FranceMunicipales 2014

Le Parti de gauche «faiseur de roi» à Paris: ce qu'il faudrait pour que ça arrive

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 27.03.2014 à 17 h 30

Tract de soutien à Danielle Simonnet.

Tract de soutien à Danielle Simonnet.

A Paris, le Parti de gauche est en colère. «Hidalgo prétend nous avoir tendu la main; en réalité, elle nous a tendu une muselière», a déclaré sa candidate, Danielle Simonnet, dont les listes ont recueilli 4,94% des voix au premier tour dimanche 23 mars. Des conditions de négociation jugées indignes et des exigences du PS considérées comme démesurées ont décidé la formation de Jean-Luc Mélenchon à refuser toute fusion au second tour là où c'était possible (Xe, XIe, XIIe, XIIIe, XIVe, XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements) et à ne pas appeler à voter pour les listes Hidalgo.

Danielle Simonnet, la seule à dépasser, de justesse, les 10% au premier tour, se maintient donc dans le XXe, où aura lieu une triangulaire avec Frédérique Calandra (PS) et Atanase Périfan (UMP). «La tête de file du Front de gauche intégrera peut-être le conseil de Paris. Mais faute d’accord avec le PS, et vu l’état des relations avec le PCF, elle risque d'être bien seule à y représenter "l’opposition de gauche"», écrit Libération.

Il existe pourtant une situation dans laquelle cette «solitude» serait moins dure à supporter: c'est celle où les listes PS et UMP recueilleraient chacune 81 sièges au Conseil de Paris, et où le siège du Parti de gauche serait l'appoint indispensable à la majorité municipale d'Anne Hidalgo.

Si ce scénario n'est pas le plus probable, il est cependant envisageable, comme le prouve notre simulateur des municipales parisiennes. Il suppose –et c'est évidemment loin d'être gagné– que la droite gagne tout ce qu'elle peut en dehors du XIIe arrondissement (où elle vient de s'offrir un joli pataquès avec le maintien par erreur sur sa liste au second tour de Franck Margain, dont le propre parti a appelé à voter contre elle). Les listes NKM doivent donc remporter:

  • les trois autres arrondissements où la candidate peut nourrir des espoirs: IVe, IXe et XIVe.
  • deux sièges dans le XXe (ce qui est plus que jouable: dans cet arrondissement où elle était éliminée dès le premier tour en 2008, il suffira à la droite de dépasser 25%).
  • un siège de plus qu'en 2008 dans les IIIe, XIe, XIIIe, XVe, XVIIIe et XIXe. Plus facile à dire qu'à faire, sachant que cela veut dire, dans certains d'entre eux, surpasser de huit points le score de Nicolas Sarkozy à la présidentielle 2012, avec des réserves de voix à première vue peu évidentes.

Si tout s'emboîtait ainsi, on arriverait donc à 81 sièges pour la gauche, 81 pour la droite et Danielle Simonnet pour le Parti de gauche, devenue faiseuse de roi lors du «troisième tour», l'élection du maire.

Mais, pour conquérir elle-même ce siège, la formation de Jean-Luc Mélenchon va elle aussi devoir faire tourner sa calculette. Si 12,5% au second tour assureraient quoi qu'il arrive à Danielle Simonnet de siéger au Conseil de Paris, un score inférieur d'un point, par exemple, ferait dépendre ce siège des scores respectifs du PS et de l'UMP: elle ne le gagnerait pas si le PS faisait entre 50% et 54% ou entre 57,5% et 65,5%, mais le remporterait si le PS faisait entre 54,5% et 57,5% ou plus de 65,5%! Bizarreries du scrutin proportionnel...

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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