Une vie de chien
Société

Une vie de chien

«Comme les humains, les chiens développent un attachement à leurs objets personnels, qui peuvent donner au public un aperçu plus profond de leur identité, explique la photographe Alícia Rius, à l'origine du projet A Dog's life. Les objets qui façonnent leur routine quotidienne [...] nous montrent ce qui les rend les plus fiers ou les plus heureux, et exposent même leur vulnérabilité.»

«J'ai eu l’idée de ce projet il y a trois ans. À ce moment-là, le knolling [la photographie vue de haut, ndlr] était tendance. Les gens arrangeaient leurs effets personnels sur le sol et prenaient une photo vue de dessus. J'ai vraiment aimé l'approche: en regardant les objets, les gens pouvaient en savoir un peu plus sur la personne qui prenait la photo. Je pensais que ce serait vraiment cool de faire la même chose, mais avec des chiens. J'ai décidé de le faire cette année. Pendant la partie de réflexion conceptuelle, l'idée originale a changé. Inspirée par Gabriele Galimberti, qui a photographié des enfants du monde entier avec leurs jouets, j'ai voulu trouver différentes races et photographier leurs effets personnels. Mais j'ai réalisé que la plupart des chiens avaient les mêmes objets: seuls les couleurs et les tailles changeaient. Alors j'ai décidé de faire quelque chose de plus émouvant, et c'est comme ça que j'ai créé A Dog's Life, une série de portraits de chiens sur leur vie à un moment précis.»
La princesse | Alícia Rius

«J'ai eu l’idée de ce projet il y a trois ans. À ce moment-là, le knolling [la photographie vue de haut, ndlr] était tendance. Les gens arrangeaient leurs effets personnels sur le sol et prenaient une photo vue de dessus. J'ai vraiment aimé l'approche: en regardant les objets, les gens pouvaient en savoir un peu plus sur la personne qui prenait la photo. Je pensais que ce serait vraiment cool de faire la même chose, mais avec des chiens. J'ai décidé de le faire cette année. Pendant la partie de réflexion conceptuelle, l'idée originale a changé. Inspirée par Gabriele Galimberti, qui a photographié des enfants du monde entier avec leurs jouets, j'ai voulu trouver différentes races et photographier leurs effets personnels. Mais j'ai réalisé que la plupart des chiens avaient les mêmes objets: seuls les couleurs et les tailles changeaient. Alors j'ai décidé de faire quelque chose de plus émouvant, et c'est comme ça que j'ai créé A Dog's Life, une série de portraits de chiens sur leur vie à un moment précis.»

«J'ai d'abord dû décider des chiens que je voulais photographier. J'ai regardé toutes les races existantes et j’ai fait une liste de celles que j'ai le plus aimées. J'ai ensuite réduit la liste à des races que je pensais trouver facilement à Los Angeles. Puis j'ai regardé de près chaque race et j'ai écrit à des propriétaires, en leur demandant ce qu'ils faisaient avec leur chien, si celui-ci venait d'un élevage ou non, quels jouets il aimait mâcher, ses friandises préférées, les dépenses engagées pour l'animal... Grâce à cet exercice, je me suis rendue compte que certaines races étaient plus faciles à représenter que d'autres. À la fin, j'ai choisi les chiens qui étaient les plus forts et les plus amusants: le névrosé avec tous ses jouets mâchouillés, l'aînée qui passe ses journées dans les hôpitaux et se fait soigner, la princesse qui vit dans un monde tout rose, le pro qui enchaîne les concours de beauté, l'athlète obsédé par le fait d'aller chercher n'importe quoi, le chien errant qui vit dans les rues et essaie de survivre avec ce qu'il trouve.»
L'athlète | Alícia Rius

«J'ai d'abord dû décider des chiens que je voulais photographier. J'ai regardé toutes les races existantes et j’ai fait une liste de celles que j'ai le plus aimées. J'ai ensuite réduit la liste à des races que je pensais trouver facilement à Los Angeles. Puis j'ai regardé de près chaque race et j'ai écrit à des propriétaires, en leur demandant ce qu'ils faisaient avec leur chien, si celui-ci venait d'un élevage ou non, quels jouets il aimait mâcher, ses friandises préférées, les dépenses engagées pour l'animal... Grâce à cet exercice, je me suis rendue compte que certaines races étaient plus faciles à représenter que d'autres. À la fin, j'ai choisi les chiens qui étaient les plus forts et les plus amusants: le névrosé avec tous ses jouets mâchouillés, l'aînée qui passe ses journées dans les hôpitaux et se fait soigner, la princesse qui vit dans un monde tout rose, le pro qui enchaîne les concours de beauté, l'athlète obsédé par le fait d'aller chercher n'importe quoi, le chien errant qui vit dans les rues et essaie de survivre avec ce qu'il trouve.»

«J'avais d'autres races et configurations que je voulais vraiment faire, mais je n’ai pas pu trouver le bon chien ou les bons objets. Je voulais que chaque composition soit cohérente en termes de couleurs, et que chaque objet joue un rôle important pour raconter visuellement l'histoire du chien à ce moment-là. J’ai aussi passé beaucoup de temps à réfléchir aux éclairages; j’ai fait plusieurs essais pour voir ce que je préférais. Mon principal débat intérieur était de savoir si je voulais avoir des ombres fortes ou douces pour le knolling. J'ai finalement décidé que je souhaitais avoir des ombres légères: des ombres contrastées et bien définies seraient entrées en rivalité avec les objets, tandis que les ombres douces les élevaient. Magda, le cocker anglais, qui est une très vieille chienne, détestait être sur la table. À chaque fois que vous la mettiez dessus, elle sautait. Sa maîtresse restait derrière la table et la tenait, pour la rassurer et la mettre plus à l'aise.»
L'aînée | Alícia Rius

«J'avais d'autres races et configurations que je voulais vraiment faire, mais je n’ai pas pu trouver le bon chien ou les bons objets. Je voulais que chaque composition soit cohérente en termes de couleurs, et que chaque objet joue un rôle important pour raconter visuellement l'histoire du chien à ce moment-là. J’ai aussi passé beaucoup de temps à réfléchir aux éclairages; j’ai fait plusieurs essais pour voir ce que je préférais. Mon principal débat intérieur était de savoir si je voulais avoir des ombres fortes ou douces pour le knolling. J'ai finalement décidé que je souhaitais avoir des ombres légères: des ombres contrastées et bien définies seraient entrées en rivalité avec les objets, tandis que les ombres douces les élevaient. Magda, le cocker anglais, qui est une très vieille chienne, détestait être sur la table. À chaque fois que vous la mettiez dessus, elle sautait. Sa maîtresse restait derrière la table et la tenait, pour la rassurer et la mettre plus à l'aise.»

«Pour trouver les chiens, j'ai posté des messages au sein de plusieurs groupes Facebook et j’ai utilisé l'application Nextdoor. J'ai vraiment pensé que ce serait facile –il y a tellement de chiens dans cette ville– et pourtant, il a été compliqué de repérer les bons chiens. Je voulais des tailles et des couleurs différentes, et je devais trouver des animaux disponibles le jour où le studio était loué, qui sauraient rester assis sur une table. Il y avait tellement de facteurs à considérer! Faire le portrait de chiens s’est avéré plus ardu que prévu. J'ai une grande expérience de la photographie de chiens, mais ce jour-là, si quelque chose pouvait mal tourner, ça a effectivement mal tourné! À l'exception de deux chiens qui savaient rester assis, les autres ne tenaient pas en place. Bear, le bulldog anglais, ne pouvait pas contrôler son excitation quand c'était son tour; il sautait du plateau et brisait les objets sur son chemin. Mon idée pour son portrait était de le représenter avec un air “sérieux” et la gueule fermée, mais il ne pouvait pas s'arrêter de haleter. Nous nous sommes mis à trois pour le calmer et obtenir la bonne image.»
Le névrosé | Alícia Rius

