Benidorm, paradis des papys à la coule

Quand on pense à la retraite et à la fin de vie, on a souvent en tête des clichés anxiogènes mélangeant isolement, maladie et longues périodes d'inactivité. Pas toujours très réjouissant. C'était le cas de Romi Tweebeeke qui en guise de catharsis, a décidé de se pencher très tôt sur la question. Après avoir immortalisé le quotidien de deux jumelles de 90 ans, travaillé sur la fureur des bals du troisième âge, la Néerlandaise de 27 ans a pris plusieurs vols low-cost à destination du sud-est de l'Espagne pour arpenter Benidorm, cette station balnéaire ensoleillée et bétonnée où tout est aménagé pour le confort des plus âgés. Romi en a tiré un livre intitulé Over Wintertijd qu'on peut traduire par «Au-dessus de l'hiver». Un bouquin qui conforte les dires de ce bon vieil adage: «L'âge, c'est aussi dans la tête»

 

«Tout le monde autour de moi a peur de vieillir. On a tous cette image en tête d'une personne aux cheveux gris, seule, assise derrière une vitre. Je veux que les gens, en parcourant le livre, se demandent: "Comment j'ai envie de passer la fin de ma vie ?"»

«Tout le monde autour de moi a peur de vieillir. On a tous cette image en tête d'une personne aux cheveux gris, seule, assise derrière une vitre. Je veux que les gens, en parcourant le livre, se demandent: "Comment j'ai envie de passer la fin de ma vie ?"»

«J'ai décidé de travailler sur la ville de Benidorm car, quand on pense à un lieu dédié aux personnes âgées, on pense directement à cet endroit. A Benidorm, il y a 70.000 places pour les vacanciers (camping, résidences...), mais il n'y a pas de chiffres précis répertoriant les retraités. Ce que je sais, c'est que dans les rues, il y en a beaucoup, il y a des scooters partout.»

«J'ai décidé de travailler sur la ville de Benidorm car, quand on pense à un lieu dédié aux personnes âgées, on pense directement à cet endroit. A Benidorm, il y a 70.000 places pour les vacanciers (camping, résidences...), mais il n'y a pas de chiffres précis répertoriant les retraités. Ce que je sais, c'est que dans les rues, il y en a beaucoup, il y a des scooters partout.»

«Quand je suis arrivée ici la première fois, j'ai d'abord été choquée par tous ces gratte-ciels, tout ce béton, c'était vraiment moche. Mais en tant que photographe, j'aime l'idée de photographier des choses vilaines et de les rendre belles. C'est un challenge. Lors de mes premiers shootings, à chaque fois, j'ai pris des photos sympas. C'est devenu en quelque sorte une addiction.​​​​​»

«Quand je suis arrivée ici la première fois, j'ai d'abord été choquée par tous ces gratte-ciels, tout ce béton, c'était vraiment moche. Mais en tant que photographe, j'aime l'idée de photographier des choses vilaines et de les rendre belles. C'est un challenge. Lors de mes premiers shootings, à chaque fois, j'ai pris des photos sympas. C'est devenu en quelque sorte une addiction.​​​​​»

«J'y suis allée à cinq reprises et à chaque fois pour des petits séjours. Selon moi, quand tu restes longtemps dans un endroit, le lieu devient normal. Tu ne vois plus ce qui fait sa spécificité, sa bizarrerie.​​​​​»

«J'y suis allée à cinq reprises et à chaque fois pour des petits séjours. Selon moi, quand tu restes longtemps dans un endroit, le lieu devient normal. Tu ne vois plus ce qui fait sa spécificité, sa bizarrerie.​​​​​»

«Il y a une grande différence entre l'été et l'hiver à Benidorm. Quand tu viens pendant l'été, c'est un lieu de vacances classique pour les jeunes.»

«Il y a une grande différence entre l'été et l'hiver à Benidorm. Quand tu viens pendant l'été, c'est un lieu de vacances classique pour les jeunes.»

«La vieillesse, c'est aussi un business. Ce qui est étrange, c'est que Benidorm investit beaucoup d'argent dans des campagnes visant à attirer les jeunes et pourtant les vieux continuent de venir. La municipalité n'est d'ailleurs pas très contente de la publication de mon livre. A la base, je devais participer à un voyage de presse mais la ville l'a annulé car ils ont entendu parler de mon projet. Je ne sais pas pourquoi ça les dérange car les vieux ont plus d'argent et sont très fidèles. S'ils sont bien dans un endroit, ils reviennent.»

 

«La vieillesse, c'est aussi un business. Ce qui est étrange, c'est que Benidorm investit beaucoup d'argent dans des campagnes visant à attirer les jeunes et pourtant les vieux continuent de venir. La municipalité n'est d'ailleurs pas très contente de la publication de mon livre. A la base, je devais participer à un voyage de presse mais la ville l'a annulé car ils ont entendu parler de mon projet. Je ne sais pas pourquoi ça les dérange car les vieux ont plus d'argent et sont très fidèles. S'ils sont bien dans un endroit, ils reviennent.»

 

«J'avais une image tronquée des gens qui venaient à Benidorm. Je pensais qu'ils restaient toute la journée allongés en train de profiter du soleil mais ils ne font pas que ça, ils sont très actifs et ça m'a supris. Je suis restée longtemps sur la plage. C'est là où la plupart des activités se déroulent. Il y a des exercices le matin, ils dansent, chantent, se baignent, jouent au Bingo, il y a toujours plein de choses à faire. Quand j'aurai 85 ans, j'aimerais être aussi active. Il y a un sentiment de liberté que j'aimerais connaître à cet âge, mais peut-être pas à Benidorm.»

«J'avais une image tronquée des gens qui venaient à Benidorm. Je pensais qu'ils restaient toute la journée allongés en train de profiter du soleil mais ils ne font pas que ça, ils sont très actifs et ça m'a supris. Je suis restée longtemps sur la plage. C'est là où la plupart des activités se déroulent. Il y a des exercices le matin, ils dansent, chantent, se baignent, jouent au Bingo, il y a toujours plein de choses à faire. Quand j'aurai 85 ans, j'aimerais être aussi active. Il y a un sentiment de liberté que j'aimerais connaître à cet âge, mais peut-être pas à Benidorm.»

«La plupart des retraités sont anglais, belges, français et néerlandais. C'est facile pour eux et ils ont des supermarchés spécialisés dans la nourriture de chaque pays. Tu peux vivre ici comme si tu étais chez toi mais avec le soleil. Les différentes nationalités sont également séparées. Ils ne se côtoient pas et la plupart d'entre eux ne parlent même pas espagnol. Ce n'est pas nécessaire.»

«La plupart des retraités sont anglais, belges, français et néerlandais. C'est facile pour eux et ils ont des supermarchés spécialisés dans la nourriture de chaque pays. Tu peux vivre ici comme si tu étais chez toi mais avec le soleil. Les différentes nationalités sont également séparées. Ils ne se côtoient pas et la plupart d'entre eux ne parlent même pas espagnol. Ce n'est pas nécessaire.»

«Mon prochain projet? Je ne sais pas, mais il sera encore axé sur les personnes âgées. Peut-être que dans dix ans, je ne photographierai que des bébés mignons mais la vieillesse, pour le moment, c'est mon dada. Aujourd'hui, grâce à mes projets, je n'ai plus peur de vieillir.»

«Mon prochain projet? Je ne sais pas, mais il sera encore axé sur les personnes âgées. Peut-être que dans dix ans, je ne photographierai que des bébés mignons mais la vieillesse, pour le moment, c'est mon dada. Aujourd'hui, grâce à mes projets, je n'ai plus peur de vieillir.»

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