Smart CitésFrance

La smart city s’impose tranquillement dans les municipales

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 06.03.2014 à 11 h 51

Le pavillon des Douanes (Lyon Confluence) / Jean-Pierre Dalbéra via Flickr CC License By

Le pavillon des Douanes (Lyon Confluence) / Jean-Pierre Dalbéra via Flickr CC License By

La Gazette des communes s'est penchée sur le très en vogue terme de «smart cities» ou villes intelligentes. Il est vrai que les grandes villes françaises veulent toutes en être: Anne Hidalgo a annoncé qu’un milliard d’euros, sur les 8,5 milliards d’investissements prévus sur six ans, serait consacré dans son programme à la «ville durable et intelligente».

Le Monde écrivait par ailleurs fin février que «depuis quelques années, Lyon s'investit […] dans cette notion émergente de “ville intelligente”». «Les expérimentations les plus poussées ont lieu dans le nouveau quartier de la Confluence, bébé choyé de M. Collomb», «il est question de créer une “smart community”, où les habitants auraient la possibilité de gérer en direct leur consommation d'énergie, leurs déchets, de louer des voitures électriques proches».

Le projet expérimental IssyGrid, mené par Issy-les-Moulineaux avec plusieurs grands groupes dont Microsoft, était à l’honneur des TechDays de Microsoft qui se sont tenus en février.

Lyon, Lille et Nantes seraient selon un classement les villes les plus smart de France. A l’approche des municipales qui se dérouleront les 23 et 30 mars, la «smart city» a tout pour s’imposer encore un peu dans les débats. Un «mot de l’année» selon La Tribune, «dans un contexte de concurrence acharnée entre les territoires» et de nécessité de rationalisation des ressources.

Mais si le terme s’impose dans l’urbanisme, le concept n’est certes pas neuf et «les cités n’étaient pas “bêtes” avant», rappelle La Gazette des communes:

«La smart city s’inscrit dans la lignée de l’urbanisme planificateur technocratique né au XIXe siècle qui coïncide avec l’arrivée de l’électricité.»

Ainsi les travaux de mise en place des égoûts par le baron Haussmann à Paris peuvent être considérés comme un exemple de smart avant l’heure... Une logique «top-down» (d'ue administration vers ses administrés) qui est aujourd’hui celle privilégiée par les grands acteurs de la smart city, qui «se situent plutôt dans le prolongement de la ville comme salle de contrôle».

Avec un objectif de rationalisation et de réduction des dépenses dont l’humain, note le journal, semble parfois absent... Une vision «techniciste», qui pose la question de savoir si l’urbain de la smart city est considéré comme un citoyen ou comme un consommateur à qui la ville propose ses services. Un choix entre une ville qui serait seulement plus intelligente et une qui serait plus humaine, qui dépend notamment de la manière dont les technologies seront mises en oeuvre.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte