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La limitation de vitesse pourrait coûter deux points de PIB

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 07.01.2014 à 14 h 54

A20 (Paris-Toulouse) near Cahors, Lot, 19 Sept. 2008 / Phillip Capper via Flickr CC Licence By

A20 (Paris-Toulouse) near Cahors, Lot, 19 Sept. 2008 / Phillip Capper via Flickr CC Licence By

La limitation de vitesse à 70 km/h au lieu de 80 km/h sur le périphérique parisien, qui entrera en vigueur le 10 janvier, pourrait être généralisée à terme à l'ensemble du territoire. La proposition du Conseil national du débat sur la Transition énergétique de la France, faite au gouvernement en juillet 2013, est de limiter la vitesse sur autoroutes de 130 km/h à 120 km/h ou 110 km/h, celle sur les routes de 90 km/h à 80 km/h et celle en villes de 50 km/h à 30 km/h. La justification est double: améliorer la sécurité routière et réduire les émissions de gaz.

Mais tout dépendra des études évaluant l'impact qu'auraient de telles mesures.

Jean Poulit, ancien directeur général de l'Institut géographique national, explique dans La Tribune pourquoi c’est selon lui une mauvaise idée. Bien que les intentions soient difficilement criticables en elles-mêmes, «une telle mesure […] aurait pour effet d'induire une perte économique annuelle de 39,5 milliards d'euros et de réduire ainsi de près de 2 points notre Produit intérieur brut», estime-t-il.

Pourquoi? Tout simplement parce que de la vitesse des véhicules dépend la taille de «la zone de chalandise des emplois»:

«Une réduction de la vitesse moyenne de 12,5% a pour effet de réduire de 23,44% le territoire accessible, à temps de trajet constant. Cela signifie que le marché de l'emploi accessible en une heure baisse de 23,5%, que les commerces et les équipements commodément accessibles baissent également en nombre de 23,5%.»

Jean Poulit considère que les bénéfices pour l'environnement et la sécurité seraient très limités et qu’il «vaut mieux laisser l'économie s'épanouir et prélever une part modérée de la richesse produite pour, d'une part réduire les émissions de gaz à effet de serre, d'autre part améliorer la sécurité routière.»

Comme nous vous l’expliquions en juillet 2013, l’indicateur de progression du trafic automobile donne également des informations sur la vitalité économique d’une région. Ce qui amène à ce paradoxe: plus il y a d’embouteillages, plus l’activité est soutenue…

Une chercheuse suédoise, Erika Sandow, a par ailleurs observé que le risque de séparation était de 40% supérieur pour les couples dont un des membres effectuait un trajet pendulaire d'au moins 45 minutes. Elle écrit que «bien que l'expansion des bassins d'emploi régionaux soit bonne pour la croissance, il y a des coûts sociaux liés aux longs trajets qui devraient être pris en compte dans le débat sur leur accroissement».

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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