Municipales 2014France

A la gauche du PS, les Verts s'en tirent plutôt bien

Andréa Fradin, mis à jour le 24.03.2014 à 14 h 50

Grenoble par Laurent Espitallier | FlickR licence cc by

Grenoble par Laurent Espitallier | FlickR licence cc by

Avec la percée du Front national, l'extrême droite a focalisé l'attention à l'issue du premier tour de l'édition 2014 des municipales.

Mais il se passe aussi des choses de l'autre côté de l'échiquier politique. Ecologistes, Front de Gauche, Parti communiste... dans quelques cas symboliques, le Parti socialiste a été devancé par sa gauche.

Deux villes se détachent clairement dans ce palmarès: Grenoble et Montreuil.

Succès à Grenoble et Montreuil

En Isère, la coalition formée par Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le Front de Gauche (FG) a créé la surprise en arrivent en tête du premier tour. Avec 29,41%, la liste devance les socialistes (25,31%), l'UMP (20,86%) et le FN (12,56%).

Comme l'indique le graphique ci-dessous qui retrace l'évolution des votes aux premiers tours des municipales de 2001, 2008 et de 2014, Grenoble n'est pourtant pas un bastion historique des Verts ou de l'extrême gauche. Le bon score de 2001 des Verts, à près de 20%, reste assez loin de celui obtenu cette fois-ci.

Le Parti socialiste paie probablement ici le prix fort pour n'avoir pas réussi à réunir les sensibilités de l'extrême gauche et du centre-droit, une union qui lui avait valu un beau score en 2008. 

Mais la défaite est encore plus amère à Montreuil, où le candidat socialiste Razzy Hammadi a obtenu un score inférieur à 10%. Et ne pourra donc même pas se maintenir au second tour.

Les résultats de cette commune de Seine-Saint-Denis sont représentatifs de l'histoire électorale de ce bastion communiste, qui est tombé en 2008 dans l'escarcelle des Verts. Ils reflètent les divisions à la gauche de la gauche, dont les différentes formations se talonnent en tête du scrutin: l'ancien maire apparenté PCF Jean-Pierre Brard, détrôné en 2008 par Dominique Voynet qui ne se représentait pas cette année, arrive en tête avec 25,55%, le candidat officiel du FdG suit avec 18,81%, quand la liste écolo obtient un peu plus de 15%. Un invité surprise, regroupement de la droite, s'intercale à la troisième place de ce premier tour qui constitue un désaveu pour les Verts, qui tirent pourtant leur épingle du jeu au niveau national.

La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse s'est d'ailleurs réjouie à l'issue du scrutin de ce «retour de l'écologie», même si le niveau global n'atteint pas les résultats obtenus en 2001, comme le note pour sa part un autre responsable du parti, David Cormand.

Les accords de second tour

La formation verte enregistre en effet d'autres jolies réussites, par exemple du côté de Sevran, où le maire sortant Stéphane Gatignon, ancien communiste passé chez EELV en 2009, a récolté plus de 40% des votes. S'il a quitté le parti en septembre dernier, l'emblématique Noël Mamère est élu dès le premier tour pour la cinquième fois dans son fief de Bègles.

Engagés sur les listes parisiennes, les résultats des responsables Europe Ecologie-Les Verts semblent contrastés. La liste soutenue par la ministre Cécile Duflot, dans le XIe arrondissement, ne récolte que 11,56% des suffrages, quand celle d'un autre membre du gouvernement écolo, Pascal Canfin, dépasse péniblement les 10%. Beau succès en revanche pour le candidat Vert du IIe arrondissement, également maire sortant, qui arrive en tête avec 32,96%.

Comme le fait remarquer à l'AFP un spécialiste du mouvement écologiste en France, Guillaume Sainteny, il semblerait que la percée verte soit particulièrement efficace «quand ils ont eu une stratégie plus autonome». «Sous réserve des résultats définitifs, les listes d'union n'ont [à l'inverse] pas bien marché», ajoute-t-il. Constat qu'établit d'ailleurs aussi la secrétaire nationale d'EELV, qui se félicite d'avoir «été bien reçus [...] partout où on est en autonomie».

Des résultats satisfaisants qui pourraient peser lourd dans la balance du second tour: à Poitiers (15,29% pour EELV), Nantes (14%), Rouen, Lille (11,08%) ou bien encore Rennes, où les Verts se sont associés au Front de Gauche (15,09%), la gauche de la gauche risque fort de tenir le rôle décisif d'arbitre.

 

Les tractations sont déjà bien entamées: ainsi à Lille, il est d'ores et déjà question de fusion entre la liste écolo et celle de la maire sortante et tenor du PS, Martine Aubry. Et à Paris, selon Thibaut Pezerat, du Lab, «le PS, le PCF et EELV ont trouvé un accord sur la composition de listes communes pour le second tour de l'élection municipale à Paris (...) L'accord (...) est très favorable à EELV, qui passera de 11 à 17 candidats placés en position éligible à un poste de conseiller de Paris, et au PCF, qui passera de 8 à 13. (...) Les Verts sont certains d'emporter au minimum 14 conseillers de Paris, et au maximum 18. EELV conservera par ailleurs la mairie du IIe arrondissement».

Andréa Fradin
Andréa Fradin (204 articles)
Journaliste
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