Municipales 2014 / France

Municipales: la défaite de la gauche pire qu'en 1983 et 2001, la preuve en chiffres

Temps de lecture : 2 min

Fall Rose. Brian Holland via Flickr license CC BY 2.0 
Fall Rose. Brian Holland via Flickr license CC BY 2.0 

La défaite de la gauche aux élections municipales de 2014 est historique, littéralement. Si l'on s'en tient à trois critères d'évaluation (les villes de plus de 30.000 habitants, les villes de plus de 100.000 habitants et les ministres sortants), la déroute de la gauche est d'une ampleur plus importante que ses deux grandes défaites précédentes aux municipales, en 1983 et 2001.

1. Villes de plus de 30.000 habitants

La gauche a perdu en 2014 plus de villes de plus de 30.000 habitants, qui constituent traditionnellement le critère privilégié pour évaluer le résultat des municipales, qu'en 1983 et 2001. L'AFP rapporte que 34 villes de plus de 30.000 habitants au total ont déjà basculé de gauche à droite selon les résultats parvenus à 22h, dont six villes dès le premier tour. Selon l'institut CSA, la gauche perdrait même 61 villes de plus de 30.000 habitants et préfectures:

Dans le sens inverse, seules Avignon et Douai ont été arrachées à la droite par la gauche, ce qui donne un solde négatif de 32 villesselon le chiffres de l'AFP, contre -29 en 1983 et -20 en 2001.

2. Villes de plus de 100.000 habitants

Avant le scrutin, la gauche contrôlait 29 des 41 villes de plus de 100.000 habitants. Elle en a perdu 10: Amiens, Angers, Argenteuil, Caen, Limoges, Reims, Saint-Etienne, Saint-Paul, Toulouse, Tours.

En 1983, la gauche n'avait perdu que sept villes de plus de 100.000 habitants: Nantes, Reims, Grenoble, Brest, Roubaix, Saint-Étienne et Nîmes. En 2001, elle avait compensé la perte de nombreuses villes moyennes et grandes (dont Strasbourg) par le gain de Paris et Lyon.

3. Ministres sortant battus

Deux ministres socialistes sortants ont perdu lors de ce second tour. Le ministre de l'Economie et des finances Pierre Moscovici a perdu chez lui à Valentigney dans le Doubs et le ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire Guillaume Garrot a été défait à Laval. Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, a perdu dans le troisième secteur de Marseille contre le maire sortant UMP.

En 1983, huit ministres de gauche avaient perdu, mais aucun n'était sortant. En 2001, cinq «seulement» s'étaient inclinés, dont un sortant, Jack Lang à Blois.

Grégoire Fleurot Journaliste

Newsletters

Pourquoi les «idéopôles» votent-ils encore à gauche?

Pourquoi les «idéopôles» votent-ils encore à gauche?

Depuis le milieu des années 1990, ces villes post-industrielles fondées sur l'économie de la connaissance sont de nouveaux bastions du PS. Il y a mieux résisté aux municipales, mais est menacé par la gauche alternative, qui confirme son implantation.

Nathalie Kosciusko-Morizet dit qu'elle est majoritaire en voix à Paris. Et si elle avait raison?

Nathalie Kosciusko-Morizet dit qu'elle est majoritaire en voix à Paris. Et si elle avait raison?

La droite a peut-être perdu Paris en sièges, mais elle l'a gagné en voix. Cet argument, dont nous vous parlions déjà au lendemain du second tour des municipales, a fait son retour dans le débat politique ces derniers jours. Notamment par la voix...

Le vote sanction des quartiers contre la gauche expliqué par l'acteur Saïd Taghmaoui

Le vote sanction des quartiers contre la gauche expliqué par l'acteur Saïd Taghmaoui

Dans un entretien à Slate, l'acteur de «La Haine» justifie son soutien à l'UMP Bruno Beschizza, nouveau maire d'Aulnay-sous-Bois. Un ralliement qui illustre la fin de la relation privilégiée entre une partie des habitants des banlieues et la gauche.

Newsletters