Municipales 2014France

Municipales: tour de France des embrouilles au bureau de vote

Grégoire Fleurot, mis à jour le 23.03.2014 à 19 h 36

A Nice le 23 mars 2014, REUTERS/Eric Gaillard

A Nice le 23 mars 2014, REUTERS/Eric Gaillard

Quand 44,8 millions de personnes sont appelées à se déplacer le même jour pour élire quelque 36.700 conseils municipaux, il y a forcément des couacs. Petit tour de France des embrouilles électorales.

A Marseille, des intimidations...

Intimider des électeurs qui se rendent aux urnes peut sembler être une étrange stratégie en sachant que le vote est secret en France et qu'il n'y a aucun moyen de vérifier l'efficacité des menaces. C'est pourtant ce qu'ont apparemment tenté six hommes à l'école Feuilleraie dans le 4e arrondissement de Marseille, rapporte La Provence. 

Le groupe aurait menacé l'assesseur en charge de la sécurité et donné des consignes de vote en faveur de l'UMP Bruno Gilles, «secouant» au passage des électeurs. La Provence a dans un premier temps rapporté que les auteurs des troubles ont été interpellés, avant de retirer l'information de leur article.

Et Pape Diouf en appelle à l'ONU

Pape Diouf, ancien président de l'OM et tête de la liste «Ensemble pour changer la donne», a dénoncé plusieurs anomalies rapporte La Provence, dont une liste d'émargement déjà signée à huit heures, des distributions d'enveloppes déjà remplies avec des bulletins à l'entrée de plusieurs bureaux de vote, des panneaux électoraux où une seule affiche recouvre celle de tous les autres candidats...

Conclusion de Diouf:

«On peut considérer que tous ces faits font partie du jeu marseillais. [...] Pourtant tous sont inacceptables [...]. Faut-il envoyer des observateurs des Nations unies pour superviser les élections à Marseille?»

Corbeil-Essonnes, évidemment

Corruption, achat de votes, maires et anciens maires mis en examen ou placés en garde à vue, scrutins annulés: Corbeil-Essonnes est l'une des villes les plus sulfureuses de France en termes de politique locale. Et la ville n'a pas tardé à faire honneur à sa réputation ce dimanche.

Avant même 11h ce matin, la section locale du PS accusait sur Twitter un candidat de proposer un bulletin non valide. En début d'après-midi, le candidat socialiste Carlos Da Silva accusait son rival communiste Bruno Piriou de l'avoir «poussé et insulté» devant le bureau de vote, et affirme avoir porté plainte dans la journée.

Le vote en force à Cagnes-sur-Mer

Certains électeurs ressentent apparemment le besoin de faire connaître leur choix à tout le bureau de vote. Une électrice au Val Fleuri à Cagnes-sur-Mer a ainsi décidé de ne prendre qu'un seul bulletin de vote et de sauter sur l'urne pour l'y mettre de force rapporte Nice Matin, prenant de surprise les assesseurs en criant:

 «Vous ne m’empêcherez pas de voter FN! Si tout le monde votait comme moi ça se passerait mieux dans le pays. Vive le FN!»

Radiations suspectes à Nice

Toujours dans les Alpes-Maritimes, le porte-parole de la fédération PS locale confie à Nice Matin:

«Je n'ai évidemment pas de preuve. Mais, j'ai des remontées du terrain. Des parents de candidats, des militants socialistes, des électeurs qui avaient participé à la Primaire socialiste n'ont pas pu voter aujourd'hui. Même la présidente du comité de soutien de Patrick Allemand, Paule Rey-Josslet, une avocate qui n'a pourtant pas déménagé depuis 10 ans, a été radiée des listes. Dans certains bureaux du 12e canton ça peut atteindre 5% du corps électoral.»

Le service des élections de la ville précise qu'il y a eu moins de radiations cette fois-ci qu'avant les présidentielles par exemple, et que tout ça est «tout à fait habituel»

G.F.

Cet article sera mis à jour avec les prochaines «embrouilles au bureau de vote».

Grégoire Fleurot
Grégoire Fleurot (799 articles)
Journaliste
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