France. «À Grenoble, on arrive toujours en retard par rapport au reste de la France pour les épidémies de grippe. Nous n'avons pas la même densité de population qu'à Paris et nous avons une population avec beaucoup d'étudiant·es qui est moins vulnérable que dans certaines régions. On a donc eu le temps de voir ce qui se faisait dans les hôpitaux du Grand Est pour se préparer. On a aussi pu équiper tou·tes nos soignant·es avec des masques, ce qui fait qu'on a eu très peu de malades dans nos équipes», témoigne la docteure Patricia Pavese, responsable du service infectiologie. Au 8 avril, 118 personnes étaient hospitalisées au CHU de Grenoble dont 42 en réanimation ou soins critiques.
Camille Belsœur / Slate.fr

Le CHU de Grenoble n'a pas été submergé par la vague de malades du coronavirus comme les hôpitaux du Grand Est ou de l'Île-de-France. «À Grenoble, on arrive toujours en retard par rapport au reste de la France pour les épidémies de grippe. Nous n'avons pas la même densité de population qu'à Paris et nous avons une population avec beaucoup d'étudiant·es qui est moins vulnérable que dans certaines régions. On a donc eu le temps de voir ce qui se faisait dans les hôpitaux du Grand Est pour se préparer. On a aussi pu équiper tou·tes nos soignant·es avec des masques, ce qui fait qu'on a eu très peu de malades dans nos équipes», témoigne la docteure Patricia Pavese, responsable du service infectiologie. Au 8 avril, 118 personnes étaient hospitalisées au CHU de Grenoble dont 42 en réanimation ou soins critiques.

Le service d'infectiologie prend en charge les patient·es dont l'état nécessite une hospitalisation, sans besoin de réanimation. Quand on pousse la porte de l'étage des maladies infectieuses, la cohorte de soignant·es ressemble à une armée de fantômes. Avant d'entrer dans la chambre d'un malade du Covid-19, chaque membre du personnel enfile une blouse et un pantalon qui sont lavés après chaque service, ainsi qu'un masque, des gants, des lunettes de protection et une charlotte.
Camille Belsœur / Slate.fr

Le service d'infectiologie prend en charge les patient·es dont l'état nécessite une hospitalisation, sans besoin de réanimation. Quand on pousse la porte de l'étage des maladies infectieuses, la cohorte de soignant·es ressemble à une armée de fantômes. Avant d'entrer dans la chambre d'un malade du Covid-19, chaque membre du personnel enfile une blouse et un pantalon qui sont lavés après chaque service, ainsi qu'un masque, des gants, des lunettes de protection et une charlotte.

Une attention extrême est portée à la désinfection du matériel, comme ces paires de lunettes réutilisables. «Ce qui est assez dur avec ce virus, c'est que nous sommes vraiment isolés physiquement des malades. En infectiologie, on est habitué à porter ce type de protection, mais là c'est encore plus lourd que d'habitude», confie la docteure Marion Le Marechal, assistante infectiologue.
Camille Belsœur / Slate.fr

Une attention extrême est portée à la désinfection du matériel, comme ces paires de lunettes réutilisables. «Ce qui est assez dur avec ce virus, c'est que nous sommes vraiment isolés physiquement des malades. En infectiologie, on est habitué à porter ce type de protection, mais là c'est encore plus lourd que d'habitude», confie la docteure Marion Le Marechal, assistante infectiologue.

Des gants à usage unique sont disponibles partout dans les couloirs du service d'infectiologie. Le virus peut en effet se propager par l'intermédiaire de surfaces ou d'objets contaminés. «La maladie peut se transmettre d'une personne à l'autre par le biais de gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lorsqu'une personne tousse ou éternue. Ces gouttelettes peuvent se retrouver sur des objets ou des surfaces autour de la personne en question. On peut alors contracter le Covid-19 si on touche ces objets ou ces surfaces et si on se touche ensuite les yeux, le nez ou la bouche», selon l’Organisation mondiale de la santé.
Camille Belsœur / Slate.fr

Des gants à usage unique sont disponibles partout dans les couloirs du service d'infectiologie. Le virus peut en effet se propager par l'intermédiaire de surfaces ou d'objets contaminés. «La maladie peut se transmettre d'une personne à l'autre par le biais de gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou par la bouche lorsqu'une personne tousse ou éternue. Ces gouttelettes peuvent se retrouver sur des objets ou des surfaces autour de la personne en question. On peut alors contracter le Covid-19 si on touche ces objets ou ces surfaces et si on se touche ensuite les yeux, le nez ou la bouche», selon l’Organisation mondiale de la santé.