«Pour trouver les chiens, j'ai posté des messages au sein de plusieurs groupes Facebook et j’ai utilisé l'application Nextdoor. J'ai vraiment pensé que ce serait facile –il y a tellement de chiens dans cette ville– et pourtant, il a été compliqué de repérer les bons chiens. Je voulais des tailles et des couleurs différentes, et je devais trouver des animaux disponibles le jour où le studio était loué, qui sauraient rester assis sur une table. Il y avait tellement de facteurs à considérer! Faire le portrait de chiens s’est avéré plus ardu que prévu. J'ai une grande expérience de la photographie de chiens, mais ce jour-là, si quelque chose pouvait mal tourner, ça a effectivement mal tourné! À l'exception de deux chiens qui savaient rester assis, les autres ne tenaient pas en place. Bear, le bulldog anglais, ne pouvait pas contrôler son excitation quand c'était son tour; il sautait du plateau et brisait les objets sur son chemin. Mon idée pour son portrait était de le représenter avec un air “sérieux” et la gueule fermée, mais il ne pouvait pas s'arrêter de haleter. Nous nous sommes mis à trois pour le calmer et obtenir la bonne image.»

«Le défi le plus important a été de mettre la main sur les chiens que je voulais. Le lévrier afghan est une race très rare, elle a été la plus compliquée à trouver. Une semaine avant le photoshoot des portraits de chiens, je n'avais toujours pas de lévrier afghan et j'ai commencé à paniquer. J'avais déjà trouvé tous les articles de toilettage pour le knolling. Certains des objets ont été donnés par des voisins, j'en ai achetés des neufs et j'ai utilisé Facebook et Nextdoor pour en récupérer d’autres. Heureusement, quelqu'un de l'association Afghan Rescue a répondu à mon mail et m'a mise en contact avec le propriétaire de Zig: j'ai pu photographier le lévrier afghan.»
Le pro des spectacles | Alícia Rius

«Le défi le plus important a été de mettre la main sur les chiens que je voulais. Le lévrier afghan est une race très rare, elle a été la plus compliquée à trouver. Une semaine avant le photoshoot des portraits de chiens, je n'avais toujours pas de lévrier afghan et j'ai commencé à paniquer. J'avais déjà trouvé tous les articles de toilettage pour le knolling. Certains des objets ont été donnés par des voisins, j'en ai achetés des neufs et j'ai utilisé Facebook et Nextdoor pour en récupérer d’autres. Heureusement, quelqu'un de l'association Afghan Rescue a répondu à mon mail et m'a mise en contact avec le propriétaire de Zig: j'ai pu photographier le lévrier afghan.»

«L'autre grand défi était le rapport au knolling. Certains chiens avaient plus d'objets ou étaient beaucoup plus grands que d'autres. L'espace pour le knolling était différent pour chacune des photos, et j'ai négligé de mettre en place les mêmes ratios et proportions. À mi-chemin, je me suis rendue compte que la configuration de Marmaduke, le chien errant, était complètement carrée, alors qu'il aurait dû avoir un format rectangulaire correspondant aux dimensions du portrait. Je n’ai réalisé qu'à la fin de la journée que j'avais six configurations différentes et qu'aucune d'entre elles ne collait. J'ai dû faire un peu de travail en post-production pour faire correspondre au format. C'était un processus très chronophage et n'ayant que peu d'expérience dans ce domaine, il m'a fallu apprendre sur le tas.»
Le chien errant | Alícia Rius

«L'autre grand défi était le rapport au knolling. Certains chiens avaient plus d'objets ou étaient beaucoup plus grands que d'autres. L'espace pour le knolling était différent pour chacune des photos, et j'ai négligé de mettre en place les mêmes ratios et proportions. À mi-chemin, je me suis rendue compte que la configuration de Marmaduke, le chien errant, était complètement carrée, alors qu'il aurait dû avoir un format rectangulaire correspondant aux dimensions du portrait. Je n’ai réalisé qu'à la fin de la journée que j'avais six configurations différentes et qu'aucune d'entre elles ne collait. J'ai dû faire un peu de travail en post-production pour faire correspondre au format. C'était un processus très chronophage et n'ayant que peu d'expérience dans ce domaine, il m'a fallu apprendre sur le tas.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

Une semaine dans le monde en 7 photos
Grand Format

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