Cinquante nuances de voiles

La photographe yéménite Boushra Almutawakel (considérée comme l’une des premières femmes photographes du Yémen) a travaillé sur la figuration des femmes voilées. Elle veut ainsi faire réfléchir aux clichés qui entourent le foulard, ou d’autres voiles plus conservateurs, et permettre au public, notamment occidental, de combattre ses préjugés.

Dans le port du foulard, il y a énormément de choses que la photographe yéménite Boushra Almutawakel apprécie. Pour elle, c’est un élément de sa culture, et parfois aussi, une protection au sein de son pays ultra-conservateur.
Crédit: Boushra Almutawakel / «Mother, Daughter, and Doll» (Mère, fille et poupée)

Dans le port du foulard, il y a énormément de choses que la photographe yéménite Boushra Almutawakel apprécie. Pour elle, c’est un élément de sa culture, et parfois aussi, une protection au sein de son pays ultra-conservateur.

Il y a aussi énormément d’aspects, dans le port du hijab, qui ne sont pas fait pour lui plaire : elle entend moins bien quand elle le porte, elle n’aime pas ne pas voir la bouche de ses interlocutrices portant un niqab — voile plus conservateur qui ne laisse dépasser que les yeux.
Crédit: Boushra Almutawakel / «Mother, Daughter, and Doll» (Mère, fille et poupée)

Il y a aussi énormément d’aspects, dans le port du hijab, qui ne sont pas fait pour lui plaire : elle entend moins bien quand elle le porte, elle n’aime pas ne pas voir la bouche de ses interlocutrices portant un niqab — voile plus conservateur qui ne laisse dépasser que les yeux.

Il n’y a pas une seule manière, monolithique, de regarder la façon dont les femmes se couvrent dans le monde Arabe. C’est pour cela que Boushra Almutawakel a décidé de photographier le voile sous différents angles.
Crédit: Boushra Almutawakel / «Stara»

Il n’y a pas une seule manière, monolithique, de regarder la façon dont les femmes se couvrent dans le monde Arabe. C’est pour cela que Boushra Almutawakel a décidé de photographier le voile sous différents angles.

«Je veux être attentive à ne pas nourrir les stéréotypes négatifs que l’on voit communément dans les médias occidentaux, à propos des femmes voilées, explique-t-elle. Notamment la notion selon laquelle beaucoup, voire toutes les femmes portant le voile, sont faibles, oppressées, ignorantes, et arriérées» précise la photographe. Ses images jouent avec la question du genre, de façon plus subtile, plus souvent joueuse, que les gens ne s’y attendent.
Crédit: Boushra Almutawakel / «What if» (Et si ?)

«Je veux être attentive à ne pas nourrir les stéréotypes négatifs que l’on voit communément dans les médias occidentaux, à propos des femmes voilées, explique-t-elle. Notamment la notion selon laquelle beaucoup, voire toutes les femmes portant le voile, sont faibles, oppressées, ignorantes, et arriérées» précise la photographe. Ses images jouent avec la question du genre, de façon plus subtile, plus souvent joueuse, que les gens ne s’y attendent.

Cela ne fait pas rire tout le monde. «Certains hommes, y compris des occidentaux éduqués — n’ont pas vu l’humour de la série "What If". Certains ont demandé si j’étais en faveur du port du voile pour les hommes plutôt que pour les femmes».
Crédit: Boushra Almutawakel / «What if» (Et si ?)

Cela ne fait pas rire tout le monde. «Certains hommes, y compris des occidentaux éduqués — n’ont pas vu l’humour de la série "What If". Certains ont demandé si j’étais en faveur du port du voile pour les hommes plutôt que pour les femmes».

Fin 2010 Almutawakel a participé à une exposition de groupe sur la mode et l’identité. «J’étais très en colère contre la loi française interdisant le voile intégral, non pas parce que je suis en faveur du hijab (je suis «pro choice», en faveur de la liberté de choix), mais parce que j’avais le sentiment que cette loi allait à l’encontre de tout semblant de droit de l’hommes et de liberté de choix». Elle a donc décidé de travailler sur ce thème, sur la France.
Crédit: Boushra Almutawakel / «France»

Fin 2010 Almutawakel a participé à une exposition de groupe sur la mode et l’identité. «J’étais très en colère contre la loi française interdisant le voile intégral, non pas parce que je suis en faveur du hijab (je suis «pro choice», en faveur de la liberté de choix), mais parce que j’avais le sentiment que cette loi allait à l’encontre de tout semblant de droit de l’hommes et de liberté de choix». Elle a donc décidé de travailler sur ce thème, sur la France.

Almutawakel poursuit: «Personne ne devrait avoir le droit de vous dire comment vous vêtir. Personne ne devrait pouvoir vous imposer le port du voile, pas plus que quiconque ne devrait avoir le droit de vous le faire ôter: ces législateurs ne valent pas mieux que les extrémistes islamistes, ils ne montrent aucune tolérance pour l’altérité».
Crédit: Boushra Almutawakel / «France»

Almutawakel poursuit: «Personne ne devrait avoir le droit de vous dire comment vous vêtir. Personne ne devrait pouvoir vous imposer le port du voile, pas plus que quiconque ne devrait avoir le droit de vous le faire ôter: ces législateurs ne valent pas mieux que les extrémistes islamistes, ils ne montrent aucune tolérance pour l’altérité».

Tout le travail de la photographe est d’amener à faire un pas de côté, à remettre en perspective nos préconceptions. C’est ce que fait avec beaucoup de justesse l’un de ses derniers projets, pour sa série sur le hijab. Elle y montre la façon dont les tenues masculines traditionnelles peuvent être proches de celles des femmes au Moyen Orient. Sur les photos, des femmes vêtues de longues et larges tenues masculines. Et leurs têtes sont couvertes.
Crédit: Boushra Almutawakel «Ghutra» (à gauche) «Jookh» (à droite)

Tout le travail de la photographe est d’amener à faire un pas de côté, à remettre en perspective nos préconceptions. C’est ce que fait avec beaucoup de justesse l’un de ses derniers projets, pour sa série sur le hijab. Elle y montre la façon dont les tenues masculines traditionnelles peuvent être proches de celles des femmes au Moyen Orient. Sur les photos, des femmes vêtues de longues et larges tenues masculines. Et leurs têtes sont couvertes.

Crédit: Boushra Almutawakel/ «Gamees»

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