Municipales 2014France

Paris: NKM est-elle vraiment la candidate des start-ups et de l'économie numérique?

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 28.02.2014 à 16 h 30

Start-Up Competition Finalist Demos - qUNB / OFFICIAL LEWEB PHOTOS via Flickr CC License By

Start-Up Competition Finalist Demos - qUNB / OFFICIAL LEWEB PHOTOS via Flickr CC License By

Nathalie Kosciusko-Morizet est la candidate qui saura faire de Paris «un hub technologique business-friendly», pour Liam Boogar, le cofondateur du site The Rude Baguette, un site en anglais sur les start-ups et le marché technologique français.

Plusieurs arguments viennent à l’appui de ce soutien. D’abord, NKM a contribué à ce que le monde politique prenne les réseaux sociaux au sérieux et «beaucoup des politiciens les plus actifs socialement tweetent grâce à NKM» qui avait à l’époque ouvert la voie, ayant été secrétaire d'Etat chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique en 2009-2010.

Elle s’inspire par ailleurs de Boris Johnson, le maire qui a fait de Londres une ville tournée vers le numérique, et elle souhaite que la mairie de Paris s’implique dans le soutien aux start-ups. Elle est branchée Data, «Open» ou «Big» et plus encore, elle souhaite que la culture numérique infuse dans toute la société parisienne avec du wifi gratuit dans la ville ou des cours d’informatique au primaire par exemple.

Sans compter évidemment que son frère Pierre Kosciusko-Morizet est cofondateur du site PriceMinister.

Ainsi pour l'auteur du billet:

«Si vous êtes entrepreneur, employé de start-up, investisseur ou professionnel de la technologie (“travailleur de la connaissance” –“knowledge worker”), vous êtes un idiot si vous ne votez pas pour NKM.»

NKM est-elle la candidate qui pourra transformer Paris en une conférence TED ininterrompue? Pas si évident qu'elle soit en tout cas la seule start-up friendly et tournée vers l'entrepreunariat innovant. Dans son livre, Mon combat pour Paris, Anne Hidalgo écrit:

«Etre maire, disons-le, c’est créer un environnement à la fois favorable aux habitants et à l’activité; c’est orienter et aider les créations d’entreprises, montrer aux entrepreneurs qu’ils sont les bienvenus et que l’on est attentif à leurs besoins; c’est aussi veiller à ce que les différents talents puissent se rencontrer et travailler ensemble; comprendre les nouvelles tendances –comme le travail à distance ou le bureau mobile– et aménager la cité en conséquence.»

Le tropisme numérique est indiscutable, Anne Hidalgo se targant d'ailleurs d'accueillir plus de start-ups que Londres.

«Avec Bertrand Delanoë et Jean-Louis Missika, nous avons fait le pari des start-ups parce que Paris a vocation à devenir un centre mondial de création d’entreprises», écrit-elle encore.

Quant au «knowledge worker», il est un peu le cœur de cible de la campagne de la candidate socialiste.

Candidate qui par ailleurs écrit à propos de l'entrepreunariat social que «les entreprises ont besoin d’être accompagnées au démarrage de leur activité, lorsqu’elles sont les plus fragiles. C’est pourquoi nous soutenons les incubateurs, ces lieux destinés à les aider et à les stabiliser». La mairie est partenaire du projet d'incubateur de start-ups géant de la Halle Freyssinet mené par Xavier Niel, qui doit «faire de Paris, ville numérique, la capitale la plus innovante d'Europe» selon la mairie comme l'explique La Tribune.

Le wifi gratuit fait partie de ses propositions, des hotspots étant déployés depuis 2009, tout comme le fait de favoriser, «de façon encore plus active l’accès des PME aux marchés publics de la Ville», écrit-elle dans une tribune publiée sur le Journal du Net.

Gilles Babinet, notre «Digital Champion» national, remarque d’ailleurs sur Atlantico que les deux programmes numériques restent généraux et «se ressemblent beaucoup».

Comme cela s'observe aux Etats-Unis, où la high-tech a une image plutôt progressiste, il n'est pas du tout évident qu'une campagne estampillée UMP –même light– fasse tant rêver que cela ce business... Et en l'absence de véritable divergence de vue sur le développement du numérique, sujet traité d'une manière consensuelle comme lors de la présidentielle de 2012, il n'est pas certain que NKM devienne le vote de classe évident des start-upers parisiens et autres «knowledge workers».

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte