Mais que fait encore l'armée américaine en Afghanistan?
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Mais que fait encore l'armée américaine en Afghanistan?

Après quatorze années de combats et des milliards de dollars dépensés, la guerre en Afghanistan est techniquement finie, bien que des troupes de l'Otan constituées de quelques milliers d'hommes restent dans le pays dans le cadre de l'opération Resolute Support. En juin dernier, Jason Koxvold a passé une semaine à photographier la série «Black Water» pour voir à quoi pouvait bien ressembler la présence continue des Américains dans le pays. «Ca a été la plus longue guerre de l'histoire des États-Unis, à tel point qu'être en état de guerre est devenu la nouvelle norme, et ces photos sont ma tentative de le montrer», nous a-t-il dit.


	Koxvold a passé ses trois premiers jours au quartier général de l'opération Resolute Support à Kaboul qui, selon ses dires, semblait à l'écart du monde, voire paisible. Ici, on voit un soldat de l'armée nationale afghane et un soldat américain représentés sur un mur du quartier général.
Jason Koxvold

Koxvold a passé ses trois premiers jours au quartier général de l'opération Resolute Support à Kaboul qui, selon ses dires, semblait à l'écart du monde, voire paisible. Ici, on voit un soldat de l'armée nationale afghane et un soldat américain représentés sur un mur du quartier général.


	Le jardin Destille au quartier général de l'opération Resolute Support à Kaboul. «Ma partie préférée de l'enceinte étaient les jardins, presque bucoliques, jusqu'à ce qu'on remarque le grand mur et les tours de surveillance derrière eux», explique Koxvold.
Jason Koxvold

Le jardin Destille au quartier général de l'opération Resolute Support à Kaboul. «Ma partie préférée de l'enceinte étaient les jardins, presque bucoliques, jusqu'à ce qu'on remarque le grand mur et les tours de surveillance derrière eux», explique Koxvold.


	Un soldat faisant des exercices au quartier général de l'opération Resolute Support à Kaboul.
Jason Koxvold

Un soldat faisant des exercices au quartier général de l'opération Resolute Support à Kaboul.


	Tandis qu'il photographiait, Koxvold a vu les troupes arriver de partout à travers le monde par hélicoptère, atterrissant sur le terrain de football. «C'est un microcosme convivial de l'Otan: les Italiens amènent du jambon frais, ils installent leur propre four à pizza et leur machine à expresso traditionnelle, les Allemands conduisent des Mercedes-Benz Classe G blindées, tout le monde court en faisant le tour de la base aux heures les plus fraîches de la journée» assure-t-il.
Jason Koxvold  

Tandis qu'il photographiait, Koxvold a vu les troupes arriver de partout à travers le monde par hélicoptère, atterrissant sur le terrain de football. «C'est un microcosme convivial de l'Otan: les Italiens amènent du jambon frais, ils installent leur propre four à pizza et leur machine à expresso traditionnelle, les Allemands conduisent des Mercedes-Benz Classe G blindées, tout le monde court en faisant le tour de la base aux heures les plus fraîches de la journée» assure-t-il.


	De Kaboul, Koxvold a voyagé en hélicoptère Black Hawk jusqu'à Bagram, la principale plaque-tournante du trafic aérien en Afghanistan. Ici, on voit la tour de contrôle du trafic aérien russe.

	 
Jason Koxvold

De Kaboul, Koxvold a voyagé en hélicoptère Black Hawk jusqu'à Bagram, la principale plaque-tournante du trafic aérien en Afghanistan. Ici, on voit la tour de contrôle du trafic aérien russe.

 


	Fût un temps où il s'agissait de la base militaire la plus importante au monde, mais ces deux dernières années, sa population a diminué de manière spectaculaire. Quand Koxvold était là, les avions de combat F-16 décollaient encore de manière régulière et les transporteurs C-130 et C-17 continuaient d'aller et venir. Mais la plupart du temps, l'aéroport donnait une impression «presque inquiétante».

	«Ca faisait un peu l'effet d'une ville fantôme: des couloirs vides et des cafétérias silencieuses. Chaque semaine, une roquette arrivait sur le mur et était détruite immédiatement par les canons automatisés C-RAM, à tel point que les gens ne semblaient même plus perturbés par les alarmes», explique Koxvold.

