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Payer les écoliers pour qu'ils mangent des légumes, ça marche (et c'est pas cher)

Elliot Hannon, mis à jour le 19.12.2013 à 10 h 55

A l'école élémentaire Rose Hill à Commerce, dans le Colorado, le 1er mai 2012, REUTERS/Rick Wilking

A l'école élémentaire Rose Hill à Commerce, dans le Colorado, le 1er mai 2012, REUTERS/Rick Wilking

Manger plus de fruits et de légumes est une bonne chose, surtout pour les enfants. Mais réussir à faire manger des légumes à des enfants a toujours été difficile.

Aux Etats-Unis, où l'obésité chez les jeunes est un véritable fléau, les écoles tentent d'améliorer la situation. Le Programme national de déjeuner scolaire, par exemple, a dépensé 11 milliards de dollars (8 milliards d'euros) pour donner aux écoliers des options de déjeuner équilibrées l'année dernière.

Mais malgré les menus plus variés dans les cantines, l'aversion à la nourriture de couleur verte persiste. Selon une nouvelle étude publiée par l'université de Brigham Young et Cornell, les Etats-Unis ont entassé 5,4 millions de dollars de fruits et légumes supplémentaires dans les assiettes de cantine des élèves américains. Mais, malgré les conseils qui leur ont été donnés, les élèves ont jeté à la poubelle l'équivalent de 4 millions de dollars de ce supplément. Ça fait beaucoup de compost.

Affamer les enfants pour les soumettre ne semble pas fonctionner, et remplir leurs assiettes avec la nourriture adéquate non plus. Même quand ils sont obligés de se servir une portion de carottes ou de petits pois, les chercheurs ont montré que les élèves en jetaient 70%.

Pour essayer d'éviter que la nourriture passe directement de la ferme au compost, les auteurs de l'étude ont trouvé une alternative qui pourra sembler désespérée: payer tout simplement les enfants. Et tenez-vous bien, ça marche. «Aussi étrange que cela puisse paraître, payer directement les élèves pour qu'ils mangent un fruit ou un légume coûte moins cher et entraîne de meilleurs résultats», écrivent les chercheurs. Voilà leurs résultats:

«[Les chercheurs] ont mené une seconde étude pour mesurer l'effet de petites récompenses à la cantine. L'expérience d'une semaine a pris des formes différentes dans les 15 écoles concernées: certains pouvaient gagner une pièce de 5 cents, d'autres un quarter et d'autres encore un ticket de tombola pour des prix plus importants. Mais les résultats étaient généralement les mêmes. Comme ils le rapportent dans le Journal of Human Ressources, offrir de petites récompenses augmente la consommation de fruits et légumes de 80%. Et la quantité de nourriture jetée descend de 33%.»

Mais que se passe-t-il quand ces chantages bénévoles s'arrêtent? Exactement ce à quoi on pourrait s'attendre:

«Quand la semaine de récompenses s'est terminée, les élèves sont retournés aux mêmes niveaux de fruits et légumes qu'avant. Pas d'amélioration durable, mais pas d'effet boomerang non plus.»

Un effet boomerang aurait signifié qu'après la fin des récompenses, les enfants auraient en fait mangé moins de menus équilibrés qu'avant. Et, dans la bataille des choux de Bruxelles, maintenir le niveau pourrait presque compter comme une victoire.

Elliot Hannon

Traduit et adapté par G.F.

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