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Tuerie de Chevaline: le suspect est un «homme normal» et «sympathique», comme d'habitude

Slate.fr, mis à jour le 19.02.2014 à 10 h 06

Le portrait-robot du motard, en décembre 2013.  REUTERS/Robert Pratta

Le portrait-robot du motard, en décembre 2013. REUTERS/Robert Pratta

Un suspect a été «interpellé vers 10 heures alors qu'il sortait de sa maison de Talloires (en Haute-Savoie) et placé en garde à vue, mardi 18 février» dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline, le 5 septembre 2012, rapporte Le Monde.

Le suspect, un ancien policier municipal radié de la fonction territoriale, aurait été reconnu grâce au portrait-robot d'un motard présent sur les lieux le jour du drame diffusé en novembre 2013, explique BFMTV, qui a révélé l'information de l'interpellation. 

Depuis, les témoignages concernant cet habitant de Menthon-Saint-Bernard affluent, comme on peut le lire dans la dépêche AFP reprise par le Nouvel Obs:

«L'homme est décrit par une autre source proche du dossier comme un "montagnard taiseux", "amateur d'armes", vivant comme un "marginal". "C'est un personnage sans intérêt et méchant", a asséné Gérard, l'un de ses voisins.

Mais, Alexis, le patron du "Café de la Place" à Menthon-Saint-Bernard, a assuré qu'il ne le voyait pas "une seule seconde aller faire ça". "Il n'y a jamais eu de soucis avec lui, il était sympa", a-t-il ajouté, "je suis sur le cul, je ne le vois pas faire un truc pareil".»

Sur 20minutes.fr on peut lire: 

«L’un de ses voisins, qui le décrit comme un homme “sympathique”...»

Impression de déjà-vu? Oui... 

A chaque fait divers, quand les journalistes font le tour du voisinage pour faire une «enquête de personnalité» du suspect, les réponses apportées par ceux qui ont côtoyé la personne pendant des années sont peu ou prou les mêmes: il (elle) était sympa, jamais on aurait pu imaginer ça.

A Slate, on s'était déjà penché sur la question à l'occasion de l'affaire Mohamed Merah, qualifié de jeune homme «normal», qui «achetait des bonbons» aux enfants de son quartier et «jouait beaucoup au foot». «Gentil, calme, respectueux», il était un voisin modèle, de celui «qui vous donnerait un coup de main pour monter un canapé».

Agathe Ranc et Aurélia Morvan avaient passé en revue ce qu'on a pu dire sur des criminels célèbres. Extraits:

En France

Emile Louis, tueur en série français condamné en 2004 dans l'affaire des 7 disparues de l'Yonne qu'il aurait assassinées dans les années 1970, surnommé «Mimile» par ses voisins de comptoir, était, d'après les témoignages, «un voisin serviable et bon vivant».

Michel Fourniret, «le Tueur des Ardennes» condamné pour le viol et le meurtre de plusieurs jeunes filles en France et en Belgique, «avait des mains en or, un réel talent pour tous les métiers du bois», se souvient une voisine de Clairefontaine.

Durant trois ans, Gérard Cadé a été le plus proche voisin de Michel Fourniret. Un voisin qu’il trouvait certes un peu bizarre, mais poli, discret, bosseur: «c'était quelqu'un de très serviable, il a vendu un terrain à mon fils pour une bouchée de pain. Il dépensait sans compter». Robert, qui a parlé quelques fois avec Fourniret témoigne: «On est tous les deux bricoleurs. Tantôt il me passait une pioche tantôt je lui filais une pelle. Et quand je le voyais, il était plutôt sympathique»

Monique Olivier, ex-femme de Michel Fourniret, condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité de meurtre: «On peut pas dire que c'était une femme très expansive, pas souriante, pas beaucoup causante, mais gentille gentille, douce», se souvient un couple de voisins.

Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'avoir assassiné sa femme et ses quatre enfants avant de disparaître, était «plutôt souriant et agréable» d'après le buraliste de quartier chez qui il venait chercher son tabac. Les voisins de cette famille nantaise disaient tous que c'était des gens bien, de «bons catholiques» tout comme la famille Romand.

Patrice Alègre, était d'après ses voisins «timide et gentil» quand il était enfant. En 2002, il a été condamné pour avoir violé puis tué cinq femmes.

Ces portraits robots qui tranchent pour le moins avec les faits reprochés à ces criminels n'est pas spécifiquement français. Les voisins qui n'ont rien vu venir existent aussi ailleurs...

A l'étranger

• L'Autrichien Joseph Fritzl, à l'époque où il séquestrait dans une cave sa fille Elisabeth (pendant 24 ans) et lui faisait 7 enfants, était connu dans le voisinage un homme «toujours très élégant, très courtois».

• Des Belges Marc Dutroux, violeur, tueur et pédophile belge des années 1990, et son ex-épouse Michèle Martin, «on n'a jamais dit du mal d'eux», confiait un voisin. Ils étaient même «considérés comme les gens les plus polis du quartier». Pour une amie d'une autre des épouses de Marc Dutroux, il était en effet «sympathique et bon père de famille», un mari «charmant, attentionné», mais parfois un peu directif.

Russell Weston Jr., auteur en 1998 de la tuerie du Capitole de Washington, était «juste gars ordinaire (dont) tout le monde disait: "Il est inoffensif"» raconte-t-on.

Mark Barton, auteur d'une tuerie faisant 9 morts à Atlanta en 1999, était «un père de famille américain typique», «un bon gars».

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