Municipales 2014 / France

Le FN et les triangulaires, les vainqueurs du premier tour des municipales

Temps de lecture : 2 min

Une urne à Hénin-Beaumont, le 23 mars 2014 REUTERS/Pascal Rossignol
Une urne à Hénin-Beaumont, le 23 mars 2014 REUTERS/Pascal Rossignol

Il est 20 heures, plus la peine d'utiliser #RadioLondres, il est déjà temps de tirer les premiers enseignements du premier tour des municipales.

S'il va falloir attendre un peu pour les plus grandes villes, comme Paris et Marseille, voici déjà quelques leçons qu'on peut tirer au vu des premiers chiffres disponibles, qui concernent donc surtout des villes «moyennes».

1. Le FN fait de gros scores dans ses «bastions»

Il apparaît que la participation est plus élevée là où le Front national a obtenu de bons résultats dans les consultations précédentes des dernières années. Cela peut vouloir signifier que son électorat s’est fortement mobilisé.

Ainsi, à Hénin-Beaumont, Steeve Briois frôlerait la majorité, voire serait élu au premier tour. Il avait fait 39% lors du premier tour de la municipale partielle de 2009, avant de s'incliner au second avec un peu moins de 48%. Le FN était devenu majoritaire sur la ville lors des législatives de 2012.

A Forbach, où le FN ne présentait même pas de liste en 2008, son candidat Florian Philippot est en tête dès le premier tour avec plus de 35%. A Béziers, l'ancien secrétaire général de RSF Robert Ménard frôle les 45%. A Perpignan, Louis Aliot est en tête avec 33%. A Avignon, Philippe Lottiaux est en tête à plus de 29%.

2. Des triangulaires pourraient limiter la casse pour le PS

Si le PS est incontestablement en difficulté (témoin par exemple un score en baisse de 7 points à Pau, ville où le parti détient la mairie, mais que pourrait conquérir François Bayrou, qui atteint 41% des voix), dans de très nombreuses villes –on parle de 150 à 200–, la forte performance du FN va provoquer des triangulaires qui pourraient aider la majorité au final.

C'est par exemple le cas à Reims, où la maire sortante Adeline Hazan se retrouve en triangulaire face à Arnaud Robinet, avec qui elle est au coude-à-coude, tandis que le score du FN tourne autour des 16%. Ou encore de Saint-Etienne, ou le maire sortant Maurice Vincent est largement devancé mais où le FN pourra se maintenir, avec un score d'environ 19%. Idem à Metz, où le maire sortant Dominique Gros arrive en tête avec deux points d'avance sur l'UMP.

3. Un nouveau record d'abstention

Le taux d'abstention a connu une hausse, se situant, selon les instituts, entre 35% et 38,5%, contre 33,5% en 2008. Il connaît une hausse constante depuis 1983, année où seulement 22% des Français n'avaient pas voté pour choisir leur maire.

Olivier Biffaud et Jean-Marie Pottier

Slate.fr

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