Municipales 2014France

Municipales: la défaite du PS va-t-elle dépasser celles de 1983 et 2001?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 28.03.2014 à 17 h 09

Fall Rose. Brian Holland via Flickr license CC BY 2.0 

Fall Rose. Brian Holland via Flickr license CC BY 2.0 

Le PS a été sanctionné. C'est l'un des points sur lesquels tous les observateurs et spécialistes de la politique française s'accordent après le premier tour des élections municipales. La question qui se pose désormais est: le second tour va-t-il marquer la plus importante défaite de l'histoire du parti lors d'un scrutin municipal?

Le PS a été victime deux fois d'un vote sanction aux municipales alors qu'il était au pouvoir, en 1983 et en 2001 –il y avait en revanche échappé en 1989. En 1983, deux ans après l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, le PS avait subi un revers cuisant au premier tour...

... avant de se relever quelque peu au second à la faveur d'une importante mobilisation de l'électorat de gauche:

En 2001, un an avant la défaite de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, le PS avait connu un recul moins marqué et atténué par les gains de Paris et Lyon, mais avait tout de même perdu 42 villes de plus de 15.000 habitants, dont 23 de plus de 30.000.

Dans un billet sur le blog Slowpolitix, Florent Gougou, chercheur associé au Centre d'études européennes (CEE) de Sciences Po, apporte un élément de réponse en comparant les scores au premier tour dans les 252 villes françaises de plus de 30.000 habitants, qui représentent 25% du corps électoral français. Et il voit peu de motifs d'optimisme pour les socialistes:

«A l’issue du premier tour des municipales de 2014, des signes avant-coureurs d’une sanction de grande ampleur sont déjà perceptibles.»

Le chercheur souligne que le PS a déjà perdu cinq villes de plus de 30.000 habitants dès le premier tour. Mais surtout, il n'a conservé que 11% de ses villes dès dimanche (15 sur 137), tandis que le droite a déjà reconduit 53% de ses équipes municipales sortantes (56 sur 105).

Cette importante différence (42 points de pourcentage) entre les taux de reconduction des maires de villes de plus de 30.000 habitants dès le premier tour ne laisse augurer rien de bon pour le PS au second tour, comme l'écrit Florent Gougou:

«Un différentiel aussi élevé entre les taux de reconduction (écart entre le taux de reconduction de la gauche et le taux de reconduction de la droite) n’avait jamais été enregistré depuis 1983. Les cas les plus proches, en 1983 et 2001, s’étaient soldés par une nette défaite finale de la gauche.»

En 1983 et 2001, les différentiels étaient respectivement de «seulement» -33 et de -16 points de pourcentage (même si, en 1983, le PS avait perdu 16 villes dès le premier tour). De son côté, Le Monde a calculé que le PS pourrait perdre autour de 90 villes de plus de 10.000 habitants, et conclut:

«Quoi qu'il en soit, pour un parti d'élus comme l'est le PS, la déroute annoncée à ces élections municipales risque d'écorner sérieusement son empire local.»

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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