Municipales 2014France

Municipales 2014: les dix résultats que vous devez retenir du second tour

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 31.03.2014 à 9 h 14

REUTERS/Jean-Paul Pélissier.

REUTERS/Jean-Paul Pélissier.

Ce second tour des municipales a confirmé les enseignements du premier: c'est une défaite majeure pour le PS et une percée importante pour le FN. L'UMP sort gagnante du scrutin. De tous les basculements, retournements et surprises, voici dix résultats particulièrement intéressants à retenir.

Quimper, l'échec d'un proche de Hollande

Conseiller de François Hollande, le maire socialiste Bernard Poignant, qui sollicitait un troisième mandat, était en mauvaise posture après le premier tour. Et le très bas score des alliés écologistes interdisait d'espérer des reports de voix substantiels.

Mais sa défaite n'en est pas moins forte symboliquement pour la gauche: il n'obtient que 43,4% des suffrages exprimés contre 56,6% pour l'UMP Ludovic Jolivet. Jolivet qui déclarait cette semaine au Monde: «Il paie les erreurs du gouvernement d'autant plus fort qu'il a un bureau à l'Elysée…»

Laval, l'échec du gouvernement

Nous vous le disions dès le premier tour: à Laval, sur des terres difficilement arrachées à la droite en 2008, le ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire Guillaume Garot allait avoir le plus grand mal à l'emporter. Et de fait, la liste sur laquelle il figurait en troisième position a perdu: le sénateur UDI François Zocchetto l'a facilement emporté en triangulaire avec 51,57% des suffrages exprimés.

Bobigny, le basculement historique d'une ville communiste

Bobigny était communiste depuis que le parti communiste existait, depuis sa fondation, en décembre 1920, lors du congrès de Tours de la SFIO. La victoire du candidat de centre droit Stéphane De Paoli, avec plus de 53% des voix, est donc un séisme pour la gauche locale «dans cette ville qui avait voté à 74% pour François Hollande en 2012 et dont 60% des électeurs ne se sont pas déplacés dans les bureaux de vote pour ce scrutin municipal», comme l'expliquait Libération dans l'entre-deux tours.

Limoges, le basculement historique d'une ville socialiste

L'élection d'un maire UMP, Emile-Roger Lombertie, est un «tremblement de terre», selon L'Express. Le PS tenait les rênes de la ville depuis 1912, quasi sans interruption: «Pour prendre la mesure de la nouvelle, il faut imaginer le Liechtenstein battre le Brésil au football ou le Vatican passer au protestantisme!»

Les résultats définitifs communiqués par la préfecture donnent Emile-Roger Lombertie, psychiatre retraité de 63 ans, gagnant en triangulaire avec 45,07% des voix, contre 43,81% pour le maire sortant Alain Rodet.

Marseille-VIIe, le plus grand territoire du FN

Le candidat FN Stéphane Ravier gagne le VIIe secteur de Marseille (13e-14e arrondissements) avec un peu plus de 35% des voix contre 32,5% pour le maire sortant Garo Hovsepian et 32% pour Richard Miron (UMP-UDI). «Le FN dirigera là son plus grand territoire, le VIIe secteur recouvrant 150.000 habitants, l'équivalent d'une ville comme Grenoble ou Dijon», précise l'institut Ipsos.

Stéphane Ravier a expliqué que c'était une «très grande joie», après «des années d’implantation et de travail. Nous serons là pour surveiller [Jean-Claude Gaudin], ne pas le laisser agir comme il l’a fait jusqu’à présent, replié sur lui-même et ses amis. J’irai le voir pour qu’il nous donne les moyens. Je ferai du harcèlement démocratique pour que les Marseillais aient un quotidien digne.»

Toulouse, le plus gros basculement

L'UMP Jean-Luc Moudenc, maire de 2004 à 2008, a obtenu 51,5 % des suffrages, contre 48,5 % pour le sortant socialiste Pierre Cohen. Il prend sa revanche après s'être fait ravir la mairie en 2008 par le PS à un peu plus de mille voix près. La ville, cinquième de France par la population, est la plus grande à changer de camp lors de ce second tour.

Grenoble, la victoire d'EELV sur le PS

Lors de ces municipales, Grenoble s'est révélée emblématique des dissensions au sein de la gauche: les écologistes, alliés au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, voulaient créer la surprise en l'emportant dans ce qui est un bastion PS depuis 1995, et ils ont réussi. Le candidat EELV Eric Piolle, arrivé en tête au premier tour, remporte le second très largement en quadrangulaire avec 40,02%, contre 27,45% pour son adversaire Jérôme Safar, privé de l'étiquette PS entre les deux tours pour avoir refusé de se rallier.

Eric Piolle est par ailleurs une personnalité locale charismatique, connue pour avoir refusé de mettre en place un plan de délocalisation au sein de son entreprise (Hewlett-Packard) et avoir du coup dû pointer au chômage avant de retrouver un emploi.

Paris IXe, l'arrondissement de Paris qui passe de droite à gauche

Delphine Burkli (UMP) remporte le scrutin dans le IXe arrondissement de Paris avec 50,36% des voix face à la candidate PS Pauline Véron, soit un peu plus de 150 voix d'écart. Ce basculement de l'arrondissement apporte trois sièges supplémentaires de conseillers de Paris à la droite.

Les autres arrondissements susceptibles de basculer, le IVe et le Ve, sont restés respectivement à gauche et à droite.

Avignon, l'éclaircie du PS

La gauche craignait de voir Avignon basculer vers le FN, elle récupère finalement la ville. La socialiste Cécile Helle est élue avec 47,47 % des voix et lui offre une de ses rares victoires de la soirée.

«C'est une victoire historique pour la gauche, une victoire collective, et c'est surtout la victoire des Avignonnais et des Avignonnaises et de tous ceux qui se sont mobilisés entre les deux tours pour donner une autre image d'Avignon», s'est réjouie la nouvelle maire. Accessoirement, le directeur du Festival d'Avignon Olivier Py n'aura pas à se préoccuper de délocaliser le Festival.

Montreuil, un grand bazar au profit du Front de gauche

C'était le grand bazar: une quadrangulaire consécutive à un premier tour où cinq candidats étaient en position de se maintenir. Longtemps dirigée par le communiste Jean-Pierre Brard, qui a failli réussi un come-back gagnant en recueillant plus de 35% des voix au second tour, puis par l'écologiste Dominique Voynet de 2008 à 2014, la ville échoit finalement au candidat Front de gauche Patrice Bessac, qui dépasse les 37%.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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