FranceCulture

Mathieu Gallet nommé à la tête de Radio France

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 27.02.2014 à 15 h 17

Mathieu Gallet le 29 septembre 2010 à Paris. AFP/ BERTRAND LANGLOIS

Mathieu Gallet le 29 septembre 2010 à Paris. AFP/ BERTRAND LANGLOIS

Ils étaient six candidats[1] sur la shortlist qu'examinait le CSA pour la présidence de Radio France. C'est Mathieu Gallet, 37 ans, qui a été retenu, a annoncé l'institution ce jeudi 27 février en début d'après-midi. Un personnage controversé.

Très jeune, l'homme vient de la direction de l'INA, à laquelle il avait été nommé par Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture.

Sa légitimité y était contestée comme l'expliquait Marianne en avril 2011.

«Ce sont les conditions de sa nomination qui ont été les premières mises en cause. En tant qu’ex-directeur adjoint du cabinet du ministre de la Culture, sa candidature aurait dû passer par la Commission de déontologie de la fonction publique. Pour l’association de lutte contre la corruption Anticor, le risque de conflit d’intérêts est évident.»

Une plainte avait été déposée puis classée sans suite, selon BFMTV en février 2014. L'article précisait que l’affaire peut encore être relancée pendant trois ans après le classement, soit jusqu'en août 2015.

«Mais, en pratique, les relations entre Mathieu Gallet et les syndicats de l’INA semblent apaisées.»

Autre grief à l'encontre du jeune directeur, toujours selon Marianne: les salariés le trouvaient «opaque quant aux orientations qu’il souhait[ait] donner à l’INA». «Mathieu Gallet est soupçonné de ne pas tenir en très haute estime les valeurs de service public», l'hebdomadaire.

Acte d'indépendance du CSA

Mais d'autres avis, plus positifs, vont dans le sens inverse. Renaud Revel, sur le site de L'Express, juge qu'il s'agit là d'une démonstration d'indépendance du CSA:

«Le CSA sort quant à lui renforcé de cette élection (...). Insensible aux sirènes du pouvoir, et aux messages nombreux qui lui ont été passés, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donc fait, en toute indépendance, et pour tout dire, un bon choix. Intelligent, véloce, Mathieu Gallet, qui compte dans son entourage d’excellents connaisseurs de la radio, tel l’ancien directeur de France Inter, Frédéric Schlesinger, aura la tâche délicate de booster Radio-France, à l’horizon d’une élection présidentielle qu’il devra enjamber.»

Le CSA, présidé par Olivier Schrameck, a été réinvesti après l'élection de François Hollande du pouvoir de nomination des présidents de l'audiovisuel public –elle en avait été privée sous l'ère Sarkozy (la nomination de Jean-Luc Hees avait été faite directement depuis l'Elysée).


[1] En plus de Mathieu Gallet, étaient candidats: Anne Durupty, directrice générale d'Arte France, Martin Ajdari, secrétaire général de France Télévisions, Philippe Gault, président du Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes, Anne Brucy, ex-directrice de France Bleu et aussi Jean-Luc Hees, candidat à sa propre succession.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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