Cinéma ABC à Bruxelles, la nécropole du porno
Culture

Cinéma ABC à Bruxelles, la nécropole du porno

Le Bruxellois Jimmy Pantera est un amoureux des films de série Z, du cinéma bis, de «toutes les cultures alternatives méconnues et incomprises». Après un premier livre sur le catch mexicain publié chez Ankama (Los Tigres del Ring), des expositions et des combats de lucha libre organisés à Bruxelles avec les plus illustres lutteurs masqués, le graphiste sort un ouvrage entièrement dédié à un cinéma porno de la capitale européenne: «Cinéma ABC – La nécropole du porno» (CFC éditions). Pour cela, il a fallu se battre plusieurs années pour avoir ses entrées dans un milieu très fermé. Son travail de fourmi permet de nous plonger dans les archives d'un cinéma X entre 1972 et 2013.

«Le point de départ de ce livre, c'est la rencontre avec des danseuses, stripteaseuses durant les années 1990 et 2000, qui travaillaient dans ce cinéma. Je les ai rencontrées dans le milieu du rock underground alternatif de Bruxelles, dans lequel je traînais. Je voulais en savoir plus et j'ai eu l'occasion de visiter ce lieu. Une chance inouïe pour quelqu'un qui n'y travaillait pas. J'ai tout de suite eu l'irrésistible envie de faire un livre là-dessus. Les pièces de cet immeuble de quatre étages étaient bourrées de vieilles affiches, de vieilles photos, de bobines de films empilées les unes sur les autres sur des étagères... D'où le titre: La nécropole du porno. Mais à partir de ce moment-là, je me suis heurté à un mur. Il n'y avait pas moyen d'aller plus loin. Au sein de ce milieu secret et très fermé, personne ne voulait parler. Ce projet est donc demeuré lettre morte pendant plus de dix ans. Il est resté, aussi, dans un coin de ma tête.»
La façade du cinéma ABC, en juin 1975. | Cinéma Nova (fonds ABC).

«Le point de départ de ce livre, c'est la rencontre avec des danseuses, stripteaseuses durant les années 1990 et 2000, qui travaillaient dans ce cinéma. Je les ai rencontrées dans le milieu du rock underground alternatif de Bruxelles, dans lequel je traînais. Je voulais en savoir plus et j'ai eu l'occasion de visiter ce lieu. Une chance inouïe pour quelqu'un qui n'y travaillait pas. J'ai tout de suite eu l'irrésistible envie de faire un livre là-dessus. Les pièces de cet immeuble de quatre étages étaient bourrées de vieilles affiches, de vieilles photos, de bobines de films empilées les unes sur les autres sur des étagères... D'où le titre: La nécropole du porno. Mais à partir de ce moment-là, je me suis heurté à un mur. Il n'y avait pas moyen d'aller plus loin. Au sein de ce milieu secret et très fermé, personne ne voulait parler. Ce projet est donc demeuré lettre morte pendant plus de dix ans. Il est resté, aussi, dans un coin de ma tête

«En 2013, lorsque le cinéma a fermé, j'ai eu un coup au cœur, je pensais que ce projet n'allait jamais voir le jour. Un an après, j'ai appris que l'équipe du cinéma Nova avait réussi à sauver le fonds. À force d'en parler, c'est venu jusqu'à leurs oreilles. Ils m'ont dit qu'ils pouvaient m'aider. J'ai proposé l'idée à un éditeur qui a dit oui immédiatement et je me suis lancé.»
Affiche de cinéma belge. | Cinéma Nova (fonds ABC).

«En 2013, lorsque le cinéma a fermé, j'ai eu un coup au cœur, je pensais que ce projet n'allait jamais voir le jour. Un an après, j'ai appris que l'équipe du cinéma Nova avait réussi à sauver le fonds. À force d'en parler, c'est venu jusqu'à leurs oreilles. Ils m'ont dit qu'ils pouvaient m'aider. J'ai proposé l'idée à un éditeur qui a dit oui immédiatement et je me suis lancé.»

«L'ABC a ouvert ses portes à la fin de l'année 1972 en plein centre de Bruxelles. Il a été créé par George Albert Scott, un juif géorgien né à Tbilissi en 1917 et qui a immigré aux États-Unis durant son enfance. C'est un GI vétéran de la Seconde Guerre mondiale, qui s'est fixé à Bruxelles à la fin des années 1940 avant de se lancer dans le cinéma d'exploitation et les films pour adultes. Il a fondé sa propre société de distribution cinématographique (Atlantic Films), racheté et ouvert plusieurs cinémas. D'autres salles ABC existeront en Belgique: à Liège, Gand et Ostende. Les films diffusés étaient exclusivement argentiques au format 35mm. Au fil des ans, Scott a réussi à se constituer un trésor de guerre de 600 films dans lequel il puisait afin d'assurer sa programmation. Certaines de ces copies se retrouvent parfois en très mauvais état, avec une pellicule rayée. Quant au son, il s'avère catastrophique, à tel point que les dialogues sont inaudibles. L'ABC montrait de nombreux films américains car Mr. Scott tissait des liens étroits avec des compagnies de distribution de la 42e Rue à Manhattan, The Deuce. Il y avait aussi beaucoup de films allemands. En véritable cinéphile, Mr. Scott était très attiré par un certain type de films. Il possédait une conception noble du type de cinéma qu'il diffusait. Il le hissait au même niveau que les grands films produits par les studios hollywoodiens. Il y voyait une richesse et un niveau artistique souvent équivalents. Il projetait des films de haute tenue comme ceux de Radley Metzger, de Gérard Kikoïne ou de Michel Lemoine. C'était quelqu'un de très pointu car il n'hésitait pas à projeter des films à la limite de l'expérimental. À côté de ça, d'autres œuvres étaient un peu moins intéressantes, plus basiques. Dans les années 1990, la programmation comprenait des pornos allemands bas de gamme. George Scott les projetait uniquement par souci commercial.»
Photo d'exploitation d'un film X trouvée dans les archives du cinéma. | Collection privée.

«L'ABC a ouvert ses portes à la fin de l'année 1972 en plein centre de Bruxelles. Il a été créé par George Albert Scott, un juif géorgien né à Tbilissi en 1917 et qui a immigré aux États-Unis durant son enfance. C'est un GI vétéran de la Seconde Guerre mondiale, qui s'est fixé à Bruxelles à la fin des années 1940 avant de se lancer dans le cinéma d'exploitation et les films pour adultes. Il a fondé sa propre société de distribution cinématographique (Atlantic Films), racheté et ouvert plusieurs cinémas. D'autres salles ABC existeront en Belgique: à Liège, Gand et Ostende. Les films diffusés étaient exclusivement argentiques au format 35mm. Au fil des ans, Scott a réussi à se constituer un trésor de guerre de 600 films dans lequel il puisait afin d'assurer sa programmation. Certaines de ces copies se retrouvent parfois en très mauvais état, avec une pellicule rayée. Quant au son, il s'avère catastrophique, à tel point que les dialogues sont inaudibles. L'ABC montrait de nombreux films américains car Mr. Scott tissait des liens étroits avec des compagnies de distribution de la 42e Rue à Manhattan, The Deuce. Il y avait aussi beaucoup de films allemands. En véritable cinéphile, Mr. Scott était très attiré par un certain type de films. Il possédait une conception noble du type de cinéma qu'il diffusait. Il le hissait au même niveau que les grands films produits par les studios hollywoodiens. Il y voyait une richesse et un niveau artistique souvent équivalents. Il projetait des films de haute tenue comme ceux de Radley Metzger, de Gérard Kikoïne ou de Michel Lemoine. C'était quelqu'un de très pointu car il n'hésitait pas à projeter des films à la limite de l'expérimental. À côté de ça, d'autres œuvres étaient un peu moins intéressantes, plus basiques. Dans les années 1990, la programmation comprenait des pornos allemands bas de gamme. George Scott les projetait uniquement par souci commercial.»

«En Belgique, la censure était très sévère et les versions ne correspondaient donc pas à la version française par exemple. Ça m'a surpris car je pensais que la législation était assez progressiste et tolérante. En réalité, c'est exactement le contraire, surtout à Bruxelles. Dans l'arsenal juridique belge, il existe une loi sur les bonnes mœurs laissée entièrement à la libre interprétation des magistrats. À Bruxelles, les différents procureurs qui se succèdent jusqu'en 1990 vont conserver une attitude très répressive. Ça se traduit par le fait que la totalité du matériel visuel exposé dans les cinémas était retouché par les exploitants. Si vous vous sentez offusqué par une affiche de cinéma ou une photo, vous avez la possibilité en tant que citoyen d'alerter les autorités qui peuvent prendre des mesures. Les policiers se rendaient, aussi, dans les salles pour visionner les films lors de leur première diffusion. La censure étant constitutionnellement interdite, les films pouvaient être projetés une fois à la première séance, le premier jour de leur sortie officielle. Les représentants de l'ordre venaient, regardaient les films, prenaient des notes et dans la deuxième projection, le film était coupé. Les archives de l'ABC contiennent aussi des milliers de photos d'exploitation, qui étaient, entre autres, destinées à être accrochées dans les vitrines de l'ABC à côté des affiches des films. Elles étaient systématiquement censurées afin de ne pas attirer l'attention des autorités judiciaires. Les pastilles colorées et les bandes autocollantes appliquées sur ces photos les transforment en artefacts pornos. Ces interventions manuelles destinées à les censurer leur donnent le statut d'objet artistique unique.»
Photo d'exploitation censurée. | Collection particulière.

«En Belgique, la censure était très sévère et les versions ne correspondaient donc pas à la version française par exemple. Ça m'a surpris car je pensais que la législation était assez progressiste et tolérante. En réalité, c'est exactement le contraire, surtout à Bruxelles. Dans l'arsenal juridique belge, il existe une loi sur les bonnes mœurs laissée entièrement à la libre interprétation des magistrats. À Bruxelles, les différents procureurs qui se succèdent jusqu'en 1990 vont conserver une attitude très répressive. Ça se traduit par le fait que la totalité du matériel visuel exposé dans les cinémas était retouché par les exploitants. Si vous vous sentez offusqué par une affiche de cinéma ou une photo, vous avez la possibilité en tant que citoyen d'alerter les autorités qui peuvent prendre des mesures. Les policiers se rendaient, aussi, dans les salles pour visionner les films lors de leur première diffusion. La censure étant constitutionnellement interdite, les films pouvaient être projetés une fois à la première séance, le premier jour de leur sortie officielle. Les représentants de l'ordre venaient, regardaient les films, prenaient des notes et dans la deuxième projection, le film était coupé. Les archives de l'ABC contiennent aussi des milliers de photos d'exploitation, qui étaient, entre autres, destinées à être accrochées dans les vitrines de l'ABC à côté des affiches des films. Elles étaient systématiquement censurées afin de ne pas attirer l'attention des autorités judiciaires. Les pastilles colorées et les bandes autocollantes appliquées sur ces photos les transforment en artefacts pornos. Ces interventions manuelles destinées à les censurer leur donnent le statut d'objet artistique unique.»

«L'arrivée de la télévision provoque une hémorragie de spectateurs dans les cinémas. À Bruxelles, les salles commencent à fermer les unes après les autres dès la fin des années 1950. Lorsque Mr. Scott ouvre l'ABC en 1972, il va avoir l'idée d'employer des stripteaseuses. Une astuce qui remporte beaucoup de succès... Des effeuillages se produisent sur la scène devant l'écran. Au début, le film était projeté sans interruption, plus tard, le projectionniste va interrompre la séance. Au commencement de chaque heure, une stripteaseuse accomplissait un show. Elle était engagée à la semaine, et elle travaillait de 12 heures à 23 heures. Sur le plan psychologique, ce n'était pas facile car beaucoup de clients étaient des hommes qui fantasmaient sur elles. Ce sont des spectateurs en détresse affective et sexuelle complète. Certains d'entre eux tombaient éperdument amoureux et se rendaient à la salle quasiment tous les jours. Les danseuses étaient constamment sollicitées. Pour monter sur la scène, elles devaient traverser toute la salle. Elles descendaient les escaliers depuis leur loge du dernier étage, traversaient l'allée centrale et étaient abordées par des spectateurs qui leur proposaient des cadeaux, leur offraient des fleurs, des pralines, des sous-vêtements... Avec difficulté, elles devaient conserver une distance avec ces hommes... Le premier rang était occupé par une ligne de spectateurs en train de se masturber. Quant au projectionniste, il avait pour mission de veiller à ce que ça ne dérape pas (trop). Ça restait, je pense, parfois compliqué. Le reste du temps, en dehors de leurs shows, les danseuses s'ennuyaient beaucoup. J'ai retrouvé dans les cartons d'archives des sollicitations de stripteasers et de stripteaseuses qui proposent leurs prestations. Ces lettres provenaient de l'Europe entière, envoyées par des pros et des amateurs qui souhaitaient bosser à l'ABC.»
Montage de deux photos promotionnelles de stripteaseuses de l'ABC datant des années 1980. | Cinéma Nova (fonds ABC).

«L'arrivée de la télévision provoque une hémorragie de spectateurs dans les cinémas. À Bruxelles, les salles commencent à fermer les unes après les autres dès la fin des années 1950. Lorsque Mr. Scott ouvre l'ABC en 1972, il va avoir l'idée d'employer des stripteaseuses. Une astuce qui remporte beaucoup de succès... Des effeuillages se produisent sur la scène devant l'écran. Au début, le film était projeté sans interruption, plus tard, le projectionniste va interrompre la séance. Au commencement de chaque heure, une stripteaseuse accomplissait un show. Elle était engagée à la semaine, et elle travaillait de 12 heures à 23 heures. Sur le plan psychologique, ce n'était pas facile car beaucoup de clients étaient des hommes qui fantasmaient sur elles. Ce sont des spectateurs en détresse affective et sexuelle complète. Certains d'entre eux tombaient éperdument amoureux et se rendaient à la salle quasiment tous les jours. Les danseuses étaient constamment sollicitées. Pour monter sur la scène, elles devaient traverser toute la salle. Elles descendaient les escaliers depuis leur loge du dernier étage, traversaient l'allée centrale et étaient abordées par des spectateurs qui leur proposaient des cadeaux, leur offraient des fleurs, des pralines, des sous-vêtements... Avec difficulté, elles devaient conserver une distance avec ces hommes... Le premier rang était occupé par une ligne de spectateurs en train de se masturber. Quant au projectionniste, il avait pour mission de veiller à ce que ça ne dérape pas (trop). Ça restait, je pense, parfois compliqué. Le reste du temps, en dehors de leurs shows, les danseuses s'ennuyaient beaucoup. J'ai retrouvé dans les cartons d'archives des sollicitations de stripteasers et de stripteaseuses qui proposent leurs prestations. Ces lettres provenaient de l'Europe entière, envoyées par des pros et des amateurs qui souhaitaient bosser à l'ABC

«Parmi les clients, on trouvait une proportion importante d'homosexuels, venus y chercher des rencontres occasionnelles et/ou tarifées. Plusieurs habitués étaient d'authentiques cinéphiles amoureux du genre. Je n'ai pas obtenu tous les témoignages que je souhaitais récolter, car l'industrie du sexe semble toujours frappée d'une sorte d'opprobre sociale. Les personnes du milieu se sentent stigmatisées. J'ai dû changer des noms de lieu, des dates, etc. pour que des témoins ne puissent pas être identifiés. C'est rempli de préjugés, soit faussement romantiques, soit très négatifs. La réalité, je la connais. Elle demande de prendre une certaine distance afin de comprendre que l'ABC était un lieu situé en dehors de toute norme sociale ou morale. On est vraiment sur une autre planète. Souvent, le film n'est qu'un prétexte. J'ai aussi parlé à un peintre décorateur qui travaillait pour plusieurs cinémas: Edmond Jamoulle. Les peintres dirigeaient des ateliers et travaillaient pour plusieurs cinémas. Ils peignaient des frontons et des quantités importantes de panneaux. L'ABC en a conservés dans ses archives.»
Fronton du cinéma ABC peint par Edmond Jamoulle. | Collection privée.

«Parmi les clients, on trouvait une proportion importante d'homosexuels, venus y chercher des rencontres occasionnelles et/ou tarifées. Plusieurs habitués étaient d'authentiques cinéphiles amoureux du genre. Je n'ai pas obtenu tous les témoignages que je souhaitais récolter, car l'industrie du sexe semble toujours frappée d'une sorte d'opprobre sociale. Les personnes du milieu se sentent stigmatisées. J'ai dû changer des noms de lieu, des dates, etc. pour que des témoins ne puissent pas être identifiés. C'est rempli de préjugés, soit faussement romantiques, soit très négatifs. La réalité, je la connais. Elle demande de prendre une certaine distance afin de comprendre que l'ABC était un lieu situé en dehors de toute norme sociale ou morale. On est vraiment sur une autre planète. Souvent, le film n'est qu'un prétexte. J'ai aussi parlé à un peintre décorateur qui travaillait pour plusieurs cinémas: Edmond Jamoulle. Les peintres dirigeaient des ateliers et travaillaient pour plusieurs cinémas. Ils peignaient des frontons et des quantités importantes de panneaux. L'ABC en a conservés dans ses archives.»

«Je parle aussi du pornographisme. Toute une culture graphique française de l'affiche sans image. On y voit uniquement des typos avec le titre. Cela s'est développé après l'adoption de la fameuse loi sur le X en France, dans la deuxième moitié des années 1970. Pour éviter d'avoir des problèmes avec les autorités judiciaires, les producteurs utilisaient ce genre de d'affiches... Pour un graphiste, comme moi, c'est incroyable.»
Deux affiches françaises de films classés X, années 1970. | Collection Christophe Bier

«Je parle aussi du pornographisme. Toute une culture graphique française de l'affiche sans image. On y voit uniquement des typos avec le titre. Cela s'est développé après l'adoption de la fameuse loi sur le X en France, dans la deuxième moitié des années 1970. Pour éviter d'avoir des problèmes avec les autorités judiciaires, les producteurs utilisaient ce genre de d'affiches... Pour un graphiste, comme moi, c'est incroyable.»

«J'ai inséré des pavés de presse qui étaient publiés dans la double page centrale des journaux de l'époque, le jour de leur sortie. Les films produits par les grands studios occupaient la surface centrale la plus importante, les pavés de presse des films pornos étaient disposés, en petit, sur les côtés. Le petit empire de George Scott commence à s'effriter dans les années 1980. Tout au long de sa carrière, il a dû faire face à toute une série de bouleversements: la démocratisation de la télé dans les foyers dès les années 1960, puis l'arrivée de la vidéo fin des années 1970, ensuite celle du DVD et pour finir l'avènement tout-numérique... Il se sépare progressivement de ses salles, liquide Atlantic Films et ne conserve plus que l'ABC de Bruxelles à partir du début des années 1990, dans lequel il entrepose ses archives colossales. J'ai eu un coup de foudre total pour cet endroit, pour cette culture représentée. Mr. Scott avait tout conservé, jusqu'au moindre registre. Et puis, au niveau patrimonial, c'est un lieu typiquement bruxellois. Une histoire secrète, méconnue, de Bruxelles. J'ai eu l'irrésistible envie de réaliser ce livre car si on n'accomplit pas ce travail de mémoire, l'histoire s'efface puis disparaît, et dans quinze ans plus personne ne se souviendra de l'ABC.»
À gauche, un pavé de presse belge néerlandophone; à droite, un pavé de presse américain. | Collection privée

«J'ai inséré des pavés de presse qui étaient publiés dans la double page centrale des journaux de l'époque, le jour de leur sortie. Les films produits par les grands studios occupaient la surface centrale la plus importante, les pavés de presse des films pornos étaient disposés, en petit, sur les côtés. Le petit empire de George Scott commence à s'effriter dans les années 1980. Tout au long de sa carrière, il a dû faire face à toute une série de bouleversements: la démocratisation de la télé dans les foyers dès les années 1960, puis l'arrivée de la vidéo fin des années 1970, ensuite celle du DVD et pour finir l'avènement tout-numérique... Il se sépare progressivement de ses salles, liquide Atlantic Films et ne conserve plus que l'ABC de Bruxelles à partir du début des années 1990, dans lequel il entrepose ses archives colossales. J'ai eu un coup de foudre total pour cet endroit, pour cette culture représentée. Mr. Scott avait tout conservé, jusqu'au moindre registre. Et puis, au niveau patrimonial, c'est un lieu typiquement bruxellois. Une histoire secrète, méconnue, de Bruxelles. J'ai eu l'irrésistible envie de réaliser ce livre car si on n'accomplit pas ce travail de mémoire, l'histoire s'efface puis disparaît, et dans quinze ans plus personne ne se souviendra de l'ABC.»

Une semaine dans le monde en 7 photos, du 14 au 20 novembre 2020
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