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Walt Disney était-il raciste et misogyne?

Laurent Pointecouteau, mis à jour le 13.12.2013 à 18 h 32

Walt Disney Theatre davitydave via Flickr CC License by

Walt Disney Theatre davitydave via Flickr CC License by

Walt Disney est régulièrement taxé de racisme, de sexisme, de délation au FBI. C'est par exemple l'image que donne de lui le récent opéra de Philip Glass, intitulé The Perfect American («L’Américain parfait»), adapté du roman Le Roi de l’Amérique de Peter Stefan Jungk, qui ne dépeint pas Disney sous un très bon jour, comme le soulignait Eric Dahan dans Libération:

«À en croire ces auteurs, le plus célèbre cartoonist du XXe siècle non seulement n’a rien dessiné, mais était un tyran raciste, antisémite, misogyne, mégalomane et réactionnaire, qui n’a pas hésité à dénoncer Charlie Chaplin à la commission McCarthy.»

D'autres le soupçonnent de s’être fait cryogéniser. Vulture a voulu vérifier ces rumeurs tenaces, et mine de rien, on constate qu’il y a du vrai dans tout ça.

Pour commencer, Walt Disney n’était peut-être pas antisémite, mais il a, en revanche, fréquenté des antisémites, comme l'explique Vulture qui, pour fonder son fact-checking, s'est notamment servi de la biographie de Disney qu’a écrit Neal Gabler en 2006:

«Gabler présume que les accusations provenaient moins du comportement individuel de Disney, et davantage de son association avec la très antisémite Motion Picture Alliance, qu’il a fondée après une dispute particulièrement amère liée aux conditions de travail, en 1941. Même s’il n’était pas personnellement antisémite, Gabler admet que Disney, délibérément, et même avec enthousiasme, s’est lié avec [les antisémites] et a placé son sort entre leurs mains.»

Par ailleurs, tout semble indiquer que Disney n’aimait ni les noirs, ni les femmes. On s’en doutait: en 2010 sur Slate, Jonathan Schel citait déjà Neal Gabler, qui lui-même relayait le rapprochement peu flatteur qu’avait fait Disney entre les Sept Nains de Blanche-Neige et «une pile de nègres»; et en mai dernier, nous vous avions montré cette lettre un brin misogyne que le studio avait adressé à une postulante. Comme le souligne Vulture, «en 1938, les femmes n’étaient pas prises à beaucoup de postes. Mais, là encore, ce n’est pas flatteur» (pour Disney).

Pour le reste, Vulture explique que Disney, «bien qu’il n’aimât certainement pas les communistes», n’a pas forcément été un zélé dénonciateur, et enfin, qu’il ne s’est pas du tout fait placer en cryostase sous les Pirates des Caraïbes à Disneyland.

Laurent Pointecouteau
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