Jeune infectiologue âgée de 32 ans, la docteure Anne-Laure Mounayar, spécialiste des maladies respiratoires, fait face à sa première épidémie. «Dans notre cursus, on avait des cours sur des virus. On étudiait par exemple Ebola, mais ça se passait en Afrique. Le coronavirus, c'est ici en France et c'est quelque chose que nous n'avons jamais vu. C'est un défi, mais c'est notre métier. On est formé pour mettre en place des soins, établir les risques, étudier le virus», dit-elle.
Camille Belsœur / Slate.fr

Jeune infectiologue âgée de 32 ans, la docteure Anne-Laure Mounayar, spécialiste des maladies respiratoires, fait face à sa première épidémie. «Dans notre cursus, on avait des cours sur des virus. On étudiait par exemple Ebola, mais ça se passait en Afrique. Le coronavirus, c'est ici en France et c'est quelque chose que nous n'avons jamais vu. C'est un défi, mais c'est notre métier. On est formé pour mettre en place des soins, établir les risques, étudier le virus», dit-elle.

«Je n'avais jamais vécu de plan blanc [dispositif de crise d'un hôpital, ndlr] et j'ai été fière de voir comment notre équipe a affronté la crise. J'ai moi-même beaucoup appris en voyant comment on peut gérer une crise comme celle-là en matière de santé publique. L'hôpital, notre service, tout le monde a réagi très vite», confie encore la docteure Mounayar. Ici, une infirmière du service d'infectiologie qui participe avec elle au bon déroulement du dispositif. 
Camille Belsœur / Slate.fr

«Je n'avais jamais vécu de plan blanc [dispositif de crise d'un hôpital, ndlr] et j'ai été fière de voir comment notre équipe a affronté la crise. J'ai moi-même beaucoup appris en voyant comment on peut gérer une crise comme celle-là en matière de santé publique. L'hôpital, notre service, tout le monde a réagi très vite», confie encore la docteure Mounayar. Ici, une infirmière du service d'infectiologie qui participe avec elle au bon déroulement du dispositif. 

«En infectiologie, on est d'habitude très curatif. On a des antiviraux ou des antibiotiques pour soigner telle ou telle maladie. Là, c'est un peu troublant car on est assez démunis et ce n'est pas une spécialité où nous avons l'habitude d'être démunis», explique Marion Le Marechal. 
Camille Belsœur / Slate.fr

«En infectiologie, on est d'habitude très curatif. On a des antiviraux ou des antibiotiques pour soigner telle ou telle maladie. Là, c'est un peu troublant car on est assez démunis et ce n'est pas une spécialité où nous avons l'habitude d'être démunis», explique Marion Le Marechal. 

Les médecins du service participent à un essai clinique européen nommé Discovery. Cinq traitements sont comparés sur les malades. «Il s'agit d'un essai ouvert, c'est-à-dire que le patient et le médecin savent quel traitement est utilisé», décrit la docteure Mounayar. L'un des traitements est à base de Plaquenil®, un médicament qui contient la fameuse molécule hydroxychloroquine, dont l'efficacité sur le SRAS-CoV-2 fait l'objet de débats âpres dans la sphère médicale. «Nous suivons des protocoles médicaux en administrant différents anti-virus aux malades, dont le plaquenil, mais les traitements antiviraux ne sont pas magiques», conclut le docteur Mounayar. 
Camille Belsœur / Slate.fr

Les médecins du service participent à un essai clinique européen nommé Discovery. Cinq traitements sont comparés sur les malades. «Il s'agit d'un essai ouvert, c'est-à-dire que le patient et le médecin savent quel traitement est utilisé», décrit la docteure Mounayar. L'un des traitements est à base de Plaquenil®, un médicament qui contient la fameuse molécule hydroxychloroquine, dont l'efficacité sur le SRAS-CoV-2 fait l'objet de débats âpres dans la sphère médicale. «Nous suivons des protocoles médicaux en administrant différents anti-virus aux malades, dont le plaquenil, mais les traitements antiviraux ne sont pas magiques», conclut le docteur Mounayar. 

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