Municipales 2014 / France

De 1977 à 2014, revivez l'évolution de la couleur politique des arrondissements parisiens en un GIF

Temps de lecture : 2 min

1977: la première

En bleu sombre, les arrondissements RPR, en bleu clair, les arrondissements tenus par d'autres partis de droite.

Pour la première élection d'un maire de Paris depuis près de deux cents ans, Jacques Chirac remporte la bataille du leadership à droite face au candidat de la majorité présidentielle Michel d'Ornano. La gauche est majoritaire dans six arrondissements, dont quatre où sa liste est conduite par le PCF. A noter qu'à l'époque, l'élection se déroulait dans dix-huit secteurs, les quatre plus petits arrondissements (Ier et IVe, IIe et IIIe) étant regroupés en deux secteurs.

1983: le Grand Chelem

Deux ans après sa candidature infructueuse à la présidentielle, Jacques Chirac réussit l'exploit de remporter les vingt arrondissements de Paris face au socialiste Paul Quilès.

1989: le Grand Chelem (bis)

Pas de changement malgré un cru 1989 bien plus favorable à la gauche sur le plan national: les vingt arrondissements de Paris restent à droite. Cette fois-ci, c'est le ministre de l'Intérieur Pierre Joxe qui mène cette bataille impossible à gauche.

1995: premières lézardes à droite

En saumon, la victoire du MRC Georges Sarre dans le XIe.

Un mois après la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle, le cru 1995 marque les premiers signes de l'effondrement de la droite à Paris. Désormais menée par le maire du Ve Jean Tiberi, la majorité municipale perd six arrondissements, ceux que la gauche avait déjà gagnés en 1977. Le PS manque même de peu d'en faire basculer deux autres, le IVe et le XIIIe, où ses listes atteignent 48,5%.

2001: la bascule historique

Minoritaire en voix (48,5% environ) face à une droite profondément divisée entre tibéristes et séguinistes, la gauche emmenée par Bertrand Delanoë fait basculer six arrondissements et la majorité à Paris. Pour la première fois, Paris a un maire d'arrondissement écologiste, Jacques Boutault dans le IIe.

2008: la gauche creuse l'écart

La carte des arrondissements ne bouge pas: la gauche conserve douze arrondissements (dont le IIe pour les Verts, arrivés derrière au premier tour, mais qui le gardent dans le cadre de l'accord de fusion) et la droite huit. Mais les listes Delanoë amplifient leur avance de 2008 partout: les IIe ou IXe, gagnés de justesse en 2001, donnent ainsi lieu à des scores-fleuve. La gauche réalise aussi des gros scores dans les Ve, XVe et XVIIe, conservés par la droite.

2014: la droite grignote les bastions de gauche

La droite regagne du terrain: treize ans après, le IXe revient dans son giron grâce à la victoire de justesse de Delphine Bürkli sur Pauline Véron, pour 159 voix. Elle échoue, pour 55 voix, à reprendre le IVe à Christophe Girard. EELV conserve le IIe arrondissement, cette fois-ci en arrivant devant le PS dès le premier tour.

Jean-Marie Pottier

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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