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Négociations franco-américaines sur les réparations des déportés américains par la SNCF

Slate.fr, mis à jour le 24.02.2014 à 9 h 32

L'entrée de Auschwitz-Birkenau en juin 2013. REUTERS/Peter Andrews

L'entrée de Auschwitz-Birkenau en juin 2013. REUTERS/Peter Andrews

Le gouvernement français a commencé les négociations avec le département d’Etat américain sur le règlement de compensation aux citoyens américains qui ont été déportés vers les camps nazis dans les trains de la SNCF. Cette controverse vieille de plusieurs années reparaît aujourd'hui parce qu'elle empoisonne les discussions sur la participation de la SNCF à un contrat dans le Maryland d'une valeur supérieur à 2 milliards de dollars.

Stuart Eizenstat, un avocat de la capitale fédérale et conseiller de John Kerry sur les questions liées à l’Holocauste, a confirmé au Washington Post qu’il avait participé le 6 février à Paris à une réunion avec les autorités françaises sur le sujet: «Les Français reconnaissent que leur programme de réparations aux victimes de la Shoah comporte des trous, notamment en ce qui concerne les Américains.»

L’Etat du Maryland envisage de voter une loi interdisant de verser des aides publiques aux compagnies qui n’ont fourni aucune compensation aux victimes américaines de la Shoah. C’est le cas de Keolis, une filiale de la SNCF, qui a déjà remporté des contrats publics aux Etats-Unis pour une valeur de 3 milliards de dollars.

Ce n’est pas la première fois que les projets de développement de SNCF aux Etats-Unis sont entravés pour son rôle dans la déportation des juifs vers les camps. En Californie, le démocrate Bob Blumenfield avait fait voter une loi qui oblige tous les candidats à un contrat public à faire la lumière sur leur éventuel rôle dans le transport de «prisonniers» de 1942 à 1944. Ce qui n’avait pas fait les affaires de la SNCF, candidate à l’exploitation d’une ligne à grande vitesse dans cet Etat. Arnold Schwarzenegger, alors gouverneur, avait finalement mis son veto. 

En 2010, la SNCF avait exprimé pour la première fois ses regrets. Jusqu’à cette date, l'entreprise publique affirmait pour sa défense qu'elle avait agi sous la contrainte. La compagnie a même créé un site Internet, qui présente en anglais son rôle pendant la Shoah: sur les 76.000 juifs et autres prisonniers conduits dans les wagons de la compagnie vers les camps de la mort, 2.000 sont revenus vivants.

La SNCF a déjà offert plus de 6 milliards de dollars de réparations aux survivants et à leurs épouses. Mais ces dédommagements n’ont couvert que les citoyens français et ceux qui ont des pays signataires d’accord bipartites: polonais, tchécoslovaques, britanniques et belges. Les négociations en cours pourraient ouvrir le principe de ces réparations aux citoyens américains.

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