Lu, Vu & EntenduFrance

D'où venaient les juifs de France déportés?

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 17.02.2014 à 12 h 08

Capture d'écran de la carte interactive «Territoire et Trajectoire de la déportation».

Capture d'écran de la carte interactive «Territoire et Trajectoire de la déportation».

Si les historiens français se sont amplement penchés sur la Shoah, la déportation des juifs, ils ne l’ont pas fait sur tous ses aspects. C’est le constat du professeur d’histoire contemporaine à l’ENS Lyon Jean-Luc Pinol, qui estime que l'«approche spatiale» manquait.

Dans le cadre d’une exposition consacrée par le Cnam à la déportation des enfants juifs du IIIe arrondissement de Paris, dont il est commissaire, un site a été mis en place pour y remédier via des cartes passionnantes: Territoires et trajectoires de la déportation des juifs de France.

«Le projet présenté ici a pour vocation de pallier, en partie, cette lacune en développant les outils permettant la spatialisation de la déportation des juifs de France entre 1942 et 1944. Il repose sur la conception d’un système d’information géohistorique permettant de prendre en considération la chronologie, les changements d’échelle, le passage de l’individuel au collectif et une pluralité de données sociohistoriques», peut-on lire dans la présentation. Les données proviennent de l’Association des fils et filles des déportés juifs de France (FFDJF), qui a établi les états civils complets et les adresses de la quasi totalité des 76.000 déportés juifs de France.

Sur ce site, on retrouve notamment la cartographie des enfants juifs déportés depuis la France de juillet 1942 à août 1944. Sur cette période, plus de 11.450 enfants juifs ont été arrêtés en France: près de 7.000 dans l'ancien département de la Seine et 4.500 en province. «Ils ont ensuite été déportés vers les lieux d’extermination.»

La carte permet de localiser les lieux d’arrestations. «La Shoah n’est pas uniquement un chapitre dans les manuels d’histoire», remarque Le Monde.fr, Serge Klarsfeld, président de la FFDJF précise au site:

«Elle s’est déroulée là où les gens vivaient, là où ils vivent encore.»

Sur la carte interactive, vous pouvez entrer votre adresse actuelle. Vous verrez peut-être que non loin de là, des enfants ont été arrêtés.

«C'est aussi un outil permettant aux historiens de poser des hypothèses, de les tester, et de mettre en évidence certains phénomènes», précise Le Monde.fr. «A Paris, la cartographie montre ainsi qu'un quart des enfants arrêtés résidaient dans des îlots insalubres. On est loin de la mythologie antisémite sur les juifs richissimes.»

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte