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Quand Manuel Valls défendait la soumission du Premier ministre au président

Temps de lecture : 2 min

En 2010, le nouvel occupant de Matignon expliquait pourquoi la gauche devait défendre la présidentialisation du régime et faisait du Premier ministre le «chef d’état-major de la machine administrative».

Le palais de l'Elysée. REUTERS/Charles Platiau.
Le palais de l'Elysée. REUTERS/Charles Platiau.

Dans son livre Pouvoir, publié en mars 2010 pour développer sa vision de la gauche en vue de la primaire ouverte de 2011, Manuel Valls consacrait un passage aux rôles respectifs du président et du Premier ministre sous la Ve République.

En dépit des deux septennats de François Mitterrand, les socialistes ont toujours été méfiants vis-à-vis de la personnalisation du pouvoir de la Ve, renforcée par l'instauration de l’élection du président de la République au suffrage universel en 1962. Mais Manuel Valls, comme à son habitude, a pris le contrepied de ses camarades et adopté une position clairement présidentialiste.

Admettant avoir défendu par le passé l’idée d’une VIe république parlementaire, Valls explique pourquoi il s’est écarté de cette vision. Face à la «“présidentialisation du régime” qui est partout à l’œuvre», écrit-il, la gauche doit renoncer au souhait de revenir à un régime parlementaire pour plusieurs raisons:

«Suite à la réforme sur le quinquennat en 2000 et à l’inversion du calendrier électoral en 2001, la pratique de Nicolas Sarkozy a encore accru la présidentialisation du régime. Le nouveau Président assume clairement le rôle de chef du gouvernement, le Premier ministre étant réduit à celui de chef d’état-major de la machine administrative.»

Une évolution que la gauche ne saurait combattre, dans la mesure où les primaires ouvertes légitimeraient encore plus le candidat qui sort gagnant pour conduire la gauche aux présidentielles, écrit-il encore en 2010:

«[…] Si l’instauration de primaires à gauche s’accomplit de manière satisfaisante, […] la gauche contribuera elle aussi à renforcer la légitimité et les pouvoirs du Président élu. [...]

Les électeurs de gauche aux primaires, et surtout les citoyens français, ne désigneront jamais un candidat qui proposerait de réduire drastiquement le pouvoir qu’il leur demande de lui conférer.»

Dans un chapitre intitulé «L’obligation d’accepter la personnalisation du pouvoir», le nouveau Premier ministre écrivait qu’il était «convaincu que [la gauche] doit désormais surmonter ses complexes en la matière.» «Par souci de réalisme et d’efficacité, concluait-il, nous ne devons donc pas reprendre la longue marche vers la VIe République.»

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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