	Chaque nuit, il discutait avec les relations presse de l'Air Force de la liste des endroits qu'il avait proposés pour le shooting du lendemain. Pendant la journée, les membres l'escortaient jusqu'aux emplacements auxquels il était autorisé à accéder. Koxvold voulait également passer du temps avec l'Armée nationale afghane, mais il s'est heurté à leur service presse «totalement sourd».
Jason Koxvold

Fût un temps où il s'agissait de la base militaire la plus importante au monde, mais ces deux dernières années, sa population a diminué de manière spectaculaire. Quand Koxvold était là, les avions de combat F-16 décollaient encore de manière régulière et les transporteurs C-130 et C-17 continuaient d'aller et venir. Mais la plupart du temps, l'aéroport donnait une impression «presque inquiétante».

«Ca faisait un peu l'effet d'une ville fantôme: des couloirs vides et des cafétérias silencieuses. Chaque semaine, une roquette arrivait sur le mur et était détruite immédiatement par les canons automatisés C-RAM, à tel point que les gens ne semblaient même plus perturbés par les alarmes», explique Koxvold.

Chaque nuit, il discutait avec les relations presse de l'Air Force de la liste des endroits qu'il avait proposés pour le shooting du lendemain. Pendant la journée, les membres l'escortaient jusqu'aux emplacements auxquels il était autorisé à accéder. Koxvold voulait également passer du temps avec l'Armée nationale afghane, mais il s'est heurté à leur service presse «totalement sourd».


	Un soldat américain monte la garde lors d'une rencontre de l'Otan et de l'Armée nationale afghane.
	 
Jason Koxvold

Un soldat américain monte la garde lors d'une rencontre de l'Otan et de l'Armée nationale afghane.
 


	Un avion A C-17 de la Travis Air Force Base sur la base aérienne de Bagram.
Jason Koxvold

Un avion A C-17 de la Travis Air Force Base sur la base aérienne de Bagram.


	Alors qu'il admirait le professionnalisme des soldats et des aviateurs qu'il rencontrait, Koxvold dit être parti avec le sentiment que Resolute Support était une mission sans but. En outre, il a senti que la population afghane ne voulait pas des troupes sur le territoire, une impression qui l'a fortement assailli en conduisant un véhicule MRAP aux alentours de Kaboul tandis que sur le toit, un tireur levait son arme sur des civils. 

	«Le contact visuel que j'établissais à travers les vitres n'était pas chaleureux. Ce qui va de soi: si l'Afghanistan envoyait des troupes constituées de milliers d'hommes aux États-Unis pour arrêter nos terroristes intérieurs, on ne le supporterait pas un après-midi. On retrouve cet esprit de résitance dans le nombre d'Afghans qui viennent jeter une roquette sur les murs de Bagram, ce qui arrive à peu prêt une fois semaine. La différence c'est bien sûr qu'ils manquent d'armes à différentes échelles, mais ça ne les empêchent pas d'essayer.»
Jason Koxvold  

Alors qu'il admirait le professionnalisme des soldats et des aviateurs qu'il rencontrait, Koxvold dit être parti avec le sentiment que Resolute Support était une mission sans but. En outre, il a senti que la population afghane ne voulait pas des troupes sur le territoire, une impression qui l'a fortement assailli en conduisant un véhicule MRAP aux alentours de Kaboul tandis que sur le toit, un tireur levait son arme sur des civils. 

«Le contact visuel que j'établissais à travers les vitres n'était pas chaleureux. Ce qui va de soi: si l'Afghanistan envoyait des troupes constituées de milliers d'hommes aux États-Unis pour arrêter nos terroristes intérieurs, on ne le supporterait pas un après-midi. On retrouve cet esprit de résitance dans le nombre d'Afghans qui viennent jeter une roquette sur les murs de Bagram, ce qui arrive à peu prêt une fois semaine. La différence c'est bien sûr qu'ils manquent d'armes à différentes échelles, mais ça ne les empêchent pas d'essayer.»


	Du matériel de reconstruction pour une enceinte de l'Armée nationale afghane, à Kaboul.
Jason Koxvold

Du matériel de reconstruction pour une enceinte de l'Armée nationale afghane, à Kaboul.


	L'Afghanistan rural vu à partir d'un hélicoptère de la mission Resolute Support en route vers la base aérienne de Bagram.
Jason Koxvold

L'Afghanistan rural vu à partir d'un hélicoptère de la mission Resolute Support en route vers la base aérienne de Bagram.

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