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La nomination de Valls à Matignon va-t-elle faire perdre la majorité absolue au PS?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 31.03.2014 à 19 h 52

Majorité gouvernementale Duflot quittent le Conseil des ministres au Palais de l'Elysée le 19 février 2014, REUTERS/Benoit Tessier

Majorité gouvernementale Duflot quittent le Conseil des ministres au Palais de l'Elysée le 19 février 2014, REUTERS/Benoit Tessier

«Pour gouverner, il faut une majorité nette» à l'Assemblée nationale. Alors encore directeur de la communication du tout fraîchement élu président François Hollande, Manuel Valls appelait le 7 mai 2012 les électeurs à se mobiliser en vue des législatives.

Près de deux ans plus tard, sa nomination au poste de Premier ministre pourrait justement mettre la fragile majorité socialiste en péril, en plus de remettre la participation des écologistes au gouvernement en jeu.

La majorité absolue du Parti socialiste ne tient effectivement à l'heure actuelle qu'à trois sièges. Or, Cécile Duflot, la ministre du Logement, devrait mettre à exécution sa promesse très médiatisée de la semaine dernière, quand elle avait assuré à Manuel Valls qu'elle quitterait le gouvernement s'il était nommé Premier ministre

Le départ de Duflot = –1 socialiste à l'Assemblée

Elle reprendrait donc son siège de député laissé en juillet 2012 à sa suppléante socialiste Danièle Hoffman-Rispal. La majorité absolue du PS ne tiendrait donc plus qu'à deux sièges, sauf si un autre député EELV doté d'un suppléant socialiste fait le chemin inverse.

Le PS devra en outre composer avec une aile gauche qui n'est pas franchement ravie de l'identité du nouveau Premier ministre.

Emmanuel Maurel, qui anime le courant «Maintenant la gauche», a regretté «un choix étrange et surprenant», estimant qu'il «y a un besoin de gauche, pas sûr que Valls soit le plus a même d'y répondre». En septembre 2013, Benoît Hamon ministre délégué à la consommation et à l'économie sociale et solidaire, avait réagi aux propos controversés de Valls sur les Roms en estimant que «certains s'égarent dans des formes de transgression qui ne me plaisent pas.»

Les 17 autres députés écologistes à l'Assemblée risquent quant à eux de ne pas mieux accueillir la venue de Valls à Matignon que la future ex-ministre du Logement. Lors des violentes manifestations à Nantes contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes en février dernier, le député Noël Mamère avait mis en cause le ministre de l'Intérieur pour le comportement des policiers.

En août 2013, le refus de Valls de remettre en question le regroupement familial avait déclenché une pluie de critiques de la part des responsables écologistes, de Cécile Duflot au ministre délégué au développement Pascal Canfin en passant par le sénateur Jean-Vincent Placé. Au soir du second tour des municipales, l'eurodéputé Yannick Jadot estimait de son coté:

«Valls est un libéral qui a affiché un message d’ordre et d’autorité. Il ne peut pas être le symbole d’un gouvernement qui est plus écolo et plus social.»

L'arrivée de ce Premier ministre pas vraiment adulé chez les écologistes intervient alors que ces derniers, renforcés par de bons résultats aux municipales et notamment la victoire à Grenoble face au PS, jouent le rapport de force avec François Hollande. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu l'annonce pour affirmer qu'ils ne voteraient pas le pacte de responsabilité en l'état. 

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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