La pression de la rue
Culture

La pression de la rue

La plupart des photographies de la série Apprendre à disparaître (Learning To Disappear), du photographe Nathan Bett, ont été réalisées entre 2010 et 2013 à New York. Sur ces images composées de différents clichés pris au même endroit, les passants regardent tous fixement vers l'objectif: «Le projet est né de la nécessité de m'exprimer au sujet de mon expérience de la photographie de rue et surtout de l’angoisse que m'a fait vivre mon adaptation à la vie urbaine en essayant d’obtenir le genre d'images que je voulais.» Nathan Bett revient sur sa démarche et sa vision de ce type de photographie.


	À son arrivée à New York, Nathan Bett s'essaie à la photographie de rue. Très vite, il se heurte à l'hostilité des passants et décide alors de travailler sur sa relation avec ses sujets. 
Nathan Bett

À son arrivée à New York, Nathan Bett s'essaie à la photographie de rue. Très vite, il se heurte à l'hostilité des passants et décide alors de travailler sur sa relation avec ses sujets. 


	Il se met à photographier de façon systématique les mêmes endroits afin de capter un maximum de regards dans sa direction sur plusieurs clichés. Il crée ensuite une seule image composite à partir de ces photographies.
Nathan Bett

Il se met à photographier de façon systématique les mêmes endroits afin de capter un maximum de regards dans sa direction sur plusieurs clichés. Il crée ensuite une seule image composite à partir de ces photographies.


	«Lorsque je photographie, je n'essaie pas d'attirer l'attention (c'est tout le contraire en fait), je prends soin de ne pas interagir avec les gens pour permettre à l’appareil photo de demeurer au premier plan.»
Nathan Bett

«Lorsque je photographie, je n'essaie pas d'attirer l'attention (c'est tout le contraire en fait), je prends soin de ne pas interagir avec les gens pour permettre à l’appareil photo de demeurer au premier plan.»


	«Seuls les gens sceptiques ou méfiants vis-à-vis de mon objectif m'intéressent.»
Nathan Bett

«Seuls les gens sceptiques ou méfiants vis-à-vis de mon objectif m'intéressent.»


	«Pour moi, cette série revient à parler de la photographie de rue plutôt que d'être elle-même de la photographie de rue.»
Nathan Bett

«Pour moi, cette série revient à parler de la photographie de rue plutôt que d'être elle-même de la photographie de rue.»


	«Si vous regardez de près les images, tout le monde n'est pas bouleversé. Il y a beaucoup de regards curieux, de visages embarrassés, et même quelques sourires [...], les gens voulaient aussi plaire à l'objectif.»
Nathan Bett

«Si vous regardez de près les images, tout le monde n'est pas bouleversé. Il y a beaucoup de regards curieux, de visages embarrassés, et même quelques sourires [...], les gens voulaient aussi plaire à l'objectif.»


	En composant ses images, en additionnant les regards similaires, le photographe ne transfère-t-il pas sur les expressions des gens le message qu'il souhaite voir associé à son image, en l'occurence l'hostilité des passants vis-à-vis des photographes de rue? «Si, bien sûr, explique Nathan Bett, c'est l’objectif recherché: une fiction plutôt qu'un documentaire. Les images expriment le sentiment d’être observé et scruté, elles proposent un regard en arrière autour du spectateur en nous demandant d'examiner cette relation.»
Nathan Bett

En composant ses images, en additionnant les regards similaires, le photographe ne transfère-t-il pas sur les expressions des gens le message qu'il souhaite voir associé à son image, en l'occurence l'hostilité des passants vis-à-vis des photographes de rue? «Si, bien sûr, explique Nathan Bett, c'est l’objectif recherché: une fiction plutôt qu'un documentaire. Les images expriment le sentiment d’être observé et scruté, elles proposent un regard en arrière autour du spectateur en nous demandant d'examiner cette relation.»


	«En attendant de capter les expressions authentiques des gens et en les présentant toutes ensembles, j’essaie de renforcer cette expression. Pour être clair, je ne fais pas une déclaration sur ce que ces personnes pourraient penser de moi, de la photographie ou de quelque autre sujet que ce soit. Je fais une déclaration sur la façon dont je me sens, en espérant que des gens pourront partager ma perception».
Nathan Bett

«En attendant de capter les expressions authentiques des gens et en les présentant toutes ensembles, j’essaie de renforcer cette expression. Pour être clair, je ne fais pas une déclaration sur ce que ces personnes pourraient penser de moi, de la photographie ou de quelque autre sujet que ce soit. Je fais une déclaration sur la façon dont je me sens, en espérant que des gens pourront partager ma perception».


	Dans la rue, le photographe est parfois perçu par les passants comme une gêne, une nuisance. Ce projet qui cherche à provoquer l'hostilité sur les visages permet-il de contrer ce sentiment? Nathan Bett explique n'avoir jamais eu cette impression. «Votre question suggère qu'à un moment donné je ne me suis pas senti ou que j'aurais dû ne pas me sentir à l'aise en utilisant les images prises dans la rue dans le cadre de mon art. Permettez-moi d'être clair: je n’ai jamais eu cette sensation. Il n'y a pour moi aucun problème éthique ni avec ce type de photographie ni avec la représentation de rue.»
Nathan Bett

Dans la rue, le photographe est parfois perçu par les passants comme une gêne, une nuisance. Ce projet qui cherche à provoquer l'hostilité sur les visages permet-il de contrer ce sentiment? Nathan Bett explique n'avoir jamais eu cette impression. «Votre question suggère qu'à un moment donné je ne me suis pas senti ou que j'aurais dû ne pas me sentir à l'aise en utilisant les images prises dans la rue dans le cadre de mon art. Permettez-moi d'être clair: je n’ai jamais eu cette sensation. Il n'y a pour moi aucun problème éthique ni avec ce type de photographie ni avec la représentation de rue.»


	«La photographie de rue est en grande partie, mais pas exclusivement, une pratique urbaine. Toutes les images d'Apprendre à disparaître (Learning To Disappear) ont été prises dans les centres urbains denses. La vie dans les villes modernes implique de nombreux sacrifices liés à la vie privée et au confort personnel. Notre image est prise des milliers de fois pendant qu’on marche sur le trottoir par toutes sortes de caméras et à toutes sortes de fins. Presque tout ce que vous faites sur Internet est enregistré et banalisé. Est-ce donc l’artiste qui travaille dans la rue qui est une nuisance?»
Nathan Bett

«La photographie de rue est en grande partie, mais pas exclusivement, une pratique urbaine. Toutes les images d'Apprendre à disparaître (Learning To Disappear) ont été prises dans les centres urbains denses. La vie dans les villes modernes implique de nombreux sacrifices liés à la vie privée et au confort personnel. Notre image est prise des milliers de fois pendant qu’on marche sur le trottoir par toutes sortes de caméras et à toutes sortes de fins. Presque tout ce que vous faites sur Internet est enregistré et banalisé. Est-ce donc l’artiste qui travaille dans la rue qui est une nuisance?»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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