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Carte interactive de la Petite couronne: comment on est passé de la banlieue rouge à la banlieue bleue

Carte réalisée par Joël Gombin

Voici la carte de l'étiquette politique, commune par commune, des nouveaux maires de la petite couronne francilienne (les trois départements limitrophes de Paris: Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Hauts-de-Seine) après le second tour des élections municipales.

Un scrutin notamment marqué par un changement d'ambiance en Seine-Saint Denis, voire un changement d'ère. Le département le plus pauvre de France, abritant de nombreuses zones urbaines sensibles, traditionnellement ancré tellement à gauche qu'on imaginait qu'il en serait toujours ainsi, a subi des changements très importants.

La droite est désormais à la tête de 21 communes dans le département, contre 19 pour la gauche. La mairie de Bobigny, après un siècle de communisme, est gagnée par Stéphane de Paoli, soutenu par l'UDI. Une ville qui fait le lien de continuité avec la présence du parti centriste à Drancy et à Noisy-le-Sec (c'est la petite bande violette au nord-est de la carte).

Willliam Delannoy (divers droite) remporte la mairie de Saint-Ouen face à la maire communiste sortante. La droite prend également aux communistes Le Blanc-Mesnil et Villepinte.

Le PS est lui aussi durement sanctionné, la droite parvenant à faire basculer une mairie PS symboliquement importante: Aulnay-sous-Bois, où la fermeture de l'usine PSA, qui sera effective en 2014, a laissé des traces, et où Bruno Beschizza, candidat UMP et ancien secrétaire général du syndicat de policiers Synergie-Officiers, a été élu dimanche 30 mars. Même bascule à Livry-Gargan.

La gauche, elle, conserve une partie des communes limitrophes de Paris dans le département (Le Pré-Saint-Gervais, Romainville, Bagnolet, Montreuil, Pantin) et un glacis au nord composé d'Aubervilliers, La Courneuve, Saint Denis et Stains. Le PCF a également reconquis Montreuil, perdue en 2008 au profit des écologistes.

La majorité perd également des plumes dans le département le plus à droite de la Petite couronne, les Hauts-de-Seine: elle y cède Asnières-sur-Seine, Clamart, Colombes et Fontenay-aux-Roses. Et si elle a moins souffert dans le 94, où les mairies communistes et socialistes restent nombreuses, elle y perd L'Hay-les-Roses et Limeil-Brévannes, tandis qu'une drôle d'alliance UMP-UDI-DVG-EELV arrache Villejuif au PCF, qui sauve Villeneuve Saint-Georges d'un souffle face à une alliance DVD-FN.

Au total, le rapport de forces ainsi modifié est favorable à la droite: elle s'annonce désormais majoritaire pour s'emparer de la présidence de la future métropole du Grand Paris en 2016.

Carte réalisée par Joël Gombin, chercheur en science politique et membre de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès.

Données: IGN, Ministère de l'Intérieur

Texte: Jean-Laurent Cassely

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